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Le « saint » docteur Li

 

Claudine Castelnau

 

 

18 avril 2020

Un culte autour de Li Wenliang ? Ce médecin ophtalmologue chinois de 34 ans, l’un des premiers dans le pays, avait sonné l’alarme après avoir remarqué à la fin de 2019 les graves atteintes pulmonaires de ses patients à Wuhan qui se révèlera ensuite être l’épicentre de la pandémie. Il avait émis l’idée que la cause en était un coronavirus, ce qui a été reconnu depuis.

Cela lui valut d’être interrogé, accusé par les autorités sanitaires chinoises de répandre des nouvelles alarmantes et fausses, comme huit de ses collègues arrêtés avec lui et avec lesquels il échangeait sur leurs recherches et les mettait en garde contre ce virus étrange et mortel qu’il avait repéré dans son hôpital, ce qui déplut fortement aux autorités.

Li Wenliang avait été contraint de signer une déclaration où il admettait s’être comporté de manière « illégale ». Ses alertes s ‘étant révélées fondées, il est devenu en Chine une sorte de héros populaire depuis sa mort le 6 février, du coronavirus.

Il Post, un quotidien italien en ligne, revient sur ce lanceur d’alerte courageux et d’une certaine manière martyr et raconte qu’en Chine, Li Wenliang est aujourd’hui, pour des milliers de Chinois une sorte de protecteur (oserait -on parler d’ « ancêtre » comme ceux que l’on vénère en Chine par exemple ?) auprès duquel on vient chercher réconfort et appui.

Chaque jour, sur le site du réseau social internet chinois Weibo, des milliers de personnes se réunissent, déposent des messages à son adresse, laissent des commentaires et cherchent protection, là où il avait déposé son dernier message, comme on en laisse sur les fentes du Mur des Lamentations à Jérusalem, ose le New York Times.

Le 26 mars, 49 jours après sa mort – le septième jour de la septième semaine –où nombre de Chinois croient que l’âme abandonne finalement le corps du défunt et peut se réincarner, on comptait plus de 870 000 mails adressés au docteur Li Wenliang, sur l’unique espace où ces Chinois pouvaient dire leur désarroi, leur frustration, leur colère et réclamaient la liberté de parole. C’était aussi le jour où à Wuhan, les habitants ont pu venir retirer les cendres de leurs parents morts du corona virus.

Le New York Times raconte que ces Chinois désemparés « viennent lui dire bonjour et lui souhaiter une bonne nuit. Ils lui disent que le printemps est arrivé, que les cerisiers sont en fleurs. Ils partagent avec lui leur coups de foudre ou leur chagrin d’amour ou qu’ils sont en train de divorcer. Ils lui envoient des photos de bâtonnets de poulet frit qu’il aimait, et ils murmurent qu’il leur manque, que leur chat est mort ou lui demandent : “Dr Li, comment est le ciel ?” ou le remercie “d’avoir sauvé le monde”. »

Et le New York Times relève que « dans une société largement athée avec peu de tradition de prière, ce Mur des Lamentations permet aux Chinois de partager leur tristesse, leur frustration, leurs espoirs, avec quelqu’un en qui ils ont confiance et qu’ils aiment [...] Les internautes se sentent en confiance lorsqu’ils parlent au Dr Li. Ils sont certains qu’il ne les critiquera pas ni ne les jugera. Ils sont certains, après avoir lu ses plus de 2000 mails que c’était un homme bon, une personne ordinaire comme eux qui aimait manger et s’amuser et qu’il était parfois fatigué par son travail si prenant. Alors il les comprendra. »

Voici quelques exemples de mails adressés au Dr Li et publiés dans le New York Times

@毛不易未公开女友 : 现在外面下着雨。我最爱的就是下雨天,因为下雨天走在雨中可以哭泣而不会被人察觉!这是我第一次告诉一个人原因,也可能是最后一次了。@毛不易未公开女友
Il pleut. J'aime les jours de pluie car je peux pleurer sous la pluie sans que personne le remarque. C'et la première fois que j'avoue ce secret à quelqu'un et sans doute la dernière.

@关于我死亡之前要做的事儿: 手机翻来覆去没人可以聊会儿 就来看看你 和你说说吧 @关于我死亡之前要做的事儿
J'ai joué un bon moment avec mon téléphone mais je n'ai trouvé personne à qui parler. Alors me voici. C'est à toi que je peux parler.

@他-是-梦: 生活压力很大,可是又有什么比活着更好,不是吗? @他-是-梦
Je suis vraiment stressée. Mais rien ne vaut d'être en vie. N'est-ce pas vrai ?



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