Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Sainte-Sophie d’Istamboul

 

 

Claudine Castelnau

 

6 juillet 2020

Les médias, en fin de semaine, se sont fait l’écho de la décision du Conseil d’Etat turc, la plus haute juridiction du pays, d’étudier la demande de plusieurs associations et surtout de celle, réaffirmée depuis des années, du président turc actuel Erdogan, de reconvertir en mosquée la célèbre basilique byzantine Sainte-Sophie d’Istanbul-Constantinople.

Des demandes semblables avaient déjà été systématiquement rejetées dans le passé, dont celle en 2018 qui demandait que le culte musulman puisse être pratiquer dans la basilique. La réponse du Conseil d’Etat turc devrait être connue d’ici quinze jours.

Construite au IVe siècle, lieu de couronnement des empereurs byzantins, transformée en mosquée en 1453 après la prise de Constantinople par les Ottomans, Sainte-Sophie est devenue, en 1935, un musée par la décision du dirigeant de la jeune république turque Mustafa Kemal Atatürk. Elle classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le président turc Erdogan cherche en fait, en plaidant pour sa transformation en mosquée, à rallier son électorat conservateur et musulman qu’il a perdu en partie lors des dernières élections municipales en 2019 où les deux grands villes, Istanbul et Ankara, sont passées à l’opposition. Erdogan a déclaré vouloir réparer « une grosse erreur » en changeant le statut de la basilique, l’erreur en question concernant la transformation de l’ancienne mosquée en musée par Atatürk.

La correspondante du Monde explique que « le président turc estompe [ainsi] la politique de laïcisation entreprise par Atatürk dans les années 1930. Par contraste, Erdogan s’inscrit d’autant plus dans un courant conservateur en rappelant la figure historique de Mehmet II, et réaffirme ainsi sa nostalgie de l’empire ottoman. »

Le Président turc a trouvé avec Sainte Sophie un symbole puissant mais qui suscite des critiques en Turquie même comme sur le plan international. Le ministère grec des Affaires étrangères a réagi en parlant : « de l’obsession proche du sectarisme, de pratiquer des rites musulmans dans un monument du patrimoine culturel mondial qui est incompréhensible et révèle un manque de respect et de lien avec la réalité. » Le ministère grec ajouté que « de telles pratiques étaient en contradiction avec les valeurs des sociétés modernes, démocratiques et laïques. »

Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine a rappelé le rayonnement mondial de la basilique et demandé l’abandon du projet afin que Sainte-Sophie « demeure ouverte à tous », une intervention que le président turc a rejetée « au nom de notre droit à la souveraineté » malgré les avertissements de ses opposants chrétiens en Turquie même et les risque de tension à l’international et d’abord avec la Grèce voisine qui surveille de près la situation de Sainte Sophie.

Alors, « l’ex-basilique Sainte-Sophie d’Istanbul va-t-elle être transformée en mosquée ? écrit la correspondante du Monde. La vieille tocade du président turc, Recep Tayyip Erdogan, est sur le point de devenir réalité. Il est vrai qu’ajouter une mosquée supplémentaire aux 84 684 déjà existantes en Turquie ne saurait attendre. » 
Et la journaliste rappelle que « l’idée de rendre Sainte-Sophie au culte islamique n’est pas nouvelle. En 2017, M. Erdogan l’avait évoquée en réponse à la reconnaissance par le président américain, Donald Trump, de Jérusalem en tant que capitale de l’Etat hébreu. »

Mais surtout, transformer ce joyau de l’art byzantin d’Istanbul en mosquée s’inscrit dans la révolution culturelle qu’impose à la société turque le dirigeant islamo-conservateur. « Si Dieu le veut, nous dirons la prière à Sainte-Sophie » avait annoncé Erdogan à une réunion de l’AKP, son parti, le mois dernier. Dieu le veut-il ou faudra-t-il encore une fois lui forcer la main ? Car finalement le changement voulu relève davantage de l’affichage populiste que la prise en compte du « souhait ardent » du peuple turc, comme l’affirme l’AKP... Une autre merveille du christianisme byzantin à Istanbul, l’église du Saint-Sauveur-in-Chora, actuellement un musée, est aussi revendiquée par les islamistes rigoristes pour redevenir une mosquée.

.


Voulue par l'empereur Constantin qui venait de se convertir au christianisme, la basilique Sainte Sophie (à l'époque, construite en pierre avec un toit de bois) fut terminée juste à temps, pour abriter le concile de Constantinople (381) où la grande confession de foi dite de Nicée-Constantinople fut adoptée. Elle entendait exprimer la foi de l’Eglise universelle et son texte est encore lu aujourd’hui dans les églises catholiques et certaines églises protestantes.
Ce concile de Nicée-Constantinople réunissait surtout des évêque d'Europe de l'est, du monde byzantin, qui parlaient grec et non latin et avaient une pensée d'une subtilité... toute byzantine.
Ce sont ces évêque du monde byzantin qui venaient d'élaborer le dogme étrange de la Trinité qu'ils rendaient obligatoire - par une courte majorité des voix - à toute l'Église, écrasant ainsi la grande minorité conduite par le prêtre Arius, d'Alexandrie. Arius qui ne comprenait pas que l'on puisse dire que Jésus-Christ était Dieu au même titre que Dieu le Père.

Le titre de Sainte-Sophie (« sagesse de Dieu ») attribué à la basilique, soulignait la prétention des Père du concile d'être eux-mêmes investis de cette sagesse.
En réalité ce mot de « sagesse » désigne non pas l'intelligence de s'exprimer avec justesse mais le dynamisme créateur divin. Le chapitre 8 du livre biblique des Proverbes - écrit en Israël lors de la période hellénistique (d’Alexandre le Grand à l’empire ottoman au 15e siècle) décrit longuement l'activité spirituelle du saint Esprit de Dieu personnifié sous l'apparence d'une femme donnant vie et créativité au monde :

Je suis l'intelligence, la force est à moi.
Par moi les rois règnent,
Et les princes ordonnent ce qui est juste;
Par moi gouvernent les chefs,
Les grands, tous les juges de la terre.

Dans la suite des temps Sainte-Sophie demeura le centre vivant de la pensée chrétienne orientale, de style byzantin, que l'o appelle aujourd'hui orthodoxe.
Le patriarcat de Constantinople est le père des 15 autres patriarches orthodoxes et dépasse même en autorité celui de Moscou.
Le président Erdogan en cherchant à rendre Sainte Sophie musulmane s'attaque au symbole du cœur même du christianisme oriental.


Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

cron  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.