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Notre-Dame de Paris

 

 

Claudine Castelnau

 

13 juillet 2020

« L’affaire est (presque) entendue : Notre-Dame de Paris sera restaurée à l’identique » annonce le quotidien Libération mais aussi de nombreux autres médias, cette semaine passée. Une bonne nouvelle après le désastre, un soir d’avril 2019, puis des polémiques peu aimables entre responsables du chantier et enfin l’arrêt des travaux à cause de la Covid 19.

Donc, c’est décidé, le ciel parisien retrouvera sagement et sans les audaces un temps souhaitées par le président Macron, entre autres, pour la flèche qui s’était spectaculairement effondrée le soir de l’incendie. « Restituer la cathédrale dans son dernier état connu, c’est-à-dire celui de la restauration menée par Viollet-le-Duc, de 1844 à 1864 », une proposition approuvée à l’unanimité par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture. Avec une polémique à venir sur le choix d’une toiture en plomb à cause de la pollution qu’avait entraînée ce matériau en fondant lors de l’incendie.

Exit donc toutes les propositions farfelues comme une flèche en cristal, une cathédrale sans flèche, un toit terrasse végétalisé... comme le rappelle Libération et qui avait provoqué une réaction outrée parmi les conservateurs, architectes ou historiens , « défenseurs du patrimoine ». « En clair, ne pas toucher à Notre-Dame. [...] Entre anciens et modernes, le compromis, semble-t-il, a été trouvé. Si la cathédrale sera restaurée à l’identique, ses abords (le parvis, les jardins) seront le lieu de nouveaux aménagements, laissant libre cours à la création et à l’innovation.
A l’Elysée, on confirme qu’en concertation avec la Mairie de Paris, un concours d’architectes devrait avoir lieu pour ces dossiers spécifiques. »

Quant à l’horizon de 2024, où tout devait être fini, est-il tenable ? « La cathédrale est toujours dans un état fragile, répète-t-on sur le chantier [...] Mais le principal motif d’inquiétude demeure l’état des voûtes. Leur état va conditionner la durée du chantier. Pour le moment, l’évacuation des débris de l’incendie qui se sont déposés au-dessus des voûtes n’est toujours pas achevée. Un autre chantier d’envergure s’est ouvert à l’intérieur du monument : les préparatifs pour le démontage intégral du grand orgue, pollué par les poussières de plomb issues de la toiture partie en flammes. L’affaire devrait s’étaler sur plus de cinq mois. »

.


Au lendemain de ce terrible incendie, Laurent Joffrin, directeur de Libération, prenait la plume pour raconter pourquoi Notre-Dame de Paris est aujourd’hui « l’église de la nation. »

Devenue grâce à Victor Hugo un symbole populaire au-delà de sa dimension religieuse, la cathédrale parisienne aura connu, entre grandeur et décadence, tous les soubresauts de l’histoire de la capitale depuis le Moyen Age.
« Paris brûle-t-il ? Métaphoriquement, oui, écrit Laurent Joffrin. Une épaisse fumée couronne un théâtre aussi tourmenté que cet incendie implacable, si difficile à contenir. Cette charpente en flammes soutenait une toiture hiératique et une flèche altière, mais aussi une bonne part de l’identité française, où se bousculent les souvenirs d’école et de légende [...] et surtout, dans la culture populaire [les personnages] de Quasimodo, de Frollo et d’Esméralda, les héros du roman de Hugo, monument de papier qui a décuplé la gloire du monument de pierre. » 

Laurent Joffrin poursuit : « Notre-Dame de Paris, comme chez le grand Victor Hugo, c’est d’abord le Moyen Age cruel et foisonnant, injustement méprisé, réhabilité par les historiens, plébiscité par le public, avec sa foi impérieuse jusqu’au fanatisme, ses intrigues sanglantes à la Game of Thrones, sa misère et ses massacres qui faisaient douter du Ciel. La renommée du vaisseau de pierre en fit le grand centre populaire de la capitale. Sur l’île de la Cité où se dressait Lutèce, les hiérarques de l’Église au pouvoir sans limite font élever cette offrande de pierre à leur Dieu qui règne sur l’Europe. D’Ouest en Est, tournée vers Jérusalem comme tant de cathédrales, deux tours massives, une nef colossale, un transept aux rosaces de lumière, un chœur comme une proue dans la Seine, et une flèche qui gratte les nuages dominent le Paris chrétien et incarnent la force sans réplique du catholicisme.
Tout autour se serrent des masures fragiles et un peuple habitué au malheur qui vit durement à l’ombre des gargouilles et des saints statufiés, protégés par des reliques aux pouvoirs magiques, dont la couronne d’épines du Christ déposée là par Saint-Louis.
La cathédrale accueille les croyants, les bourgeois, les seigneurs, mais aussi les réprouvés, les exclus, les miséreux, entre ses murs [...] Notre-Dame pour l’histoire, donc, la plus imposante et la plus traditionnelle. Mais aussi Notre-Dame pour le peuple.
Victor Hugo décrit les sombres émotions de la foi, mais surtout l’exubérance populaire qui animait le parvis et même la nef, où se pressaient les artisans, les tire-laine, les portefaix et les prostituées, où dansait la Rom Esméralda, où souffrait Quasimodo, qui habitait dans les hauteurs obscures de la charpente qui vient de brûler.
Avant lui, Eugène Sue avait fait commencer dans l’île de la Cité, à l’époque le quartier le plus pauvre de la capitale, ses Mystères de Paris, premier grand reportage romancé sur la misère des oubliés, leur humanité et leur dignité. 
Et enfin, une comédie musicale [Notre-Dame de Paris] allait porter partout dans le monde la gloire de ce monument qui concentre en lui les grandeurs d’un passé mythique mais aussi les très humaines épreuves d’un peuple dévot ou révolté. »


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