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Donald Trump
et Joe Biden

 

 

Claudine Castelnau

 

7 septembre 2020

On connaît le poids du vote « évangélique » aux Etats-Unis, chez les électeurs républicains de Donald Trump. Un électorat qu’il cajole, même lorsque ses demandes vont au delà du raisonnable. On l’a vu en cette période de pandémie, où Donald Trump tentait d’exiger conformement aux demandes de son électorat (pas toujours avec succès heureusement) que les gouverneurs de certains Etats autorisent de nouveau les rassemblements dans les églises sans précaution particulière, au risque d’accroître encore l’épidémie.

D’où l’intérêt d’une déclaration initiée par une organisation chrétienne américaine BioLogos dont le fondateur est un biologiste évangélique engagé. Et qui a pour but de rapprocher science et foi dans un contexte où les mesures sanitaires sont souvent controversées, au nom de la foi (s’en remettre à la science c’est manquer de confiance en Dieu). La présidente de cette association explique ainsi, dans une nouvelle parue sur le site protestant suisse PROTESTINTER fin août :

« Nous avons eu l'impression que l’opposition entre science et foi chrétienne était stéréotypée. Nous voulions montrer qu'un grand nombre de chrétiens dans ce pays sont favorables à une science rigoureuse et pensent que les mesures de santé publique sont importantes. »

Le site Protestinter rappelle que la déclaration fait suite à un cas concret et très médiatisé, celui du pasteur John MacArthur, d’une megachurch de Los Angeles qui malgré les consignes sanitaires avait célébré un culte à l’intérieur de son église, sans masques ni distanciation sociale pour contester l’interdiction de se rassembler en temps de pandémie. Son église, la Grace Community Church avait porté plainte pour contester cette interdiction de se rassembler. Et elle n’est pas la seule église évangélique américaine.

La déclaration, de BioLogos dit encore : « Notre foi nous appelle à nous sacrifier pour les autres et à accepter des limitations temporaires de nos libertés, car nous avons une liberté permanente et complète en Christ. » Et elle rappelle la nécessité de tenir compte de l’avis des experts : « Lorsque le Dr. Fauci, le plus grand expert en maladies infectieuses des Etats-Unis, nous dit ce que les scientifiques savent sur cette maladie infectieuse, il faut l'écouter. »

Aux Etats-Unis, 2500 chrétiens, évangéliques de renom mais aussi réformés et anglicans ont signé cette déclaration affirmant leur foi dans la science. Ils appellent les chrétiens à suivre les conseils des experts en santé publique. Les signataires s'engagent à porter des masques, à se faire vacciner et à corriger la désinformation (les fameuses « fake news » à la Trump) et les théories conspirationnistes.

 

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Le fils du pasteur évangélique Billy Graham, le prédicateur Franklin Graham bien connu pour ses prises de position racistes, homophobes, est aussi un « follower », un partisan indéfectible de Donald Trump. A la convention nationale républicaine qui s’est tenue fin août, Franklin Graham a assuré la prière lors de la soirée de clôture : « Je rends grâce à Dieu ce soir pour notre président Donald Trump, au nom de Jésus son fils. »

Mais trop c’est trop et plusieurs milliers de membres (plus de 13 000), de Faithful America par exemple, une association de chrétiens américains engagés pour une justice sociale, ont signé une pétition demandant au comité de la Samaritan’s Purse (une ONG humanitaire internationale chrétienne évangélique présidée par Franklin Graham) de lui retirer sa présidence.) La droite religieuse américaine a violemment réagit, traitant les membres de Faithful America de « communistes », de « suppôts de Satan », ou encore proclamant : « Jésus ne vous pardonnera jamais. Que vous soyez, tous les 13 000 (signataires de la pétition) en enfer pour toujours ! »

Des réactions outrancières et peu chrétiennes qu’on retrouve avec étonnement dans des sermons de prêtres catholiques de droite qui prêchent que voter pour Joe Biden est « un péché » ou encore « vous ne pouvez pas être catholique et démocrate » et lance des attaques contre un prêtre jésuite qui défend le mouvement LGBT en le traitant d’ « hérétique ». Ces attaques ont incité Faithful America à organiser sa stratégie en vue de battre Trump mais surtout de mobiliser ses membres sur le terrain « à la rencontre de ces électeurs qui auront peut-être pour la première fois l’occasion d’utiliser leur foi pour la justice sociale ».

 

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Joe Biden prie dans une église méthodiste afro-américaine


On parle aussi de « fake news » sans cesse, depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Celles lancées contre Joe Biden, le candidat démocrate se multiplient : ainsi, une photo truquée le montrant endormi sur une chaise longue alors qu’il priait dans une église méthodiste afro-américaine du Delaware où il avait été accueilli avec respect par la communauté et une quinzaine de responsables politiques et religieux en majorité Noirs.

A cette occasion le Washington Post avait sorti « 4 Pinocchio », sa note la plus élevée pour noter une fausse nouvelle. Trump s’est aussi attaqué à la foi catholique profonde de Biden en déclarant que si Biden gagnait « s’en serait fini de la religion » parce que Biden « est contre la Bible ». Cette absurdité est à l’image de la stratégie bien connue de Trump qui prétend se revendiquer comme l’ « élu » de Dieu, la seule option pour les électeurs chrétiens malgré sa conduite fort peu chrétienne !

 

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Le site PROTESTINTER raconte aussi que si la convention démocrate et la convention républicaine ont toutes deux commencé, comme c’est la tradition, par une prière,  le parti démocrate prononçant une bénédiction sur les républicains, les indépendants et les démocrates, la prière du parti républicain était clairement politique : Nous prions pour que les membres de l’autre parti (démocrates) se détournent des ténèbres et se joignent à notre marche vers toi, notre Seigneur et Sauveur » a prié le délégué du Vermont qui se présente comme « catholique et républicain, partisan de Donald Trump. » Pas besoin de le préciser ! Sa prière était du Trump dans le texte ! 

Les démocrates en général et Joe Biden et Kamala Harris sa colistière ont été considérés comme des ennemis de la foi : « Que vous soyez boulanger, fleuriste ou entraîneur de football, ils vous forceront à choisir entre l'obéissance à Dieu ou à César », a même déclaré la fille de l’évangéliste Franklin Graham.

Et pourtant, « une chose est sûre, relève le magazine catholique La Vie : L’exemplarité de la vie privée de Joe Biden et de ses actes publics contraste clairement avec ce que Donald Trump donne à voir de lui-même. Et plusieurs slogans utilisés par Biden dans sa campagne renvoient à des valeurs fondatrices spirituelles de l’Amérique. Ainsi le principal d’entre eux : "Nous sommes dans une bataille pour l’âme de l’Amérique." Biden parle aussi de la nécessité de "pardonner" et de "guérir le pays" après quatre ans de présidence ultra-clivante de Trump. Des verbes – "guérir", "pardonner" – qui ont une résonance très forte auprès des électeurs chrétiens. »

Et toujours selon La Vie : « Ce retour en force de Joe Biden apporte aussi un autre ingrédient à une campagne qui était jusqu’alors centrée sur des enjeux économiques ou sociétaux : une dimension religieuse. L’homme est en effet profondément croyant, et n’en fait aucun mystère. Il en parle systématiquement à ses meetings électoraux, n’hésitant jamais à citer des versets bibliques. Soit un potentiel argument de taille pour attirer le vote de chrétiens pratiquants – même de conservateurs qui préfèrent généralement le Parti républicain à un Parti démocrate jugé insensible à la foi. »

Anecdotique ? Pas si sûr. Dans un premier temps, au moins, l’insistance de Joe Biden sur la dimension spirituelle pourrait permettre à de nombreux démocrates hésitants de renouer avec le Parti. « Je pense qu’il est important pour les électeurs d’entendre son message sur la foi, et j’ajouterai qu’ils veulent l’entendre ! », affirme un univeritaire catholique américain. « Trop souvent, les démocrates ont évité de parler de la foi. [...] Et il explique : « Le dernier président à parler vraiment de sa foi, était Jimmy Carter. Parce que, là encore, la foi fait partie de sa personne. Quand Joe Biden insiste sur le besoin de guérir le pays après Donald Trump, il fait justement penser au message que Carter formulait après la présidence de Richard Nixon (qui avait été écourtée à cause du scandale Watergate en 1974) […] Il n’empêche. Si Joe Biden renoue avec la tradition chrétienne du pays et de son Parti, il demeure un candidat libéral, favorable à l’évolution des mœurs, au mariage gay et surtout à l’avortement. Soit des points déterminants pour de nombreux chrétiens conservateurs américains, qui rejettent particulièrement l’avortement. Joe Biden s’est même vu refuser la communion dans une église catholique pour cette raison l’année dernière. »

 


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Joe Biden avait d’abord défendu pendant ses deux mandats comme vice-président de Barack Obama l’amendement Hyde de 1976 qui interdit d’utiliser des fonds fédéraux par l’intermédiaire du système de santé publique Medicaid pour les plus modestes, pour un avortement autrement qu’en cas de viol, d’inceste ou de danger de mort pour la mère. Lorsque le débat sur l’avortement a repris aux Etats-Unis avec des mesures très restrictives votées par plusieurs Etats, Joe Biden soutenait encore l’amendement Hyde.

Mais en 2019, il a annoncé qu’il avait changé d’avis. Douloureusement probablement car il était profondément opposé à l’avortement il déclarait que « les droits et la santé des femmes sont attaqués » et il avait condamné « une tentative de revenir sur tous les progrès faits au cours des 50 dernières années. » Les opposants à l’amendement Hyde très restrictif l’accusent de discriminer les femmes les plus pauvres. La question de l’avortement revient à chaque élection : Donald Trump s’est lui fait le chantre des restrictions et interdictions d’avorter en accord avec son électorat évangélique…


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