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Donald Trump

 

 

Claudine Castelnau

 

6 octobre 2020

Vendredi dernier, 2 octobre, le Président des Etats-Unis et la First Lady Mélania ont annoncé qu’ils étaient contaminés par la covid 19. Et qu’ils se mettaient en quarantaine. Des « légers symptômes » d’abord annoncés, il semble que la situation se soit détériorée et Donald Trump a été hospitalisé. Sans qu’on en sache beaucoup plus, sinon qu’un nombre important de son entourage à la Maison Blanche, dont son directeur de campagne et sa première conseillère sont aussi contaminés.
Les spéculations vont bon train sur son état réel, au de là des fake news habituelles et des explications quelque embrouillées des médecins de l’hôpital militaire où il est soigné.

Ainsi la presse envisage ouvertement le cas où le Président ne serait plus capable d’assumer sa charge... et serait remplacé par le vice-président, ou par la présidente du groupe démocrate au Sénat, Nancy Pelosi, si le vice-président était aussi empêché. Mike Pence est ce vice-président, chargé de maintenir la campagne électorale républicaine à flots durant la quarantaine jusqu’aux élections du 3 novembre.

Et qui est ce Mike Pence ? Le Temps, quotidien genevois le décrit ainsi :
« Elevé dans une famille catholique pro-démocrate aux origines irlandaises et allemandes, Mike Pence s’est tourné vers l’évangélisme à l’âge adulte et est devenu en quelque sorte la caution religieuse de Donald Trump. Ultra-conservateur, il incarne cet électorat évangélique blanc qui a contribué à la victoire du Président. Souvent dépeint comme un idéologue doctrinaire, le vice-président se définit lui-même comme "un chrétien, un conservateur et un républicain", "dans cet ordre». Anti-avortement, anti-mariage gay, Mike Pence a décrit l’homosexualité comme un "effondrement sociétal" et défend une vision archaïque du rôle de la femme.
Difficile de faire plus contrasté avec Kamala Harris, la colistière du candidat démocrate Joe Biden, avec laquelle il débattra le 7 octobre. Avec ses airs sages et policés, sa raie de côté parfaitement peignée et son petit sourire en coin, Mike Pence tranche avec l’exubérance de Donald Trump. [...] Il ne l’a d’ailleurs pas toujours appuyé. Pendant la campagne présidentielle de 2016, Mike Pence avait par exemple qualifié l’idée d’interdire l’entrée de musulmans sur sol américain [décrétée par Trump] d’"insultante et inconstitutionnelle".
Il a aussi condamné les propos sexistes et lubriques de Donald Trump émanant d’un enregistrement révélé par le Washington Post [qui] l’a surnommé "Monsieur Propre" et CNN l’"excuseur en chef", une bonne partie de son emploi du temps étant consacré à tenter d’atténuer les bourdes de Donald Trump. Pour les journalistes [...] , qui ont brossé son portrait dans The Shadow President (le "Président de l'ombre"), les qualificatifs sont moins aimables : le "suprématiste chrétien" serait un "opportuniste", un "sinistre fanatique" qui rêve de pouvoir. Un professeur de droit [...] spécialiste de la fonction de vice-président, lui trouve trouve un côté servile et fourbe. Car comment cet ancien enfant de chœur peut-il, autrement que par opportunisme, travailler pour un homme dont les valeurs sont aux antipodes des siennes [...] ?"

 

.

 


On aura remarqué que depuis l’annonce de la maladie de Donald Trump, le camp de ses fervents partisans évangéliques blancs qui ne craignent pas d’avoir une lecture de la Bible adaptée au « trumpisme » est resté en retrait. Et pourtant, on se souvient par exemple de cette télévangéliste Paula White nommée en 2019 comme une sorte d’aumônier à la Maison Blanche et qui n’hésitait pas à déclarer lors d’un rallye politique que les chrétiens qui ne voteront pas pour Donald Trump en 2020 « devront en répondre devant Dieu ! » Et encore que « Dieu a élevé Trump à la présidence » et qu’être contre lui c’est être de fait « contre la main de Dieu ».
Ou enfin, alors qu’elle priait, lors d’un rallye électoral républicain, que « tous les groupes démoniaques qui sont [...] contre la réélection de Trump soient brisés, soient écrasés, au nom de Jésus ! »
Pour faire court, Trump était l’« élu de Dieu ».

Il semble que depuis des fissures apparaissent dans ce soutien naguère sans faille. On se souvient de cet éditorial choc en décembre 2019 du rédacteur en chef du mensuel évangélique Christianity Today, crée par Billy Graham, qui encourageait les évangéliques à se détourner de Trump qui « porte atteinte au crédit de la présidence et à la réputation de notre pays et à notre peuple. Même si certaines choses sont positives dans sa gouvernance, elles ne peuvent entrer en ligne de compte par rapport au fait que ce président est un grand danger moral et politique », écrivait le rédacteur en chef.

Et l’on remarque que les pasteurs évangéliques qui ont été interrogés par le mensuel Christianity Today pour savoir s’ils priaient pour Trump malade du covid 19, ont répondu que c’était une injonction biblique de prier pour les gouvernants et non pas spécialement pour le Président actuel. Mais que l’injonction biblique était destinée à encourager à la conversion de ces autorités.
L’un de ces pasteurs a ajouté qu’il désapprouvait « la proposition de l’évangéliste Franklin Graham, fervent supporter de la première heure du Président de tolérer le comportement immoral montré par le président Trump. Franklin Graham a porté atteinte à la foi évangélique en approuvant un homme qui ne peut être défendu ni au nom de normes éthiques non chrétiennes, sans parler des normes évangéliques. »

Il n’est pas le seul ! Cet été, Jerushah Duford, petite-fille de Billy Graham et qui a passé toute sa vie dans le mouvement évangélique, avait appelé, dans une tribune publiée par le quotidien national USA Today, à ne pas réélire Donald Trump qu’elle accusait de trahir les valeurs chrétiennes de bonté et de compassion pour le prochain.
Mais surtout elle interpelait vigoureusement les dirigeants évangéliques pour leur silence devant la politique d’exclusion des pauvres, des réfugiés, des étrangers « rejetés comme moins que rien » du Président « Le monde entier a vu le terme "évangélique" devenir synonyme d’hypocrisie et de manque de sincérité. » « Ma foi et mon Eglise sont devenues une risée. »
Jerushah Duford terminait en mentionnant un passage biblique du prophète Michée que son grand-père aimait, écrit-elle : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien. Et ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu. » 
Et en lançant un appel aux chrétiens américains à utiliser leur vote de novembre pour initier un changement.

 

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Dans son numéro du 4 octobre, Le Monde a publié un article : « Trump divise les Juifs américains au nom d’Israël » de Jean-Pierre Filiu, historien spécialiste du Moyen-Orient.
L’auteur rappelle que
« seul un quart des Juifs américains ont voté Trump en 2016. Une proportion qui risque fort de se retrouver dans le scrutin présidentiel du mois prochain. » Frustré, il aurait téléphoné aux leaders de la communauté juive américaine, un appel qui a tourné « à la diatribe électoraliste », écrit l’auteur. « Trump a martelé que "si nous ne gagnons pas le 3 novembre, Israël est en grand danger".
Il a incité les responsables juifs à "expliquer à vos gens ce qui se passe et à obtenir plus de soutien du peuple juif pour Israël [...] comme si le "pays" des Juifs américains était Israël et non les Etats-Unis. »

Il a aussi affirmé, devant une association d’israélo-américains que « les Juifs américains doivent voter pour moi, ils n’ont pas d’autre choix » et encore que « certains Juifs n’aiment pas assez Israël ».

« Un telle accusation, écrit Jean-Pierre Filiu, a suscité une vague de critiques dans la communauté juive, [...] C’est que le soutien inconditionnel de Trump à Nétanyahou, sur fond de faveurs échangées entre les deux dirigeants, divise profondément les Juifs américains, dont la solidarité avec Israël ne vaut pas alignement sur les "faucons" au pouvoir [...] Seuls les Juifs orthodoxes, très minoritaires au sein de la communauté, se distinguent par leur adhésion à Trump (80 % des ultra-orthodoxes avaient déjà voté Trump en 2016) [...] Cette rupture entre Trump et ses compatriotes juifs sur la question d’Israël s’aggrave du fait que les coups de force du président américain au Moyen-Orient visent avant tout à satisfaire sa propre base fondamentaliste.

Les "sionistes chrétiens" ont salué le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Ce sont d’ailleurs deux prédicateurs, très proches de Trump et connus pour leurs propos antisémites, qui ont apporté leur caution religieuse à la cérémonie de mai 2018. Nétanyahou a de toutes façons fait depuis longtemps le choix de courtiser aux Etats-Unis les "sionistes chrétiens" plutôt que la communauté juive, trop critique à ses yeux, alors que les évangéliques considèrent que la "véritable Terre sainte" se trouve en Cisjordanie occupée et colonisée, d’où leur soutien aveugle à la politique de combat du Premier ministre israélien.
Les Juifs américains sont aussi très inquiets de la libération de la parole et de la violence antisémites au cours des années Trump. L’Anti-Defamation League (ADL) a enregistré une hausse de 40 % des incidents antisémites de 2015 à 2019, l’année la plus chargée depuis le début de tels décomptes par l’ADL en 1979.
La montée d’un terrorisme d’extrême-droite, avec des attaques meurtrières contre des synagogues, en 2018 en Pennsylvanie, en 2019 en Californie, participe de ce climat délétère.
Les dérapages de Trump n’arrangent évidemment rien : le président, selon un tout récent article du « Washington Post », considère que les Juifs « se serrent les coudes et ne s’occupent que d’eux-mêmes » [...]
Avec un tel passif, il faudra certainement plus que les incantations de Trump sur « l’amour d’Israël » pour lui rallier plus du quart de l’électorat juif [...] En tout cas, jamais le contraste entre « l’alliance » entre Trump et Nétanyahou, d’une part, et le désaveu du président par la majeure partie de la communauté juive, d’autre part, n’a été aussi troublant », conclut Le Monde.

 


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