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Cyrille de Moscou

et l’Église orthodoxe d’Ukraine

 

 

9 mars 2020

Il y a une année, l’Eglise orthodoxe d’Ukraine se séparait du patriarcat de Moscou et devenait autocéphale (indépendante) à la grande fureur de Cyrille de Moscou, l’actuel patriarche de Moscou et de toute la Russie depuis son élection en 2009, « qui s’est distingué par une véhémence sans précédent à l’encontre de Constantinople et de son patriarche Bartholomée Ier », écrit un observateur du monde orthodoxe.

Et en 2014, Cyrille de Moscou a lancé des appels aux fidèles russes et ukrainiens pour qu’ils prient, disait-il, afin que « personne ne puisse détruire la sainte Russie en lui enlevant l'Ukraine, dont la capitale, Kiev, est le berceau de l'orthodoxie russe. » 
Ou encore : « Nous devons aujourd'hui prier pour le peuple russe qui vit en Ukraine, pour que le Seigneur fasse la paix sur la terre ukrainienne [...], qu'il mette fin aux desseins de ceux qui veulent détruire la sainte Russie. » Les prières des fidèles russes répondirent peut-être au patriarche mais ne suffirent pas : l’Eglise orthodoxe d’Ukraine devenait indépendante et reconnue, en janvier 2019, par son rival du monde orthodoxe le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople.

Celui-ci exerce une primauté d'honneur (« premier parmi ses égaux ») parmi les primats des Églises orthodoxes. Il est en quelque sorte le garant des valeurs de l'orthodoxie. Mais depuis octobre 2018, l'Église orthodoxe russe a rompu officiellement la pleine communion avec le patriarcat de Constantinople qui a accordé l’indépendance (autocéphalie) à l'Église orthodoxe ukrainienne, qui était rattachée à l’Eglise orthodoxe russe depuis 1686. Conséquence : le Patriarche Cyrille de Moscou a interdit le 15 octobre 2018 aux fidèles de l’Église orthodoxe russe de communier avec ceux de l’Église orthodoxe de Constantinople.

Et depuis, l’existence de cette Eglise orthodoxe d’Ukraine, formée de l’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev et de l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne qui existait déjà, bouleverse l’orthodoxie car au delà de sa séparation d’avec Moscou, trois Eglises orthodoxes dans le monde l’ont déjà reconnue : les patriarcat de Constantinople et d‘Alexandrie et l’Eglise orthodoxe de Grèce.

En Ukraine, demeure aussi une Eglise orthodoxe rivale qui est restée liée au patriarcat de Moscou, très implantée dans le pays où elle rassemble deux fois plus de paroisses que la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne qui compte elle plus de fidèles.

Ceci affirmé, les sondages numériques restent flous à cause de l’absence de recensement et la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne en pleine structuration avec des ralliements et aussi une situation politique qui oblige certaines paroisses à la clandestinité dans les territoires séparatistes de l’est de l’Ukraine, Donetsk ou Louhansk ou soumises à de fortes de pressions de l’Eglise russe en Crimée, annexée par la Russie.

Il faut ajouter à la situation, l’élection en 2019 de Volodymyr Zelensky, comme président de l’Ukraine. Contrairement à l’ancien président Petro Porochenko, très engagé dans la vie orthodoxe et qui était intervenu auprès du patriarche de Constantinople pour que l’autocéphalie de la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne soit reconnue, « Volodomyr Zelensky issu d’une famille juive a pris ses distances avec les institutions religieuses ukrainiennes et les institutions d’Etat ne manifestent pas un soutien quelconque à la nouvelle Eglise orthodoxe qui bénéficie ainsi de moins de subventions publiques ou de relais administratifs qu’espéré », relève le site Religioscope.

S’y ajoute des forces pro-russes qui ont tenté d’utiliser l’ancien et très vieux patriarche de Kiev, Philarete, qui s’est opposé à la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne et a tenté de restaurer le patriarcat de Kiev et de récupérer ses biens mais a échoué devant la justice. Finalement, conclut Religioscope les relations entre l’Eglise russe, rattachée à Moscou et l’Eglise ukrainienne nouvelle « n’ont pas été marquées par les provocations et tensions que nombre d’observateurs attendaient.  [...] De manière générale, la concurrence est bonne pour chacune de ces Églises, remarque un théologien. Elle induit une motivation à se réformer. Le métropolite Épiphane de Kiev et de toute l’Ukraine (c’est son titre), s’est révélé comme un dirigeant modéré et patient mais ferme et il a l’occasion d’en moderniser toute la structure.

 

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La Laure des Grottes de Kiev, lieu de pèlerinage célèbre Ukrainien demeure sous la juridiction orthodoxe russe
©Alena Dudaeva / Dreamstime.com


L’existence de la nouvelle Église orthodoxe d’Ukraine est un phénomène dont la portée historique, religieuse et symbolique ne peut être sous-estimée. Mais c’est sur la scène internationale du monde orthodoxe qu’elle a suscité le plus de bouleversements [...] Pourtant, comme le relève Religioscope, désormais privé de l’appui politique de l’Etat, Épiphane se doit de « gagner les cœurs et les âmes avec bienveillance. »

Il a pour cela apporté des allègements, afin de rapprocher l’Église de ses fidèles. Il a par exemple autorisé la disposition de chaises dans les nefs pendant les services liturgiques. Si les femmes sont invitées à revêtir un voile à l’entrée des églises, elles sont autorisées à entrer tête nue. « Il est important de regarder la personne pour ce qu’elle est, sans se soucier du code vestimentaire », explique le diacre porte-parole de l’Église.

L’Église autocéphale d’Ukraine a aussi exploré les possibilités d’un passage de la célébration de la fête de Noël du 7 janvier au 25 décembre, dans le but de préparer l’Église à adopter le calendrier grégorien. La transition ne se fera cependant pas dans un futur proche, Épiphane estimant que « nos fidèles ne sont pas prêts. » Mais l’initiative, annoncée en décembre dernier, marque une orientation pro-européenne claire.

 

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Icône de Poutine


Pour rester dans le monde orthodoxe, on a appris que l’on pouvait acheter une « icône » représentant Poutine, à la boutique de l’aéroport de Saint-Pétersbourg, pour quelque 80 000 roubles (1033 €). Le porte-parole du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a réagit en déclarant : « l’apparition d’icônes représentant le Président tout à fait inopportune. Le Président condamne ce phénomène. Peut-il s’agir d’icônes ? »

Sans entrer dans la bataille autour des icônes, c’est en Russie, chrétienne depuis le 10e siècle, que l’art de l’icône s’est développé. Et qu’elle ne représente pas seulement un personnage saint, un ange, mais qu’elle a une signification théologique profonde et qu’elle est objet de vénération des fidèles ce qui la différencie de la simple image pieuse que l’on connaît dans le catholicisme.

En devenant objets de vénération, les icônes doivent respecter de sévères contraintes artistiques (représentations stéréotypées, couleurs et conditions de leur production). Jusqu’à nos jours, ces contraintes se sont perpétuées pour ces peintures dédiées à la gloire de Dieu. A la rubrique « Icône » Wikipedia explique : « dans la confession orthodoxe, il est aussi important de vénérer l'icône que d'écouter la parole ou de lire les écrits. »

Pas grand chose à voir avec l’icône de Poutine, pure marchandisation d’une « icône » politique ! Selon Médiapart, le président d’un collège d’avocats russes aurait posté à côté d’une photo de Poutine et de l’icône un commentaire ironique : « Je pensais qu’on ne pouvait canoniser que les défunts... il semble que ce ne soit pas le cas... ou alors ceux qui susurrent depuis des années que nous sommes gouvernés par des clones ont raison ! »



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