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Le Haut Karabakh

peuplé d’Arméniens

 

 

Claudine Castelnau

 

16 novembre 2020

Le 12 novembre, Le Monde a publié un reportage de son correspondant, au monastère arménien de Dadivank, dans le territoire du Haut Karabakh. Disputée les armes à la main cette région située entre Azerbaïdjan et Arménie revendiquée par l’un et l’autre pays, le Haut Karabakh peuplé d’Arméniens est devenu aux hasards de la dernière guerre l’un des territoires azerbaïdjanais dès l’application du cessez-le-feu le 15 novembre avec l’Arménie, sous l’égide de Moscou.  

Rémy Ourdan raconte que des soldats et des familles viennent visiter et prier, encore une fois, dans ce monastère arménien situé sur des terres désormais azerbaïdjanaises :
« Ils prient, écrit-il, à la lueur des bougies, dans les chapelles de Dadivank. Ils en appellent à Dieu pour que le monastère, l’un des plus précieux de l’Eglise apostolique arménienne au Haut-Karabakh [construit entre le 9e et le 11e siècle], ne tombe pas aux mains de leurs ennemis victorieux. Ces pèlerins ne savent pas s’ils reviendront un jour. Le maître des lieux, le père Hovhannes, affirme qu’il ne quittera pas son monastère lorsque la région sera restituée à l’Azerbaïdjan. "J’ai participé à la libération du monastère en avril 1993, raconte le prêtre, en référence à la précédente guerre du Haut-Karabakh (de 1988 à 1994) et à la conquête de la région par l’Arménie. Je ne le livrerai pas aux Turcs [qui appuyaient les forces de l’Azerbaïdjan]" Vétéran de la lutte armée, responsable du monastère depuis cinq ans, le père Hovhannes est devenu célèbre sur les réseaux sociaux, au cours du conflit, pour avoir posé en brandissant un fusil automatique. Face à l’Azerbaïdjan, Hovhannes ne se sent guère lié par la charité chrétienne, et se voit comme un prêtre combattant. »

Deux femmes sont là aussi, venues d’Erevan (la capitale de l’Arménie), pour se faire baptiser.
« Cela fait longtemps que je voulais me faire baptiser et ce ne pouvait être qu’au Karabakh, ici au monastère de Dadivank, raconte Lucie, présentatrice de télévision et mannequin [en Arménie]. Deux jours auparavant, lorsqu’elles ont appris que le monastère était situé dans une région qui allait échapper à l’Arménie, Lucie et Mariam ont décidé de venir en urgence [...] Autour d'elles, raconte encore le journaliste, des pèlerins sont en pleurs. Ils craignent de ne jamais revoir leur monastère, et qu’il soit détruit par les Azerbaïdjanais. "Je vais rester ici avec les villageois qui le veulent, promet le père Hovhannes. Cet endroit est arménien !" Les fidèles approuvent, mais personne ne promet de prendre le risque de rester à Dadivank avec lui. Au moment où le baptême de Lucie et Mariam s’achève, une épaisse fumée s’élève de la vallée en contrebas. Yenok et Amalia, un couple de trentenaires du village, viennent de mettre le feu à leur maison. "Nous sommes originaires de Dadivank et, après avoir vécu en Arménie, j’ai rejoint Yenok ici après notre mariage, il y a cinq ans, raconte Amalia en pleurs. J’espère que nous reviendrons au village un jour mais, en attendant, je ne veux pas que les Turcs vivent chez nous. Si nous revenons, nous reconstruirons la maison."

Un combattant du Haut Karabakh exprime sa rancœur d’une guerre perdue d’avance par l’Arménie et se promet ne plus jamais revenir ici mais « son opinion est sans doute minoritaire en Arménie, où la perte du haut Karabakh est vécue comme un drame national, un choc et une humiliation remarque le journaliste. Et parmi les plus meurtris, ce sont les pèlerins du monastère. Certains ne parviennent pas à quitter les lieux, l’imaginant profané, voire réduit en cendres ces prochains jours. »

Ont-ils raison de craindre cette profanation et même cette destruction de leur monastère saint de l’Azerbaïdjan, de la part d’une ex-République soviétique musulmane, à 75 % chiite comme son voisin l’Iran, « mais qui revendique une tradition ancienne de tolérance religieuse et un fort attachement à la laïcité », souligne un article sur le site de sciences-po qui rappelle que l’Azerbaïdjan avant d’être majoritairement musulmane a été « un foyer important de zoroastrisme, mais aussi une terre chrétienne orthodoxe qui perdure du fait de la longue domination russe. Le pays compte encore plusieurs églises [...] dont les plus anciennes datent des Xe et XIe siècles [...] Ainsi qu’une présence juive très ancienne qui demeure une réalité bien vivante. D’autres minorités religieuses, elles aussi d’implantation ancienne, vivent ainsi dans un climat de grande tolérance. C’est le cas des bahaïs, une religion qui a vu le jour au XIXe siècle dans l’Empire perse et qui a toujours fait l’objet de dures persécutions en terres d’islam dont elle est pourtant issue. Enfin, il faut aussi souligner la présence des yézidis, cette minorité religieuse d’un impressionnant syncrétisme, mélangeant zoroastrisme(une très ancienne religion monothéiste de l’Iran avant la conquête musulmane), islam et christianisme entre autres croyances, et qui malgré une forte persécution dans tous les pays de la région, continue de vivre paisiblement en Azerbaïdjan. »




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