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La rabbin Delphine Horvilleur

et l’affaire Mila

 

 

19 février 2020

« L’Affaire Mila », du nom de cette adolescente menacée de mort pour avoir tweeté des mots peu amènes contre l’islam à ceux qui la menaçaient au nom de l’islam se retrouve dans une tribune de la rabbin Delphine Horvilleur publiée le 14 février par Le Monde.

Delphine Horvilleur est rabbin de l’association cultuelle « Judaïsme en mouvement ». Elle a aussi publié en 2019 un livre : « Réflexions sur la question antisémite » aux éditions Grasset. Dans sa tribune elle écrit :

« La polémique autour du droit sacré au “blasphème” en terre de laïcité fait soudain de la loi religieuse son anti-modèle, le référent d’un monde ancien que l’on a su (grâce à Dieu ?) quitter [la rabbin évoque l’Ancien Testament biblique où le blasphémateur était jugé et condamné à être lapidé et que la ministre de la Justice avait évoqué en affirmant : "Nous ne sommes plus au temps de Moïse, où le blasphémateur devait mourir lapidé par la communauté"].

C’est d’ailleurs précisément en ces termes que la garde des sceaux l’énonce, quand elle réaffirme – et c’est heureux – dans une tribune publiée sur le site du Monde le 8 février, ce qui devrait aller de soi en République : le droit de se moquer de toute croyance et le devoir de protéger tout croyant ou non-croyant, sa légitimité et sa pleine sécurité [...]

Blasphémer, pour les commentateurs de la Bible, héritiers de Moïse et de sa loi, c’est imaginer que Dieu attend que l’on venge son honneur [...] C’est croire que l’Eternel, ses prophètes ou ses envoyés seraient si vulnérables et susceptibles qu’ils auraient besoin qu’on prenne leur défense. Le blasphémateur, en voulant venger son Dieu si grand, le rend précisément tout petit et sans envergure. Et c’est de cela que Moïse aurait souhaité se débarrasser.

La force de la laïcité dans sa non-reconnaissance du blasphème ne dit pas l’inverse de cela. Elle arrive en fait à des conclusions similaires à partir d’un principe radicalement différent. Là où Moïse dit que Dieu n’a pas besoin d’être défendu, la laïcité dit que ceux qui se moquent de Dieu doivent être défendus en toutes circonstances, tout autant que ceux qui le louent, ou s’en remettent à lui.

L’affaire Mila semble soudain ressusciter un peu cette histoire et interroge : qui, de cette jeune fille à la provocation adolescente, ou de ceux qui la menacent de mort, est en train de “blasphémer ” ? Quel Dieu se vexerait d’être ainsi malmené ? Pas celui de Moïse, me semble-t-il... sauf s’il a perdu son sens de l’humour. Lutter contre l’obscurantisme, dans notre République comme au sein de nos traditions religieuses, passe par une capacité à rire de nous-mêmes et même parfois de nos croyances et de Dieu qui, s’il existe, à mieux à faire que de s’en offusquer. »

Le Monde a aussi publié le 12 février une tribune du professeur Houari Touati, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales qui rappelle que « oui, on peut critiquer l’islam, sa théologie s’en est saisie non pas tant pour la traiter comme une hypothèse impie mais bien pour en faire une possibilité envisagée de s’ouvrir à l’autre pour l’accepter dans sa différence afin précisément de relever son défi. [...] Et Houari Touati conclut : « on peut critiquer l’islam et le faire en toute légitimité, puisque c’est sa théologie elle-même qui l’autorise, mais on ne peut pas l’insulter. Car si, comme le dit le psychanalyste Jacques Lacan, “l’injure est le premier et le dernier mot du dialogue”, alors elle est attentatoire du fait même qu’elle se déploie dans le refus de la réciprocité »


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