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L’Amérique et les Palestiniens

 

 

Claudine Castelnau

 

24 novembre 2020

Mike Pompeo, secrétaire d’Etat et chef de la diplomatie américaine était visite en Israël le 19 novembre dernier. Le Monde commente ainsi la visite : « Après quatre années d’un mandat Trump outrageusement favorable aux intérêts israéliens, la tournée d’adieux se devait d’être provocante. Et nul doute que l’image de Mike Pompeo, descendant en hélicoptère dans la colonie israélienne de Shaar Binyamin, en Cisjordanie occupée, fera date. Jamais un haut responsable américain de son rang ne s’était rendu dans l’une de ces colonies, illégales aux yeux du droit international et que le reste du monde voit comme un obstacle majeur à la paix. En à peine deux jours sur place, le secrétaire d’Etat américain a multiplié les images fortes. »

Rencontre avec le premier ministre israélien Nétanyahou, avec le chef de la diplomatie du Bahrein, un pays du Golfe, une visite dans une colonie de Cisjordanie, une au Golan, et autres gestes destinés à « inscrire physiquement l’héritage des années Trump dans l’imaginaire collectif. »

La visite la plus symbolique étant celle de cette colonie illégale de Shaar Binyamin, une tentative de légitimer les colonies israéliennes malgré la condamnation des instances internationales. Et une provocation à l’encontre de l’Autorité palestinienne : un colon israélien qui y produit un vin casher avait été débouté par la Cour européenne de justice qui lui avait rappelé l’obligation de mentionner sur les étiquettes de ses bouteilles la provenance de ses vins des colonies. Trump avait alors volé au secours de ce colon en déclarant que les colonies israéliennes n’étaient pas contraires au droit international et Mike Pompeo, lors de sa visite vient d’annoncer que les produits venus des colonies israéliennes auraient désormais l’appellation « made in Israël » aux Etats-Unis en tout cas.

Provocation à l’encontre des Européens mais surtout à l’Autorité palestinienne, une désespérance de plus pour les Palestiniens dont les terres ont été confisquées par l’armée israélienne et où se sont établi des colonies comme celles de ce colon viticulteur que Mike Pompeo a visité en grandes pompes ! « Ce que Pompeo fait en visitant la colonie encourage les citoyens américains et d’autres à l’international, en leur disant : “vous enfreignez la loi, le droit international dit que c’est illégal mais, comme vous êtes puissants, rien ne vous arrivera” », constate une femme palestinienne dont la famille possédait des terres dans cette colonie israélienne illégale.

 

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Et les Palestiniens ? Mike Pompeo a fait comme si ils n’existaient plus. Population insignifiante et destinée à disparaître probablement ! Mais par contre, ce trumpiste fidèle n’a pas oublié de fustiger la campagne de boycott contre les produits importés d’Israël mais venus des territoires palestiniens occupés. Une fois encore, Mike Pompeo ajoutant sa voix à celles des autorités israéliennes dont Netanyahou en tête a prétendu que ce boycott était une attaque antisémite et une tentative de délégitimer l’existence même d’Israël.

L’histoire de ce mouvement de boycott connu sous les initiales BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) : les militants, 12 personnes d’associations locales relayant l’appel au boycott international BDS, avaient été condamnées par la justice française en 2015 pour provocation à la discrimination pour des actions de promotion du boycott de produits israéliens menées dans des hypermarchés dans l'est de la France en 2009 et 2010, avec distribution de tracts, notamment.

Les avocats de ces militants avaient plaidé la liberté d’expression sans succès. Or, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé, en juin dernier, que les motifs de condamnation de ces militants n’étaient pas suffisants et que « la liberté d'expression dans le domaine du discours politique » qui est «par nature [...] souvent virulent et source de polémiques n'en demeure pas moins d'intérêt public, sauf s'il dégénère en un appel à la violence, à la haine ou à l'intolérance. »

Ce qui n’était pas le cas de l’appel au boycott. La France a été condamnée à régler 27 380 € à chacun des militants qui avaient saisi la Cour européenne des droits de l’homme. Cette affaire révèle aussi, une fois encore, la confusion explicite que l’on fait trop souvent en France, mais pas que, entre antisémitisme et dénonciation de la politique d’Israël. Une confusion dont le Premier ministre Netanyahou s’est fait le spécialiste et qui joue sur les mots pour taxer d’antisémitisme toute critique envers la politique oppressive d’Israël à l’encontre des Palestiniens.

 

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Le site protestant suisse Protestinfo spécialisé dans l’actualité des Eglises réformées de Suisse romande et l’actualité internationale a publié le 11 novembre un texte sur l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche et ce que cela signifie pourrait signifier pour les Palestiniens. « Peu importe qui remplace Donald Trump. L’essentiel, c’est qu’il soit parti. »

À Bethléem, Khaled a résumé le soulagement des Palestiniens : le 4 novembre, quatre ans de cauchemar ont pris fin. En leur imposant un plan de paix qui niait leurs droits, en reconnaissant la souveraineté israélienne sur Jérusalem et le Golan et en leur coupant de nombreux financements,
« Donald Trump avait rompu avec le rôle d’intermédiaire joué traditionnellement par les Américains dans le conflit [...] L’élection du démocrate Joe Biden ouvre un nouveau chapitre dans les relations américano-palestiniennes. Deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis, il est moins proche des évangéliques que Donald Trump, qui avait développé à leur contact une vision religieuse d’Israël évacuant les Palestiniens de l’équation du conflit. Au nom de sa foi catholique, Joe Biden fait au contraire du dialogue un pilier de sa politique [...] Réduire l’intensité du conflit avec l’autorité palestinienne (l’OLP) qui siège à Ramallah, cela passe par des gestes d’apaisement tels que la restauration des programmes d’assistance, de coopération sécuritaire et de développement économique en faveur des Palestiniens [...] qui seraient accompagnés de la réouverture du consulat américain à Jérusalem-Est et de la mission de l’OLP à Washington. »

Le programme 2020 du parti démocrate, soutient également la création d’un État palestinien « viable » dans lequel les Palestiniens « devraient être libres de se gouverner », une solution à deux Etats que Joe Biden défend farouchement. »

Un Premier ministre israélien qui voit avec un certain déplaisir l’arrivée au pouvoir de Joe Biden. Non seulement parce qu’il perd son complice Donald Trump dont le soutien inconditionnel contribuait à son aura en Israël, mais aussi parce que la relation avec le démocrate n’a pas toujours été au beau fixe [lorsque celui-ci était le vice-président de Barack Obama...

« Peu importe qui remplace Donald Trump. L’essentiel, c’est qu’il soit parti » En une phrase, Khaled, un Palestinien de Bethléem a résumé le soulagement des Palestiniens : « le 4 novembre, quatre ans de cauchemar ont pris fin. »

Et protestinfo souligne : « L’élection du démocrate Joe Biden ouvre un nouveau chapitre dans les relations américano-palestiniennes. Deuxième président catholique de l’histoire des États-Unis, il est moins proche des évangéliques que Donald Trump, qui avait développé à leur contact une vision religieuse d’Israël évacuant les Palestiniens de l’équation du conflit. »
Et cautionné la lecture fondamentaliste de la Bible qui fait d’Israël, aux yeux des évangéliques, la terre promise par Dieu à son peuple. « Au nom de sa foi catholique, écrit protestinfo, Joe Biden fait au contraire du dialogue un pilier de sa politique. L’approche du futur président sera donc bien différente de celle de Donald Trump. La priorité de Joe Biden sera de réparer la relation avec Ramallah [la ville où siège l’Autorité palestinienne] relation très abîmée par son prédécesseur. »

D’autres gestes sont attendus comme « la réouverture du consulat américain à Jérusalem-Est et de la mission de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington qui figurent dans le programme 2020 du parti démocrate, qui soutient également la création d’un État palestinien "viable" dans lequel les Palestiniens devraient être libres de se gouverner. »

Il reste que les espoirs des Palestiniens à l’égard du futur Président doivent cependant rester modestes. « D’abord, parce que le soutien à Israël est un axiome de base de la politique américaine. Aucun candidat à la présidence ne saurait être élu s’il ne s’engage pas pour l’État hébreu, et Joe Biden et sa colistière Kamala Harris, connus pour leur lobbyisme prosioniste au Congrès, ne font pas exception. Ensuite, parce que Joe Biden «devra probablement composer avec un Sénat à majorité républicaine. Il ne pourra donc pas faire table rase de l’héritage politique de Donald Trump dans la région [...] Mais l’accession de Joe Biden à la présidence des États-Unis permet aux Palestiniens de se faire entendre à nouveau. »

Et d’être écoutés ? C’est un risque !



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