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Donald Trump devant l'Église Sant-John


Les manifestations anti-racistes

 

Claudine Castelnau

 

 

9 juin 2020

La semaine aura été mouvementée... Et « malgré les différences entre la France et les Etats-Unis, ce qui se passe outre-Atlantique est un "miroir grossissant de notre réalité", estiment l’islamologue Rachid Benzine et le prêtre Christian Delorme dans une tribune du Monde parue samedi dernier ». Comme si la mort de l’afro-américain George Floyd à Minneapolis sous le genou d’un policier blanc (et nous avons tous vu les photos de cet homme noir étouffant et criant « Je ne peux pas respirer » avant de mourir, sous les yeux impassibles de collègues policiers blancs), avait été l’étincelle qui a permis à cette protestation de jeunes de naître et de se répandre.

Au quatre coins du monde. Des grandes villes américaines à l’Europe. En France, rappelle la tribune du Monde, « Vingt mille jeunes gens, majoritairement issus des quartiers populaires des banlieues parisiennes, qui se rassemblent, malgré une interdiction de manifester, devant le Palais de justice de Paris [puis dans nombre villes de France] pour protester contre les violences policières et les comportements racistes d’une partie des membres des forces de l’ordre : voilà un événement considérable. Traiter celui-ci par le mépris ou l’indignation, en ne cherchant pas à comprendre ce qu’il y a derrière, constituerait une grave erreur, de la part du gouvernement comme de celle des assemblées parlementaires et aussi de l’institution policière, à commencer par ses syndicats », écrivent l’islamologue et le prêtre dans Le Monde.

Et que certains s’indignent de la comparaison avec la réalité américaine, la France d’Emmanuel Macron n’est pas l’Amérique de Donald Trump, mais il faut reconnaître que « depuis quatre décennies, chaque fois que notre pays a eu à déplorer des émeutes dans ses banlieues populaires, c’était à la suite de morts violentes de jeunes consécutives à des incidents avec les forces de l’ordre. »

Les auteurs de la Tribune rappellent que la Marche pour l’égalité et contre le racisme qui traversa la France en 1983, déjà, avait été provoquées comme d’autres, après des incidents parfois mortels avec les « jeunes des banlieues » et les forces de l’ordre. « Or, écrivent-ils, il y a un problème grave et profond, qui est en train de détruire la société française et de miner la police elle-même. Car les "minorités visibles" ont majoritairement peur de la police républicaine... Et la police républicaine elle-même a de plus en plus peur des jeunes des banlieues populaires. Quant aux autorités gouvernementales, elles ont peur de cette jeunesse... Et des réactions de la police de notre Etat démocratique. »

Les deux auteurs de la tribune affirment que cette opposition jeunes des banlieues/forces de l’ordre, au delà des disparités économiques et de la ségrégation urbaine a un « fondement historique : celui d’une police française qui après la seconde guerre mondiale s’est construite dans la lutte contre les militants algériens de l’indépendance [...] Et que cela plaise ou pas, il y a un lien entre les Algériens jetés à la Seine le 17 octobre 1961 par la police que dirigeait alors le sinistre préfet Maurice Papon et les victimes noires ou maghrébines des "bavures" policières récurrentes. C’est un problème d’héritage. C’est un problème de culture coloniale et post-coloniale. »


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La mort, le 25 mai, de George Floyd lors d’un contrôle de police a été le déclencheur d’une protestation de grande ampleur pour dénoncer la discrimination systémique des Afro-Américains par la police aux Etats-Unis. La rapidité de la colère des manifestants qui s’est propagée dans des dizaines de villes et les scènes de violence ont amenés plusieurs médias américains à mettre en lumière les ressorts profonds de la crise : inégalité économique et sociale de la communauté afro-américaine, devenue criante depuis le coronavirus avec les Noirs susceptibles d’être hospitalisés trois fois plus que les Hispaniques ou les Blancs et le nombre disproportionné de Noirs qui meurent et sont aussi les premiers à être touchés par le chômage.

La réponse uniquement sécuritaire, privilégiée par le président Donald Trump et la violence de ses tweets désignant certains des manifestants comme faisant partie « d’organisations terroristes », menaçant de militariser la répression en tirant sur les pillards et casseurs et finalement faisant la démonstration qu’il n’a rien compris en semblant résumer la mort de George Floyd à une affaire de « mauvais flics racistes qui doivent être éliminés » et à des messages incendiaires, au propre sens du terme.

Un contraste avec ce discours du candidat démocrate Joe Biden, cité par le correspondant du Monde à Washington : « Le péché originel de ce pays, l’esclavage, entache toujours notre nation aujourd’hui. Parfois, nous parvenons à l’ignorer. Nous allons de l’avant avec mille autres tâches dans notre vie quotidienne. Mais il est toujours là. Et des semaines comme celle-ci, nous voyons clairement que nous sommes un pays avec une plaie ouverte. Et aucun de nous ne peut s’en détourner, aucun de nous ne peut se taire. »

 

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L’esclavage...
Parmi les manifestations frappantes de ces derniers jours, on retiendra celle de Bristol, une ville qui s’est réveillée avec un passé esclavagiste obstinément oublié le week-end dernier. Et la statue d’un marchand d’esclaves du 18e siècle, Edward Colston, déboulonnée, puis piétinée avant d’être jetée dans le port.

Et pourtant, cet homme qui s’est enrichi dans le commerce des esclaves, on évalue à quelque 80 000, les Noirs amenés aux Etats-Unis par ses bateaux, était considéré de son temps comme un « homme de bien », dont l’argent de négrier a servi à construire des églises, financer les bonnes œuvres de sa ville de Bristol. Typique, la ministre de l’Intérieur britannique actuelle, qui n’a manifestement rien compris à la colère des manifestants, a dénoncé un « acte honteux » et annoncé l’ouverture d’une enquête...

 

L'église Saint-John

Trump, sa bible et l'église
Parmi les évènements quelque peu surréalistes, on retiendra aussi de cette semaine la photo de Donald Trump devant l’église anglicane St John voisine, brandissant une Bible pour la photo du siècle pensait-il. Opération de communication ratée : Pour dégager l’avenue qui longe la Maison Blanche afin que le « Président de la loi et de l’ordre » comme il se nomme puisse poser devant l’église on la dégagea d’abord à coups de gaz lacrymogènes, chassant des manifestants pacifiques.
Enfin, comme l’écrit The New Yorker : « Le président a parié qu'être vu avec un objet sacré devant une église lui donnerait une assise, une certaine légitimité morale en cette période chaotique, alors que les émeutes contre les violences policières se multiplient dans le pays. Le président n'a pas lu de passage de la Bible et il n'est pas entré dans l'église. Il n'a pas non plus expliqué pourquoi il était là et aucun leader religieux n'était présent. »

Et pour cause, aucun n’avait été prévenu, même pas l’évêque épiscopalienne de Washington, Mariann Budde, dont l’église dépend. Elle a déclaré furieuse : « Le président a utilisé la Bible et une des églises de mon diocèse sans permission pour diffuser un message en contradiction avec les enseignements de Jésus et avec tout ce que nos églises représentent. »  Et encore :  Donald Trump a utilisé « le pouvoir symbolique de notre livre sacré et l'a tenu dans la main comme si c'était la justification de ses positions et de son autorité. »

Alors, question récurrente : L’archevêque catholique de Washington a aussi vigoureusement critiqué le Président pour sa séance de com devant cette église nationale de même que des rabbins et autres clercs. Et des évangéliques d’églises noires.

Les épiscopaliens ont taxé la séance photos d’« abus de symboles sacrés. »

Le site Slate commentait ainsi la séance photo : « Trump voulait s’assurer qu’après s’être réfugié dans son bunker de la Maison-Blanche, on l’avait vu sortir. Et pour faire quoi? Pour aller à l'église. Car Trump est un homme de Dieu – pas dans le sens où il vit sa foi au quotidien, plutôt dans l'optique où il serait son représentant. Ce qui ne date pas d'hier, au vu du nombre de séances de prières organisées à la Maison-Blanche et immortalisées façon Jésus et ses apôtres. Lors de ces sessions, Trump se retrouve régulièrement dans des positions qui laissent peu de doute sur la place qu'il y occupe. Sa relation à Dieu est toute particulière ; il s'en sert d'instrument politique, comme lorsqu'il s'est rendu à l'église Saint-John ce lundi 1er juin. »

Ce même jour, le candidat démocrate Joe Biden rencontrait des afro-américains dans une église méthodiste du Delaware et discutait et priait avec eux...

 

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Lettre d'un pasteur américain à sa petite-fille Rumi
Alors la question demeure, tragique, que la mort de George Floyd a mise en lumière une fois encore : comment mettre fin au racisme ? Certains tentent d’y répondre. Dont ce pasteur Jim Burklo de Californie qui a choisi d’écrire à Rumi, sa petite-fille de 13 ans. Comment mettre fin à ce racisme global ?

« L’argent est une force, pour le meilleur et pour le pire. Les gens qui ont beaucoup d’argent ont plus de force politique et culturelle que les autres. Certains ont utilisé leur pouvoir d’argent pour empêcher les Noirs de se libérer des 400 ans du racisme que l’on a en Amérique. Ils ont réussi à faire supprimer les aides que le gouvernement donnait aux défavorisés – et notamment aux Noirs - pour les questions sociales et médicales, le logement etc, tout ce qui pouvait les aider à sortir de leur pauvreté. C’est une attitude tout à fait raciste. Ils n’ont pas besoin de mal parler des Noirs, il leur suffit de les empêcher de vivre.
Mais les gens qui ont de l’argent et de bonnes intensions peuvent être actifs contre le racisme en faisant des dons bien ciblés. Certes, le gouvernement, les autorités locales, les fonctionnaires de police et autres sont investis du pouvoir d’agir. Mais le peuple possède aussi du pouvoir. Lorsque des gens ordinaires sans beaucoup d'argent s'organisent et s’engagent, ils peuvent obliger les entreprises et les gouvernements à modifier leurs politiques [...]
Les manifestations de rue pacifiques et bien organisées sont des manières de faire prendre conscience à tout le monde du "pouvoir du peuple".
Le fait de s’engager dans des associations de défense comme l'ACLU ( 1 ) et la NAACP ( 2 ) ajoute à leur influence car elles représentent un grand nombre d'électeurs.
Tes amis et toi pouvez manifester votre idéal antiraciste en vous engageant concrètement dans la culture populaire comme la musique, l’art, les clips vidéos etc. Vous y auriez une beaucoup plus grande influence que vous n’imaginez.
L’élection du Président des Etats-Unis qui aura lieu en novembre représente une occasion importante de promouvoir la justice antiraciste.
Biden n’est certainement pas un candidat parfait, mais il est à des années lumière devant Trump dans la lutte contre le racisme institutionnel.
A 13 ans on est familier des médias sociaux et l’on peut y jouer un rôle très important. Et de plus, c’est très fun !


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1.
L'Union américaine pour les libertés civiles est une importante association à but non lucratif américaine basée à New York dont la mission est de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne dans ce pays par la Constitution et les lois des États-Unis »

2. La National Association for the Advancement of Colored People, en général désignée par son sigle NAACP, est une organisation américaine de défense des droits civiques.




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