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Religion, coronavirus et Taj Mahal

 

 

2 mars 2020

On parle encore et toujours du coronavirus. Et de l’impact de l’épidémie sur la vie sociale et religieuse. Ainsi, sans faire le tour de la planète, on a relevé la suppression, pour la première fois depuis de nombreuses années, de la prière du vendredi à Téhéran ainsi que dans 23 villes, capitales de province.

L’article du New Yorker rappelle que chaque vendredi ont lieu des prières le vendredi dans plus de 900 villes d’Iran où les imams désignés par le guide suprême de la révolution islamique, c’est son titre, actuellement l’ayatollah Ali Khamenei. Ces prières du vendredi attirent des milliers de fidèles d’où la peur de voir propager l’épidémie. alors que le gouvernement iranien est accusé de minimiser sérieusement la situation.

De même l’accès aux lieux saints de la ville iranienne de Qom, épicentre de la contagion, a été restreint. Qom compte parmi les centres les plus importants du chiisme, à la fois en Iran et dans le monde, par son centre théologique mais aussi parce que c’est un lieu de pèlerinage chiite important : la sœur du huitième imam, Fatimah Ma’sumeh, morte il y a douze siècles et vénérée comme une sainte y repose, selon la tradition, dans une mosquée au dôme doré et les gardiens de sa châsse aspergent du matin au soir son mausolée avec de l’eau de rose tandis que les femmes viennent toucher la chasse en un rite de fécondité.

Le huitième imam, Ali al-Reda repose lui à Machhad autre ville sainte du chiisme, où il est inhumé. L’accès à son mausolée que chaque année des millions de pèlerins chiites visitent est aussi réglementé. Les fidèles sont priés de porter un masque, de mettre du gel antibactérien sur leurs mains, et de simplement prier et partir sans s’attarder. Ce huitième imam mort empoisonné il y a 1199 ans, est l’un des dix imams, successeurs politiques et spirituels du Prophète sur lesquels repose le chiisme.


Désinfection du mausolée de Fatima Masumeh à Qom
photo Ahmad Zohrabi / ISNA / AP

Sur une photo de l’AFP publiée par le magazine américain The New Yorker la semaine passée, on voit justement devant mausolée de Fatima Masureh, la sœur du 8e imam, à Qom, un gardien en train non plus de l’asperger d’eau de rose mais de désinfectant devant des fidèles venus prier.

Dans le monde musulman, l’Arabie Saoudite a annoncer la semaine passée suspendre temporairement l’entrée dans le pays des pèlerins voulant visiter les lieux saints comme La Mecque et Médine. Quelque huit millions de musulmans font chaque année le voyage, spécialement durant le ramadan qui commence cette année en avril et ces mesures annoncées laissent les fidèles qui se préparaient au pèlerinage à La Mecque dans l’inquiétude, le Hajj étant considéré comme le cinquième pilier de l’islam avec : la Shahada (la profession de foi) ; la Zakât (l’aumône) ; le jeûne (du Ramadan) ; et la prière cinq fois par jour.


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La secte Eglise Shincheonji

Autre information curieuse en relation avec l’épidémie, qui nous vient de Corée du Sud : le 27 février, le Monde
relève que « le Covid-19 continue de se propager dans le pays et les Eglises comme les sectes en sont le principal vecteur.  L’essentiel des 334 nouveaux cas ont concernait des membres de la secte appelée Eglise Shincheonji (qui signifie "Nouveau monde") de Jésus dont le fonctionnement opaque pourrait avoir contribué à l’explosion du nombre de cas, 15595 à ce jour dans tout le pays. »

Le Monde citait la branche de cette secte dans le sud-est du pays, comme le premier foyer mondial du virus hors de la ville de Wuhan en Chine. Et le fait que ce mouvement sectaire ait mis du temps à accepter de coopérer avec les autorités a permis la propagation de la maladie. Le 26 février seulement, a commencé le contrôle des plus de 200 000 fidèles de Shincheonji,
« une secte connue pour sa culture du secret et sa pratique de l’entrisme dans les autres groupes religieux afin de les déstabiliser et d’en prendre le contrôle » écrit le correspondant du Monde qui raconte que le Centre coréen des maladies infectieuses avait signalé, dès le 18 février les premiers cas de coronavirus liés à la secte : plusieurs membres seraient allés à Wuhan en Chine en janvier et certains, dont une femme hautement contagieuse auraient transmis le virus. Les responsables de la secte ont alors demandé aux fidèles de ne pas révéler leur appartenance et de ne pas suivre les recommandations des autorités. »

La secte, fondée en 1984 par un homme Lee Man-hee, qui prétend que Jésus lui est apparu et qu’il peut offrir la vie éternelle à ses fidèles et qu’il est lui-même immortel selon certains membres de la secte. Il a affirmé, écrit Le Monde, que « le diable propageait le coronavirus pour enrayer le développement de son Eglise. »

Le diable fait un coupable idéal, il ne protestera pas ! Mais en attendant, la secte a dû fermer ses centres et n’a cédé que devant les menaces de poursuites judiciaires pour infractions à la loi sur la prévention des maladies infectieuses et fourni une liste de 212 000 membres. Mais cette liste est-elle complète ? Beaucoup en doutent... Et une pétition, qui avait déjà recueilli plus de 875 000 signatures le 27 février, demande la dissolution de l’Eglise Shincheonji accusée d’avoir créé une crise « en raison de son dogme religieux immoral et de son attitude peu coopérative. »

En août 2019, la Convention baptiste de Manipur, en Inde, avait mis ses fidèles en garde contre l’Eglise Shincheonji. Dans une déclaration le président de la Convention baptiste déclarait que le fondateur de la secte Lee Man-hee « prétend avoir accès à une connaissance secrète des Écritures que les autres pasteurs d'église ne connaissent pas. En outre, il affirme que l'on ne peut vraiment connaître Dieu qu'en suivant et en écoutant les enseignements de Shincheonji. [...] Leurs enseignements créent de l'animosité et de la méfiance entre les membres d'église et les pasteurs d'église locales. Une fois qu'ils font partie de ce groupe, ils passent la plupart de leur temps à inviter des gens à rejoindre le groupe Shincheonji et à passer bien moins de temps avec leurs familles, amis et à l'église, ainsi qu'à négliger et quitter leurs études ou leur travail. »

Des accusations reprises par le quotidien indien de langue anglaise New Indian Express qui écrivait en août 2019 : « C’est la première fois que le nom de Corée signifie une menace dans les affaires religieuses de la région Nord-Est de l’Inde. Et le journal se faisait l’écho des conseils de prudence du président baptiste vis-à-vis de l’église Shincheonji. »

 

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Pooja pour Shiva

 

Le dieu Shiva

En date du 17 février, on peut aussi lire sur le site du New Indian Express une nouvelle curieuse : pour l’inauguration d’un nouveau train qui relie trois « jyotirlingas », des temples hindouistes traditionnels, lieux de pèlerinage où le suprême dieu Shiva est adoré, les employés de la compagnie ferroviaire avaient réservé temporairement une place sur une couchette supérieure à des photos du dieu, et organisé un mini temple. Ils ont expliqué vouloir ainsi attirer la bénédiction sur cette nouvelle ligne de train.

Asaduddin Owaisi, un homme politique indien président d’un parti musulman a immédiatement réagi en envoyant au cabinet du Premier ministre une copie du préambule à la Constitution indienne qui précise que « L’Inde est une république souveraine, socialiste, laïque et démocratique. »

Le mot « laïque » est d’importance aujourd’hui où un parti extrémiste hindouiste est à la tête de l’Inde avec Narendra Modi le Premier ministre qui a pris des mesures empêchant les musulmans réfugiés de confession musulmane venus de pays limitrophes d’acquérir la nationalité indienne alors que ceux de confession hindoue l’obtenaient immédiatement.

Des violences intercommunautaires extrêmes qui ont fait 38 morts et 200 blessés ont éclaté dans la capitale New Delhi la semaine passée, une nouvelle étape dans la protestation contre la loi sur la citoyenneté qui dure depuis deux mois.

De fait, relève la correspondante du Monde « Sous le gouvernement Modi, les incidents entre hindous et musulmans se sont exacerbés et les mesures antimusulmanes se sont multipliées, les nationalistes hindous dont est issu le Premier ministre œuvrant pour l’avènement de l’hindutva (une Inde aux hindous). La loi sur la nationalité adoptée par le Parlement en 2019, qui naturalise des migrants de trois pays voisins à l’exception des musulmans, poursuit cette logique ségrégationniste. »

On comprend mieux encore la colère de l’homme politique musulman devant l’autel dédié au dieu Shiva dans un train... Le 28 février, l’éditorial du Monde revenait sur « la mise au ban des musulmans d’Inde », alors que Trump était en visite d’Etat dans le pays et magnifiait « l’harmonie » censée régner entre les différentes religions du pays alors même que des « violences entre hindous et musulmans éclataient à New Delhi [...] et dégénéraient en affrontements intercommunautaires. »

 

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Donald Trump et Melania devant le Taj Mahal, à Agra, le 24 février
photo Alexander Drago / Reuters

Le Taj Mahal mausolée de marbre blanc construit au XIIe siècle
par un empereur moghol musulman en mémoire de son épouse

Donald et Melania Trump

Même remarque de l’éditorialiste du Monde à propos de Mélania Trump qui assistait le lendemain à « un cours de bonheur dans une école » alors que des hordes d’émeutiers nationalistes hindous, armés de bâtons, de sabres ou de pistolets, prenaient d’assaut les quartiers populaires nord-est à majorité musulmane de la capitale et pillaient des commerce, incendiaient des maisons, plataient un drapeau hindou sur une mosquée.

Cette loi de 2019 qui embrase l’Inde [...] menace de transformer en citoyens de seconde zone 200 millions de personnes, soit 14 % de la population. Et pendant ce temps Donald Trump vendait du matériel militaire américain pour 3 milliards de dollars à son « grand ami » Narendra Modi. Et Le Monde conclut : « Il faut dénoncer avec force la montée de l’intolérance d’Etat dans un pays [l’Inde] longtemps cité en exemple pour sa vie démocratique et sa diversité. La mise au ban de la troisième communauté musulmane du monde, non seulement viole la promesse du père de l’indépendance, le mahatma Gandhi mais elle réveille de spectre des affrontements entre muslmans et hindous qui ont suivi la partition de l’Inde en 1947 (1 à 2 millions de morts) et celui des pogroms antimusulmans de 2002 (800 à 2000 morts) dans l’Etat du Gujarat alors dirigé par Modi [...] Le statut de grande puissance démocratique que revendique l’Inde ne peut s’accomoder d’un apartheid de fait. »



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