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Femme imam

 

 

25 février 2020

Elle s’appelle Kahina Bahloul, elle est doctorante en islamologie et imame et le vendredi 21 février, à Paris, c’est elle qui conduisait la prière dans une petite salle louée qui faisait office de mosquée. Et devant une assemblée mixte : dix femmes et douze hommes.

C’est la deuxième manifestation publique de mosquée totalement mixte. Celle de Kahina Bahloul s’inscrit dans la tradition soufie, un courant mystique de l’islam, l’autre à Paris aussi, est ouverte depuis six mois. Et pour ces deux mosquées, les fonctions d’imams seront tenues indifféremment par un homme et une femme et les fidèles, hommes et femmes, seront réunis dans la même salle.

Le Monde raconte que le lieu où les fidèles se sont rassemblés le 21 février avait été tenu secret pour des raisons de sécurité car « l’initiative sent le souffre pour certains adeptes d’un islam traditionnaliste » et c’est le bouche-à-oreille qui a permis aux fidèles de se retrouver.

Comme le fait remarquer, avec ironie, un professeur de philosophie tenant d’un islam rationaliste et qui a participé à la réalisation du projet : « La mixité, comme ici, est interdite dans presque toutes les mosquées, mais pratiquée à La Mecque. »

Un fidèle venu de Limoges est heureux de cette initiative car il trouvait l’islam en Ile-de-France « plus dur, plus sur les apparences. » Ahmed est venu avec ses deux filles de 13 et 10 ans. C’est la première fois qu’il peut prier à leurs côtés hors de chez lui. Qu’elles puissent accomplir ce rite entre elles, c’est l’une des raisons qui l’ont poussé à venir. Un couple, Hanifa et Adel, est aussi heureux d’avoir pu prier ensemble alors que dans les mosquées traditionnelles les femmes sont reléguées dans une petite salle ou pire au sous-sol...

Hanifa dit de la prédication : « Pour moi, c’est inespéré, cela me réconforte. C’est une possibilité de prière juste » et son mari Adel a aimé aussi la prédication : « C’était réconfortant et rassurant. Elle apporte de la sensibilité. Les hommes sont plus dans le machisme plus dur. »

Pour son premier prêche, rapporte Le Monde, « l’imame a choisi de parler de l’amour divin, “en ces temps où l’islam est devenu synonyme de terreur, de peur, de séparatisme ”. Elle a cité plusieurs auteures, dont une sainte du VIIIe siècle et une mystique. »

Il reste que trouver une salle à louer n’a pas été facile : « Dès que l’on prononçait le mot “islam” les propriétaires se rétractaient, raconte Kahina Bahloul avec une pointe d’amertume. »... Il faudra aussi assurer le financement de la location ce qui ne va pas de soi... mais deux rendez-vous sont déjà programmés en mars.

 

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Et pourquoi le lieu de la prière tenu secret par mesures sécurité ? Certains musulmans rigoristes considèrent le soufisme comme une hérésie et dans les pays musulmans les soufis, adeptes de ce courant mystique de l’islam, ont été pourchassés par les islamistes qui commettent des attentats contre leurs mosquées. C’est ainsi que dans le nord du Sinaï, en Egypte, une attaque probablement de Daesh contre une mosquée soufie avait fait 305 morts dont 27 enfants en novembre 2017.

 

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En septembre 2019, une soixantaine de fidèles, hommes et femmes, s’étaient retrouvés pour prier ensemble à Paris. Et c’était déjà deux femmes qui avaient dirigé la prière de leur mosquée « itinérante ». Elles s’adressaient aux musulmans et musulmanes « orphelins et orphelines de mosquée » en demande d’un islam « spirituel et progressiste », qui n’a « pas pour vocation de structurer les relations sociales ni l’espace politique. »

Les deux jeunes femmes ont dit souhaiter « réconcilier la foi avec la raison et l’esprit critique loin des pressions communautaires et familiales » et des « logiques de culpabilisation permanente ». Leur mouvement promeut l’égalité hommes/femmes. « Aucune discrimination en raison de l’orientation sexuelle, du genre, de l’origine ou de la religion d’un individu n’est tolérée », est-il précisé dans les statuts – et « tous les sermons seront prononcés en français. »

Enfin, il n’y aura pas d’imam attitré, hommes et femmes volontaires pourront diriger la prière et prononcer les sermons à tour de rôle. Le projet est porté par le mouvement Voix d’un islam éclairé à la fois culturel et cultuel et les deux jeunes femmes à l’origine veulent proposer un modèle alternatif au conservatisme religieux qui, selon elles, prédomine dans les mosquées de France.



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