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La messe et le confinement

 

Claudine Castelnau

 

 

2 mai 2020

Les évêques, entre autres français, ont particulièrement réagi un peu partout en Europe et aux Etats-Unis sur l’interdiction de reprendre dès la fin du confinement, les offices religieux publics. Mais les évêques italiens ont très largement et durement réagi, le 26 avril, à l’annonce du président du Conseil italien de ne pas permettre de rassemblements religieux, dont la messe, pour des motifs sanitaires, lors de la phase de déconfinement prévue le 3 mai.

La Conférence épiscopale italienne a réagi, n’hésitant pas à parler « d’atteinte à la liberté de culte » et à « exiger » de reprendre la célébration de messes, alors même que le pape François précisait lui qu’il fallait obéir aux décisions du gouvernement, une réaction apparemment opposée à celle des évêques.

Il Post, quotidien italien en ligne, s’est demandé pourquoi la messe, principal rassemblement catholique encore interdit au moment du déconfinement est-elle si importante ? Et pourquoi la décision du gouvernement n’a pas seulement été mal reçue par l’Eglise catholique italienne mais aussi par certains membres du gouvernement, comme la ministre de la famille, qui la juge « incompréhensible » et qui demande qu’elle soit « amendée ».

D’autres, non-catholiques ou non chrétiens se sont demandé si la messe était vraiment nécessaire devant l’urgence de la situation sanitaire et plus généralement si elle était centrale dans la doctrine catholique. « La réponse est oui », répond Il Post. Mais tous ne sont pas d’accord avec les évêques italiens. Et Il Post explique :

« la tradition de célébrer un nouveau rite [la communion] est né dans les décennies suivant la mort de Jésus avec une lecture de textes sacrés et le repas, au cours duquel le moment le plus important était l’Eucharistie, qui répète un moment important raconté dans les Evangiles : celui où Jésus lors de son dernier repas avec ses disciples donne à manger du pain et du vin, figures symboliques de son propre corps et de son propre sang. Les chrétiens ont répété ce geste, convaincus que Jésus était vraiment présent dans cette Eucharistie – bien que le concept théologique de transsubstantiation soit réfuté dans la majeure partie des Eglises protestantes.
Et malgré les diverses modifications liturgiques (cf. Vatican II en 1963 qui définit l’Eucharistie comme « la source et le point culminant de la vie chrétienne »), le centre de la messe est toujours resté l’Eucharistie.
Pour ces raisons on peut comprendre pourquoi les catholiques les plus pratiquants souffrent de l’absence de messe et d’Eucharistie. Et de la dimension communautaire qui l’accompagne ».

Mais le communiqué de la Conférence épiscopale italienne qui « exige » avec force de reprendre les célébrations de messes, ne fait pas l’unanimité. Ainsi un chapelain de l’Université de Milan, Don Cristiano Mauri, dans un long texte sur son site La Bottega del vasaio prend ses distances avec les évêques italiens qui mettent en avant la liberté de culte :

« Aucun Italien, écrit-il, ne se voit interdit de manifester publiquement sa propre foi [...] Surtout, [comme les évêques le font] dénoncer une agression contre la liberté de culte est sans respect envers ceux qui dans le monde n’en bénéficient pas. En Italie, par exemple, il existe peu de mosquées alors qu’il y a un million et demi de fidèles musulmans obligés de célébrer leurs rites dans des hangars ou des sous-sols. L’exemple le plus frappant c’est Milan où il n’y a aucune mosquée à cause de la politique de centre droit lorsqu’elle était au pouvoir dans la ville et la région. »

Don Mauri critique aussi les évêques italiens lorsqu’ils affirment que « reprendre la messe » équivaut à « reprendre l’action pastorale » alors que celle-ci ne s’est pas interrompue mais à inventé d’autres modalités comme les célébrations de messes et de prière sur internet et des activités de solidarité initiées par des paroisses ou les diocèses.

« Grâce à Dieu, écrit Don Mauri, le culte c’est bien plus que l’Eucharistie [...] La messe n’est pas l’unique réponse aux besoins spirituels des croyants.[...] Il est vrai que la possibilité de se réunir et de prier ensemble manque mais ce n’est qu’une situation temporaire [...] Enfin, l’Eglise catholique italienne, dans ces dernières décennies, a mis fortement l’accent sur l’importance de la messe et de l’Eucharistie, donc une dimension collective de la foi, négligeant par exemple, de fournir aux fidèles les rudiments pour lire la Bible de manière autonome. Enfin, le fait que la messe et l’Eucharistie exigent la présence d’un prêtre limite considérablement l’implication et la participation des fidèles laïcs. »

Et don Mauri cite Enzo Bianchi, un théologien italien, qui a récemment écrit qu’il avait parfois l’impression « d’assister » et non pas de participer réellement. « Tous sont spectateurs passifs d’une cérémonie dont ils sont exclus , témoins d’une cérémonie répétitive et peu conviviale. » Il propose de « repenser la messe ». Non pas de manière anarchique, mais « pourquoi continuer à répéter des formules nées au premier millénaire ? Pourquoi maintenir des images de Dieu qui ne correspondent plus à notre foi d’aujourd’hui ? » 



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