Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

ALAIN HOUZIAUX

Réflexions et poèmes

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Nouvelles



La morale chrétienne de Donald Trump

 

Claudine Castelnau

 

 

17 mai 2020

La question posée mille fois demeure : Pourquoi un certain nombre d’évangéliques américains souvent très exigeants [en paroles en tout cas] sur le plan de la morale et des mœurs sont-ils pourtant de fervents supporters et électeurs de Donald Trump ?
Le moins qu’on puisse dire est que sa vie, ses multiples mariages et divorces sans parler de la cohorte de maîtresses qu’on lui attribue et dont il tire encore fierté et ses affaires financières ou celles de son entourage à la Maison Blanche qui ont valu des convocations devant les juges ne paraissent pas en réel accord avec le monde évangélique.

Quoique. Certains de ces évangéliques ne craignent pas d’avoir une lecture de la Bible adaptée au « trumpisme » comme cette Paula White, télévangéliste nommée en 2019 comme une sorte d’aumônier à la Maison Blanche et qui n’hésitait pas à déclarer que les chrétiens qui ne voteront pas pour Donald Trump en 2020 « devront en répondre devant Dieu ! »
Et encore que « Dieu a élevé Trump à la présidence » et qu’être contre lui c’est être de fait « contre la main de Dieu ». Ou enfin, alors qu’elle priait, lors d’un rallye électoral républicain, que « tous les groupes démoniaques qui sont [...] contre la réélection de Trump soient brisés, soient écrasés, au nom de Jésus ! »

Pourtant, des fissures se font jour dans le monde évangélique. Et l’on se souvient, pour n’en citer qu’une de taille, du tsunami que fût, le 19 décembre 2019, au moment du procès en destitution du Président américain, l’éditorial du rédacteur en chef du mensuel évangélique Christianity Today, fondé par le prédicateur évangélique Billy Graham. Mark Galli y dénonçait, en Une, la « profonde immoralité » de Donald Trump, « l’exemple presque parfait d’un être humain moralement égaré et confus. Aucune de ses actions positives, écrivait-il, ne peut contrebalancer le danger moral et politique qui nous menace d’un leader au caractère aussi immoral. »

Toujours en Une, le rédacteur en chef de Christianity Today écrivait : « Aux nombreux évangéliques qui continuent à soutenir Mr Trump en dépit de son noir bilan moral nous devons dire : Souvenez-vous de qui vous êtes et qui vous servez. Soyez conscients que votre soutien à Mr Trump marque le témoignage que vous rendez au Seigneur. Soyez conscients de ce que le monde des incroyants pensera si vous continuez à refuser de voir l’attitude immorale de Mr Trump et son opportunisme en politique. Si nous ne changeons pas maintenant, ce que nous disons sur la justice et l’honnêteté sera–t-il pris au sérieux dans les années à venir ? »

Autre attaque frontale et féroce contre le Président américain après la grand messe du National Prayer Breakfast de cette année (un petit déjeuner de prière hautement politique organisé le premier jeudi de février à Washington, où quelque 3500 invités dont des personnalités politiques et religieuses de plus de 100 pays se retrouvent.) Chaque année le Président en place fait un discours. Et en février dernier ce rassemblement a eu lieu le lendemain de l’acquittement de Donald Trump qui a fait une entrée triomphale, brandissant les journaux qui annonçait son acquittement. Il avait manifestement laissé tout sentiment  chrétien à la porte du Hilton et s’est lancé dans une attaque frontale que le Chicago Tribune, l’un des dix quotidiens américains, relevait :
« Dans son discours le Président a qualifié de ‘malhonnêtes’  et ‘corrompus’ les gens [les sénateurs] qui l’ont mis ainsi que sa famille et le pays dans cette  terrible épreuve.  [...] Ils ont fait tout leur possible pour nous détruire et ont ainsi blessé profondément notre nation. Ils savent qu’ils font le mal mais ils se considèrent comme bien au dessus de notre grand pays. »

Ce que le Washington Post commentait ainsi : « Trump a introduit sa manière clivante dans cet événement [le National Prayer Breakfast]. Ceux qui organisent cette rencontre ont commis une erreur en le décrivant comme un ‘rassemblement destiné à promouvoir la réconciliation, l'unité et la prière’. En fait, Trump a permis de révéler le fonctionnement interne de ceux qui organisent le petit déjeuner de prière, The Family. Cette organisation secrète de droite a travaillé depuis sa création à promouvoir une forme de christianisme capitaliste.  Avec une vision spéciale de Jésus, l’homme fort qui inspire leur théologie politique. Et en Trump ils ont trouvé la personne idéale pour véhiculer leur idéal et détruire, selon sa promesse, les barrières entre l’Eglise et l’Etat. »

Et Lawrence O’Donnell, chroniqueur politique quotidien de la chaîne MSNBC dresse, dans son émission The Last Word un portrait saisissant de Donald Trump au lendemain du National Prayer Breakfast :
« Donald Trump est l’homme le plus irréligieux de toute l’histoire des présidents des États-Unis, incontestablement le plus irréligieux de tout Washington. Il ignore ce que signifie la prière. Il a d’ailleurs dit qu’il n’avait jamais de sa vie prié pour ses ennemis. [alors que justement l’orateur précédent venait de dire que l’attitude chrétienne voulait qu’on prie pour ses ennemis] Il ignore ce qu’est aimer ou être aimé [...]. Il n’a jamais compris ce qu’est le monde de l’amour et il n’entend pas le découvrir [...] Donald Trump n’éprouve jamais aucune honte pour rien. Et le danger le plus grave auquel notre pays a jamais été confronté est que Donald Trump n’est jamais touché par rien. »

Et Tony Schwartz, un journaliste américain qui a bien connu Donald Trump il y a 30 ans (il a cosigné une autobiographie de lui, « Trump par Trump ») terminait sa conférence devant des étudiants d’Oxford en 2016, par un « God save us ! », après avoir entendu Trump déclarer qu’il se présentait à l’élection présidentielle. Et depuis, nombre d’Américains mais aussi d’autres humains sur notre planète terre supplient : God save us !

 



Retour

Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : gilles@castelnau.eu
Il ne s'agit pas du réseau Linkedin auquel nous ne sommes pas rattachés.
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque