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Hollywood boulevard
Toutes les vies noires sont importantes


États-Unis

Suprémacistes blancs racistes

 

Claudine Castelnau

 

 

15 juin 2020

D’innombrables responsables chrétiens étaient présents lors des manifestations pour la défense des Noirs (Black Lives Matter), condamnant le nationalisme pseudo-chrétien violent du Président Trump. Mais Albert Mohler, le président du séminaire théologique baptiste du Sud des Etats-Unis a, au contraire, utilisé dans un podcast, la fameuse photo de Trump brandissant une Bible fermée devant l’église épiscopale St John de Washington, un clin d’œil à sa clientèle évangélique.

Et le président du séminaire baptiste en a profité pour lancer curieusement une offensive qui n’avait rien à voir avec la situation, contre l’Eglise épiscopale américaine qui défend les droits des homosexuels ! Par contre, note Faithful America, aucune voix de la Convention baptiste du Sud n’a condamné les suprémacistes blancs racistes ni la violence de la police.

Au lieu de cela on a entendu le président de séminaire baptiste condamner les manifestants et cela deux semaine après qu’on ait appris que ce même Albert Mohler défendait encore l’esclavage dans une interview qu’il avait donnée sur la chaîne CNN en 1988. Pour aggraver la situation d’Albert Mohler, il habite Louisville, dans le Kentucky, à la limite des Etats du Nord et du Sud, un Etat très conservateur, naguère esclavagiste. Et la ville de Louisville a été le théâtre le 13 mars dernier de violences policières : Breonna Taylor, une jeune femme afro-américaine a été tuée chez elle alors qu’elle dormait, par des policiers ayant fait irruption sans prévenir qui recherchaient de la drogue et s’étaient trompés d’adresse.

Breonna, urgentiste, avait été récompensée par la ville pour son dévouement. Depuis la mort de George Floyd, lui aussi confronté à la violence de la police américaine, l’affaire a pris une autre tournure à Louisville : le FBI a ouvert une enquête, le chef de la police a pris sa retraite, les trois policiers ont été suspendus mais sont toujours dans la police et les raids chez les gens sans prévenir suspendus.

« Les mots pleins de haine du directeur du séminaire baptiste choquent, plus encore à Louisville et une pétition est lancée pour qu’il ne soit pas nommé à la présidence de son Eglise, la Convention baptiste du Sud », écrit Faithful America dans sa pétition.

 

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Un mot de cette Eglise, la Southern Baptist Convention, la plus importante dénomination protestante aux Etats-Unis et la plus importante dénomination chrétienne américaine après l’Eglise catholique. Cette dénomination, évangélique, met l’accent sur la conversion personnelle, le baptême des adultes par immersion et une lecture littérale de la Bible qui lui a valu de perdre des fidèles lorsqu’il s’est agi, par exemple, de faire voter lors d’une convention, que la femme est inférieure à l’homme et désignée par Dieu pour son service.

L’ancien 35e président des Etats-Unis, Jimmy Carter, originaire de Géorgie, un Etat du Sud, avait alors officiellement quitté la Convention baptiste du Sud dont il était membre en déclarant que les doctrines de la Convention baptiste du Sud n’était plus en accord avec sa foi. Et en 2006, il avait fondé avec l’ancien président Bill Clinton, baptiste lui aussi, un mouvement baptiste ouvert destiné à unir les baptistes de toutes cultures, races et appartenances. Le mouvement compte aujourd’hui quelque 20 millions de baptistes en Amérique du Nord et se veut une alternative à la Convention baptiste du Sud.

Le mot Southern, qui veut dire du Sud, rappelle que la Convention est née en 1845 dans les Etats du Sud, plus précisément à Augusta en Géorgie après sa séparation d’avec les baptistes du Nord sur la question de l’esclavage, les baptistes du Sud étant fermement opposés à l’abolition de l’esclavage et à la reconnaissance de droits civiques aux Noirs.

Une autre séparation a eu lieu après la Guerre de Sécession opposant les Etats du Nord et les 11 Etats confédérés du Sud qui refusaient l’abolition de l’esclavage sur lequel reposait en grande partie leur économie. Cette séparation, a été voulue par des Noirs libérés de l’esclavage qui ont crée des paroisses noires.

Ainsi, la National Baptist Convention est devenue à la fin du 19e siècle, un regroupement d’Eglises noires, le second en importance après la Convention baptiste du Sud. Mais d’autres associations baptistes comme l’Alliance des baptistes ou encore l’Association pour la paix des baptistes d’Amérique du Nord ont renouvelés leurs appels contre le racisme, réclamant la fin des inégalités sociales et la justice pour les gens de couleur et dénonçant les brutalités policières : il faut que cesse le danger d’être noir dans ce pays, écrivent-ils. « Nous demandons à l’Esprit de nous libérer [de tout ce qui nous empêche d’être des faiseurs de paix] et de nous aider à respirer. »

 

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Le Monde a aussi publié le 10 juin une tribune de Mark Edington, évêque de la cathédrale épiscopale (anglicane) américaine à Paris.

« Le lecteur français est peut-être resté perplexe devant les images montrant le président Donald Trump qui brandissait gauchement une bible devant une église, non loin de la Maison Blanche. Et sans doute peine-t-il tout autant à comprendre le scandale formidable que la scène a suscité à travers tout le spectre politique américain.
Pour expliquer à la fois l’événement et les réactions, il faut revenir sur la place qu’occupent la religion et les communautés de croyants dans le débat public en France et aux Etats-Unis, deux pays pourtant proches dans leur conception des libertés individuelles. La longue histoire de connivence entre l’Etat et une Eglise chrétienne particulière (l’Eglise catholique romaine) telle que l’a connue la France n’est pas du tout celle des Etats-Unis.
A l’inverse, même, la fondation des Etats-Unis fut le fait d’individus qui voyaient leurs principes sur les questions de conscience entravés par une Eglise officielle soutenue par le pouvoir (l’Eglise anglicane en Angleterre), et qui rêvaient d’une nation qui permettrait à toutes les confessions de s’épanouir, sans qu’aucune ne fût privilégiée [c’est ce qu’affirme le Premier Amendement de 1791 à la Constitution américaine qui interdit toute Eglise d’Etat].
En France, les lois de 1901 et 1905 sur la laïcité instaurent entre les Eglises et l’Etat une séparation qui a clairement pour intention de protéger ce dernier de toute interférence, et même de toute influence, des institutions ou des communautés religieuses. Cette séparation à la française est si stricte que l’égalité de traitement de toutes les religions revient surtout, aux yeux d’un Américain, à les considérer toutes également suspectes [...]
Parce que les Américains ne voient pas la foi comme une pathologie et, pour une large part, considèrent les congrégations religieuses comme une force positive pour la société, tout responsable public qui manque de respect à une religion quelle qu’elle soit (ou à ses lieux de culte, ses textes saints, ses systèmes de croyances) commet une grave erreur. Mieux, les lieux de culte sont des sanctuaires pour les opprimés, les persécutés et les parias, et il s’agit là d’un principe cher aux Américains et à l’idée qu’ils se font des liens entre foi et civisme.

Personne, pas même ses plus fervents soutiens, ne peut dire que Donald Trump est assidu à l’église. Ses habitudes de vie ne peuvent en rien laisser penser qu’il prend très au sérieux les principes de la foi chrétienne en matière de conduite personnelle. C’est pourquoi le spectacle qu’il a offert, debout devant une église incendiée, à brandir une bible d’une main malhabile, comme il aurait pu le faire d’un accessoire sur le plateau d’une de ses émissions de télévision, a été vu, y compris par des non-chrétiens, comme celui d’un homme profanant à la fois les croyances et le sanctuaire d’une communauté de croyants, et ce à des fins vaines et purement narcissiques [...] Il est encore tôt pour dire si ce énième affront, le dernier en date d’une longue série de la part de l’actuel locataire de la Maison Blanche, dessillera enfin les yeux fascinés des adorateurs de ce César moderne et du culte de la personnalité qu’il a instauré.
Une chose est sûre, cependant : des croyants de toutes confessions, partout aux États-Unis, et des incroyants, ont pleuré de rage devant cet acte manifestant le plus profond irrespect, pas seulement pour une Eglise en particulier, mais pour la place qu’occupent les communautés confessionnelles dans la vie politique et sociale des États-Unis. Cela aura un prix, sinon spirituel, du moins politique. »

Mark Edgeton est évêque de la cathédrale épiscopale américaine de Paris, avenue George V.

Enfin, selon un sondage du Public Religion Research Institute, le nombre de catholiques blancs américains favorables à Donald Trump a diminué de plus de 20 points en l’espace de deux mois. En mars le nombre d’avis favorables étaient de 60 % alors que fin mai ils n’étaient plus que de 37 %...




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