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Bordeaux veut garder

son sapin de Noël

 

 

Claudine Castelnau

 

28 septembre 2020

Lors de sa conférence de presse de rentrée, le nouveau maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, a déclaré qu’il n’y aurait pas d’arbres « morts » cette année.
Il voulait parler des sapins de Noël, sur les places de sa ville. Il a justifié sa décision par le coût de l’opération (60 000 €), les kilomètres de guirlandes électriques et enfin comme la repris l’adjoint écologiste de la mairie de Paris, cela participe de la « déforestation ».

Le maire de Bordeaux pensait peut-être que ce sapin était un détail mais l’annonce a provoqué un tollé ! L’opposition accuse le maire de brader les traditions familiales et la pétition « Bordeaux veut garder son sapin de Noël » avait déjà recueilli la semaine passée quelque 10 000 signatures.

Voilà ce que c’est que de nier la tradition pour une raison finalement plus idéologique qu’écologique. Car, si chaque année 6 millions de sapins sont coupés en France, ils ont poussé sur les 5000 hectares dédiés à cette culture. Dont 80 % en Bourgogne et en Bretagne. C’est une activité horticole reconnue et le sapin acheté chez un fleuriste au moment de Noël n’est pas plus responsable de déforestation que tout autre plantation.

Par contre, ceux qui achètent un arbre de Noël en plastique et réutilisable, croyant agir pour le bien de la planète et le développement durable ignorent que, fabriqué en Chine, ce faux sapin a une empreinte environnementale équivalente à 8 kilos de CO2 contre 3 kilos pour un sapin naturel. C’est un cabinet de conseil en développement durable qui le dit.

Et si l’accusation est récurrente contre « une monoculture qui appauvrit les sols et pollue les eaux avec des pesticides et autres régulateurs de croissance (pour une taille et une forme idéales), il existe des alternatives bio qui garantissent un moindre impact écologique », remarque le Magazine du Monde qui rappelle que le sapin fait partie des traditions de Noël auxquelles on tient.

 

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 Vert toute l’année, le sapin aurait été l’arbre symbole de renouveau de la vie et même de la vie éternelle. Le culte des arbres est courant dans l'Europe païenne et survit à sa conversion au christianisme dans les coutumes scandinaves, où persiste la tradition lors des fêtes d'hiver de Yule de décorer la maison et la grange avec des conifères auxquels on attache des torches et des rubans de couleur, ou de suspendre des branches de sapin dans la maison pour chasser les mauvais esprits.

L’ethnologue Martyne Perrot écrit dans son livre « Faut-il croire au Père Noël ? » éditions du Cavalier Bleu : « L’Alsace a toujours été présentée comme le berceau officiel du sapin de Noël. On en trouve un très ancien témoignage à Sélestat en 1521, à travers un édit municipal qui autorise les gardes forestiers à laisser les habitants couper uniquement de petits sapins pour les fêtes de Noël. (L'Alsace-Lorraine appartenait alors au Saint Empire Germanique), Strasbourg bénéficiera d’une décision identique en 1539. Cependant en 1419, la coutume apparaît dans les archives de la ville de Fribourg où la confrérie des garçons-boulangers en avait dressé un dans un hôpital de la ville.
De corporatiste, le sapin va entrer dans les foyers des familles bourgeoises protestantes, les pommes étant remplacées par des objets ronds comme des boules rouges brillantes. Lles familles catholiques se différenciant avec la crèche de Noël.
Cette tradition protestante scandinave et germanique de l’arbre de Noël se répand dans les villes comme dans les campagnes. Le sapin est alors davantage lié au nouvel an qu'à Noël mais les arbres étaient probablement déjà en place dans les églises lors des fêtes de Noël. »

En France, cette tradition se limite alors à l'Alsace protestante. Les Alsaciens apporteront la tradition du sapin de Noël dans l'hexagone en s’expatriant après la défaite de 1870, et l’occupation allemande qui avait imposé le sapin de Noël d’abord dans les casernes, les hôpitaux, les écoles. « Mais c’est l’école républicaine qui fait entrer le sapin en 1940...
L'arbre de Noël ne devient une tradition profondément enracinée en Allemagne qu'à partir du XIXe siècle (aussi bien dans les familles protestantes que catholiques).

Il est à la même période progressivement adopté par la noblesse européenne : à la Cour de Vienne en 1816, à la Cour de France en 1837, à la cour d’Angleterre avec la reine Victoria dont le mari est un prince allemand et dans la bourgeoisie française qui redécouvrait dans le même temps les vertus du « cercle de famille. »

Et en 1912, un premier arbre de Noël de 30 mètres de haut, est érigé au Madison Square Garden à New York. En France, c’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que des sapins illuminés se dressent sur le parvis de Notre-Dame à Paris ou dans des grands magasins.
Enfin, en 1976, pour la première fois, en Suède, une chaîne de magasins propose de replanter les sapins de Noël, « cadeau de Noël à notre Mère la Terre », si les clients les rapportent entre le 5 et le 18 janvier, en échange de bons d’achat. « Et nous replanterons ceux qui ont bien résisté. »

 


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Dans une ribunet parue dans Le Monde du 26 septembre, deux économistes prix Nobel d’économie en 2019, Esther Duflo et son mari Abhijit Banerjee proposent un confinement sur tout le territoire durant la période de l’Avent afin, disent-ils de « sauver Noël. »
« Personne ne veut être le Grinch (un personnage de dessin animé qui veut gâcher la fête et voler Noël après avoir été chassé d’un village), surtout pas un président qui aurait l’intention de se faire réélire. Pourtant, au train où vont les choses, l’hypothèse d’un confinement généralisé précisément autour des fêtes de fin d’année n’est pas à écarter [...]. Quand il sera déjà trop tard ou bien, s’il fait preuve d’un peu d’anticipation, d’interdire les voyages et les réunions familiales pour Noël. Emmanuel Macron sera donc soit le Grinch, soit le père Fouettard...
La perspective n’est pas réjouissante. Que faire pour éviter cela ? Certains ont suggéré un confinement des personnes âgées. Cela semble absolument impossible à mettre en œuvre. Si on laisse par ailleurs l’épidémie se propager, il faudrait que ce confinement dure pendant des mois pour réellement les protéger. Cela ne paraît ni possible ni humain.
Il y a pourtant une solution possible : décréter un confinement dans tout le territoire pour la période de l’Avent, disons du 1er au 20 décembre, en demandant aux familles de rester chez elles [...] Le coût pour l’économie serait important, mais moins que d’avoir à annuler Noël ou un reconfinement dans des circonstances bien pires quinze jours plus tard. Les achats de Noël pourraient être encouragés pendant le mois de novembre [...]
D’ici au 21 décembre, il serait possible d’organiser une grande campagne de tests gratuits que les gens pourraient faire au moindre doute à leur sortie de confinement, avant de se rendre dans leurs familles.
C’est une solution qui a le mérite de prendre, pour une fois, de l’avance sur le virus, d’être claire, uniforme et transparente. Elle pourrait, de plus, être perçue comme le prix à payer pour une récompense immédiate, un effort collectif pour sauver Noël... »


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