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Xia Baolong

un destructeur d’églises

pour gérer Hong Kong

 

 

19 février 2020

C’est ainsi que le quotidien La Croix nomme celui qui vient d’être nommé à la tête du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao par Xi Jinping. Une nouvelle campagne de purge politique vient d’être lancée en Chine par le président chinois déstabilisé par l’épidémie meurtrière de coronavirus et les secrétaires généraux du parti communiste de la province du Hubei et celui de sa capitale Wuhan, épicentre de la maladie, ont été remplacés par des proches de Xi Jinping.

Mais c’est la rébellion politique à Hong Kong et le refus d’accepter une loi qui aurait permis l’extradition et le jugement de citoyens de Hong Kong en Chine continentale au lieu de les juger sur place qui dure depuis juin dernier, sans que Pékin arrive à en reprendre vraiment le contrôle, qui a coûté son poste à Zhang Xiaomin, directeur du Bureau des Affaires pour Hong Kong.
Ce limogeage est un signe, pour les observateurs, que Pékin veut resserrer le contrôle sur ce territoire semi-autonome en nommant Xia Baolong, proche de Xi Jinping, à Hong Kong. Il est connu pour avoir fait détruire des milliers de croix et d’églises non déclarées durant la campagne idéologique de 2014. Et les analystes considèrent la nomination de cet apparatchik comme le signe d’un durcissement de la politique de Pékin sur Hong Kong.

Un universitaire de l’université de Hong Kong cité par The Guardian considère comme une « mauvaise nouvelle pour Hong Kong » la nomination de Xia Baolong et le directeur de la faculté de Théologie de l’université de Hong Kong rappelle que cet allié du Président chinois a constamment manifesté sa volonté de faire appliquer les ordres de Pékin et qu’il est à craindre qu’il intensifie le contrôle idéologique sur Hong Kong. « Xia Baolong ne reculera devant aucun effort pour faire appliquer les ordres de Pékin et la répression s’il le faut. On peut s’attendre à un impact sur la société civile. »

 

.

 


Lorsqu’on parle de Xia Baolong comme du « destructeur d’églises », c’est hélas au sens propre, même s’il n’est pas le seul et ces actions semblent être des actions planifiées. Ainsi, sans remonter très loin dans le temps, on a assisté entre 2014 et 2018 à de multiples destructions d’églises, certaines comme cette église évangélique de Linfen, dans le nord de la Chine en janvier 2018.

Le site de RFI (Radio France Internationale) avait publié une photo montrant la destruction totale de cette église monumentale surmontée de tourelles et d’une grande croix rouge. On a remarqué aussi que la police chinoise à l’œuvre répondait aux ordres du gouvernement central et non des autorités locales. Cette église construite dix ans auparavant grâce aux dons des fidèles, dans l’une des régions les plus pauvres de Chine avait coûté l’équivalent de 3 millions de dollars selon ChinaAid (une organisation non gouvernementale chrétienne). Cette communauté revendiquait 50 000 paroissiens dont plusieurs ont été arrêtés.

« En 2009 déjà, raconte RFI, le gouvernement local avait tenté d’empêcher sa construction, les Bibles avaient été confisquées et plusieurs responsables religieux condamnés à de lourdes peines de prison. Ces dernières années, une dizaine d'églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. »
[Ainsi, en décembre 2017, une église catholique a été détruite dans le nord-ouest de la Chine au prétexte qu’elle occupait illégalement le terrain alors qu’elle avait eu un permis de construire].

Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les images représentant Jésus ainsi que d’autres symboles chrétiens ont même dû être remplacés par le portrait du président Xi Jinping, dans les églises mais aussi dans les maisons.

 

 

En janvier 2019, la nouvelle est tombée que le 1er des Dix Commandements « Tu n’auras pas d’autres Dieu devant ma face », ne pouvait plus être affiché sur le mur d’une église officielle de la province du Henan, il allait à l’encontre de la politique du gouvernement de Xi Jinping selon le fonctionnaire du contrôle religieux qui visitait l’église. Et lorsque les fidèles ont protesté, on leur a fortement suggéré de « ne pas s’opposer au gouvernement. » Ce n’est pas étonnant si l’on se souvient que pour Xi Jinping, les religions doivent « fusionner leurs doctrines avec la culture chinoise ». Une « sinisation » de fait du christianisme.

 

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« Officiellement, remarquait RFI, la liberté de religion est garantie en Chine. Mais les groupes religieux doivent faire allégeance à des associations dirigées par le Parti communiste chinois, [ce que cette église détruite comme d’autres et les pasteurs, prêtres et fidèles poursuivis refusent de faire]. L'objectif pour le pouvoir est de ne pas perdre son influence, alors que le nombre de chrétiens en Chine ne cesse d'augmenter. Une étude du Département d’Etat des États-Unis démontre une aggravation de la répression des religions en Chine. La destruction de l’édifice gigantesque signe une volonté de frapper fort. »

Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en mars 2013, les mesures se sont multipliées : abattages de croix, destruction d’églises et incarcération des pasteurs. Il affirmait dans un discours en 2016 que : « Nous devons nous garder résolument de toute infiltration étrangère par le moyen des religions. »

Or, remarque ChinaAid, « les communautés chrétiennes protestantes explosent dans le pays de Xi Jinping, en grande partie en raison du parcours d’étudiants chinois expatriés, qui se convertissent à l’étranger avant de revenir. Ils représentent, aux yeux du Parti, le risque d’infiltration d’opposants au régime communiste, ce qui explique sa véhémence contre eux. Début janvier, le gouvernement chinois a promulgué de nouvelles « mesures administratives pour les groupes religieux » incarnation juridique de la nouvelle politique religieuse du président Xi Jinping qualifiée comme étant la plus restrictive depuis la Révolution culturelle.

Comme l’expliquait un prêtre chinois à Asia News un réseau de quotidiens asiatiques : « [En Chine] dans la pratique, votre religion n’a plus d’importance, si vous êtes bouddhiste, ou taoïste, ou musulman ou chrétien: la seule religion autorisée est la foi dans le Parti communiste chinois. » Et depuis le 1er février, cette nouvelle politique de soumission totale des groupes religieux au Parti communiste chinois est. entrée en vigueur.



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