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Vous avez dit « islamisme »

 

 

Claudine Castelnau

 

19 octobre 2020

« Ce soir, c’est la République qui est attaquée avec l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs, un professeur. Je pense ce soir à lui, à sa famille. Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste [le meurtrier selon des témoins a crié "Allahu Akbar", Allah est le plus grand, une formule déjà entendue maintes fois lors d’attentats islamistes). Nous ferons face » a affirmé en réaction le ministre de l’Education qui a aussi parlé de « haine de la République », pour qualifier cet acte barbare contre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, centrales dans l’enseignement républicain.

Et le Président de la République venu très vite à Conflans-Sainte-Honorine où Samuel Paty le professeur enseignait : Ce professeur a été assassiné « parce qu’il enseignait la liberté d’expression [...] Mais ils ne l’emporteront pas, ils ne nous diviserons pas. Nous agirons. » Une déclaration martelée, en forme de promesse envers ce professeur d’histoire-géographie assassiné parce qu’il avait choisi pour parler de la liberté d’expression de l’illustrer par ces caricatures de Mahomet parues en 2015, dans un numéro de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

Des caricatures qui fit grand bruit et furent le prétexte à trois jours de violence islamiste. Onze personnes furent assassinées dans les locaux du journal sans parler de la policière à Montrouge et des clients de l’Hyper cacher dans Paris.

Ce fut aussi l’occasion salutaire de réaffirmer à nouveau comme principe que le délit de blasphème n’existe pas dans notre pays et que la liberté de critiquer une religion est garantie par la loi. Les divers courants islamistes qui ont tenté ces jours-ci de faire pression sur les autorités scolaires ou policières, de soulever une polémique à propos du cours de ce professeur avec une vidéo et de faire pression sur lui étaient voués à l’échec.

Une professeur de français d’un autre collège venue à Conflans-Sainte-Honorine parce qu’elle avait, a-t-elle dit « l’impression d’avoir perdu l’un des miens » expliquait : « Quand on est devant une classe on met tout ce qu'on a au fond de nos tripes, on n'enseigne pas sans savoir pourquoi on est là. On a des connaissances à faire passer mais on a surtout des valeurs à faire passer. Je ne connais aucun enseignant qui enseigne sans avoir des valeurs solidement ancrées en lui. Ces valeurs-là sont mises à mal aujourd'hui. Je demande à tout le monde de les défendre. Si vous défendez ces valeurs [comme la liberté d’expression], vous défendez vos enseignants. »

Les enquêteurs analysent aussi une probable revendication du crime, postée sur Twitter via le compte @Tchétchène_270 qui dit : « De Abdullah, le serviteur d'Allah, à Macron, le dirigeant des infidèles, j'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser Mahomet. »

Parmi les nombreuses réactions à cet assassinat barbare on relève celui du Conseil français du culte musulman : « Ce terrorisme est notre ennemi. La liberté de caricatures et la liberté de ne pas les aimer sont garanties et rien ne saurait justifier la violence. »

 

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L'éventuelle implication de mouvements islamistes radicaux notamment actifs sur les réseaux sociaux dans la décapitation vendredi dernier de ce professeur d'histoire suscite l'inquiétude des services de renseignement et du gouvernement français. La présence du militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui parmi les onze personnes gardées à vue dans le cadre de l'enquête ouverte sur l'assassinat de Samuel Paty et surveillé depuis quinze ans par les services de renseignements, semble renforcer ces soupçons, commente le site de rfi.

L’imam de la mosquée de Drancy, Hassen Chalghoumi raconte que lorsqu’il a soutenu l’interdiction du voile intégral en 2010, Sefrioui était venu avec des manifestants pour protester tous les jours pendant des mois, contre lui et sa position : « Cet homme incarne la haine. Il n'incarne pas un islam de lumière, de respect. Il incarne un islam salafiste, un islam politique, contraire à la loi. »
L’imam assure même avoir été la cible de fatwas et il met en cause la responsabilité de Sefrioui dans l’assassinat de Samuel Paty. « Il a fait trois ou quatre semaines de propagande sur le net et regardez les conséquences à la fin. Ces mouvements islamistes minoritaires, cherchent à convaincre les musulmans que la France serait un pays islamophobe. Ils cherchent à les instrumentaliser, à créer un conglomérat », affirme le coordonnateur national du renseignement et de la lutte antiterroriste.

Et dans le collimateur, Abdelhakim Sefroui, agitateur de ce monde islamiste radical. C’est lui qui avait accompagné le père d’une élève pour demander aux autorités du collège de renvoyer l’enseignant. Il avait aussi diffusé sur Youtube des vidéos attaquant Samuel Paty ou appelant les musulmans à la mobilisation. Une atmosphère haineuse sur les réseaux sociaux, alimentée par la republication des caricatures, le projet du gouvernement de renforcer la laïcité et de lutter contre le séparatisme islamique.

« Depuis deux semaines, a commenté une source proche du gouvernement, ces mouvements ont pris le lead de l’islamosphère avec une démarche politique, religieuse, radicale, de haine contre la France  [...]  Pour eux, la France est un État raciste, islamophobe, le pays impie et mécréant absolu. Ils veulent le chaos et la guerre civile pour élaborer un nouvel ordre autour de la charia. Ils s'inscrivent dans une démarche violente. » Le passage à l’acte de ce jeune tueur s’inscrit dans ce climat.


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Tareq Oubrou, imam de la grande mosquée de Bordeaux s’est exprimé au lendemain de l’assassinat, pour condamner l’acte. « Je suis abattu parce que c'est un acte inqualifiable qui est perpétré au nom d'une religion qui n'a rien à voir avec un acte ignoble, a t-il réagit. Quelles que soient la pensée, la croyance, même l'insulte, la caricature de l'autre, rien ne justifie le fait de tuer une âme. C'est un péché mortel, capital, que de tuer d'égorger comme ça, sous prétexte qu'il a montré les caricatures du prophète. Est-ce que le prophète, lui, serait content de cet acte ? Cela n’honore pas la religion ni Mahomet [...] J'ai fait des sermons sur la liberté d'expression de caricaturer, de blasphémer. Dieu a voulu que les gens soient libres de le connaître ou pas. C'est même un droit divin. » 
L'imam explique qu'il fait « de la théologie préventive. On fait notre travail, mais on ne peut pas courir derrière chacun, chaque fou, chaque taré. Ces gens-là, je ne pense pas que dans leur cœur, ils aient connu l'amour de Dieu. »

Le recteur de la Grande mosquée de Lyon et président du Conseil des mosquées du Rhône, Kamel Kabtane, a aussi pris la parole pour condamner les réseaux sociaux qu’il accuse d’avoir joué un très mauvais rôle dans la polémique sur l’enseignement du professeur qui a précédé son meurtre. Le recteur juge que Samuel Paty a « fait son travail » et a été « respectueux ». « Il était en droit d’élever le niveau intellectuel sur la tolérance et la liberté d’expression. Il a voulu parler sans vexer, sans blesser, insiste le recteur. En France, la liberté d'expression existe et il faut qu'elle existe.
Je n'incrimine pas l'islam, qui est une religion de la paix et de la tolérance. L'auteur des faits est un illuminé. Ces terroristes n'ont rien de religieux. Ils se réclament du prophète alors que le Coran dit : celui qui a tué un homme, c'est l'humanité toute entière qu'il a tuée. Le prophète n'a pas besoin de ces gens-là. La religion est indemne. Ces terroristes ne sont pas des religieux, mais utilisent la religion pour prendre le pouvoir », dit-il encore. Et le recteur exprime aussi son inquiétude quant à l’image qui rejaillit sur sa communauté et le poids de l’opinion prête à la mette à l’index. Le Conseil des mosquées a appelé ses imams à rappeler aux fidèles, lors de leurs prédications, « que la France est notre communauté de destin et à les appeler à s’engager encore plus dans la voie du vivre-ensemble, respectueux et fraternel.

 

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Le « vivre-ensemble », c’est ce qui a coûté sa nationalité allemande à un médecin libanais. Il avait pourtant réussi le test de naturalisation allemande avec brio, raconte le site Slate. Pourtant, le jour de la remise de son certificat, il a refusé de serrer la main de la fonctionnaire qui devait le lui remettre, pour des raisons religieuses. Cette femme a alors refusé de le lui donner. Furieux, l’homme a saisi plusieurs tribunaux allemands, dont le tribunal administratif du Bade-Wurtenberg, sans succès puisque ce dernier vient de décider, le 17 octobre, de rejeter son appel.

Le médecin avait expliqué que son refus de serrer la main d’une femme venait d’une promesse faite à sa femme. Mais les juges n’y ont pas cru : « L'homme aurait refusé de faire ce geste car il considère les femmes comme “un danger de tentation sexuelle”, des valeurs qui enfreignent le principe d'égalité homme-femme inscrit dans la constitution allemande », commente Slate

 

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Enfin ce matin sur la radio France Inter la chroniqueuse Sophie Aram a lancé un cri de colère dont je retiens un long extrait :
« Je pense à tous ces professeurs qui ont continué de m’apprendre à penser à penser à un âge où mes demi-certitudes et mes indignations faciles avaient particulièrement besoin d’être confrontées.  [...] Je pense à Samuel Paty [...] Je pense à tous ceux qui se retrouvent bien seuls, seuls sans lui, seuls devant leurs élèves, seuls devant cette montagne d’ignorance qu’il leur faut sans cesse gravir. Seuls depuis les attentats de 2015. Seuls comme toujours dans ces moments qui suivent chaque attentat et où la nation toute entière se rassemble derrière l’idée que la solution passera par eux, par l’école, l’enseignement, la connaissance. 
J’aimerais leur dire merci. Merci de nous avoir instruits, et merci encore de nous avoir transmis quelque-chose à défendre et surtout de continuer à le faire dans ces conditions. Je pense à notre responsabilité et à notre devoir de lutter contre les véritables promoteurs de ces attentats [...] 
Je pense à ce père d’élève faussement « dévasté » et claaamant sa peiiiine sur les réseaux sociaux tout en créant les conditions d’une mise à mort en publiant le nom et le lieu de travail de sa cible...  Je pense à cet agitateur qui se prétend imam et qui l’accompagne dans cette entreprise macabre [...] Mais comment ces deux faussaires arriveraient-ils à faire croire à leur blessure et à condamner à mort un homme, s’il n’y avait pas une cohorte de lâches prêts à comprendre, à justifier et à légitimer quotidiennement l’hypothèse qu’un croyant puisse être sincèrement blessé, meurtri et humilié par un dessin.
Comment y arriveraient-ils sans tous ceux qui leur préparent le terrain en assimilant la caricature d’un prophète ou d’un symbole religieux à du racisme ? Comment y arriveraient-ils sans les promoteurs du concept d’islamophobie ? Sans ces associations communautaires et religieuses spécialisées dans la plainte victimaire ?
Enfin, comment y arriveraient-ils sans tous ces décérébrés, qu’ils soient militants, universitaires ou animateurs télé, venant dégouliner leur compassion morbide sur les musulmans pour leur expliquer « qu’il est normal, compréhensible d’être bouleversé, meurtri, blessé par un putain de un dessin [...]
Sachez que du plus profond de mon être je ne crois pas un seul instant à votre douleur. Alors ne me parlez plus de votre blessure, elle est indécente face à la douleur bien réelle de tous ceux, dessinateurs, professeurs ou autres qui ont un jour fait le choix d’essayer de vous rendre moins cons.



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