Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Nouvelles



Persécution des chrétiens
et des musulmans
dans le monde

 

 

21 janvier 2020

Réforme, Libération, Le Monde et bien d’autres médias encore ont fait une place à la persécution des chrétiens dans le monde, la semaine passée. Un regain d’attention à leur situation due sûrement à la publication par l’ONG évangélique Portes ouvertes de son Index mondial annuel des persécutions des chrétiens.

L’organisation, active dans 70 pays, avance que 260 millions de chrétiens ont subi de fortes pressions et des violences à cause de leur foi en 2019, en augmentation, puisqu’ils étaient 245 millions en 2018. Cette hausse s’explique selon son directeur par « le poids de plus en plus important des chrétiens persécutés en Inde et en Chine, et au djihadisme en Afrique subsaharienne, qui tue le plus grand nombre de chrétiens aujourd’hui. »

L’ONG Portes Ouvertes définit la persécution comme « toute hostilité à l’égard d’une personne ou d’une communauté motivée par l’identification de celle-ci à la personne de Jésus-Christ. » Elle distingue 11 pays où la « persécution est extrême. » 

Pour réaliser son classement, Portes ouvertes collecte depuis 1993, à l’aide d’un millier de bénévoles des informations à l’aide d’un questionnaire standard détaillé, sur la liberté de religion dans les sphères privées et publiques (possibilité de faire sa prière et de lire la Bible, liberté de mariage et de conversion, pression vestimentaire, discrimination à l’emploi, respect des droits, contrôle ou destruction des églises...), et sur les violences physiques subies en raison de la foi chrétienne (meurtre, destruction, viols, détentions sans jugement, viols, agressions, harcèlement sexuel...).

Si Portes Ouvertes considère que la persécution est « extrême » dans 11 pays, la fondation pontificale catholique Aide à l’Eglise en détresse comptait 12 pays en 2019 où la situation des chrétiens est la plus préoccupante, dont la Corée du Nord, pour les deux organisations, mais aussi la Birmanie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Soudan, le Sri-Lanka, où trois églises ont été la cible d’attaques terroristes en avril dernier, l’Egypte avec des attaques meurtrières d’églises et de fidèles coptes, l’Inde et bien sûr la Chine. Le Nigeria reste aussi en tête des violences physiques avec 1350 meurtres en 2019.

Le rapport de Portes Ouvertes précise que ces « chiffres sont sous-estimés », en raison des cas non rapportés dans les médias, ou « des décès en raison d’une discrimination à long terme qui les prive des droits les plus élémentaires tels que l’accès à l’eau potable et aux soins médicaux ».

L’Inde, arrivée l’an dernier dans les dix premiers pays persécuteurs y confirme sa place, « la minorité chrétienne est désormais considérée par le pouvoir comme une menace contre l’identité nationale », relève le directeur de l’ONG. Et en août, par exemple, l’Himachal Pradesh, un Etat montagnard du Nord de l’Inde, a durci sa loi anticonversion, punissant de cinq ans de prison toute personne accusée de convertir par la force, la fraude ou par « incitation ». Et par incitation à la conversion « il suffit de parler de sa foi avec un hindou pour tomber sous le coup de cette loi », assure le directeur de l’ONG.

Quant à la Chine, dont on ignore le chiffre réel de chrétiens puisque les Eglises de maison clandestines ne déclarent pas leurs fidèles, on cite le chiffre de 100 millions, supérieur à celui des membres du parti communiste chinois. Les chrétiens y subissent des mesures très répressives : comme la destruction en 2019 de 5576 églises, sans parler de l’emprisonnement de pasteurs, de prêtres et de fidèles, la fermeture de librairies, la destruction de Bibles et autres littérature religieuse...
En mars 2019, devant le Parlement de Pékin, Xu Xiaochong, un haut responsable protestant chinois fort zélé s’est lancé dans une attaque virulente contre l’Eglise protestante qui doit « se débarrasser de toute influence étrangère » a-t-il dit : « Les forces occidentales antichinoises, tentent de troubler la stabilité sociale de notre pays et même de renverser le pouvoir politique par le biais de cette religion. »
Xu Xiaochong préside le « Mouvement patriotique protestant », l’un des cinq organismes d’Etat supervisés par le parti communiste et auxquels doivent s’affilier les religions reconnues (protestantisme, catholicisme, bouddhisme, taoïsme et islam). 
Il a encore déclaré : « Nous soutenons fermement le pays pour qu'il traduise en justice les rares brebis galeuses qui se placent sous la bannière du protestantisme dans le but de participer à la subversion de la sécurité nationale. »

L’hebdomadaire Réforme du 16 janvier a publié plusieurs réflexions sur cette notion de persécution. Dont celle d’un théologien adventiste qui rappelle que « c’est clairement le fait de devenir témoin, d’oser dire qu’on est chrétien qui est inhérent à la notion de disciple. Non la persécution. N’en déplaise aux doloristes, [la persécution] n’est pas un signe indiscutable du zèle des fidèles [Et ce malgré une théologie de la souffrance salvatrice que l’on retrouve aujourd’hui encore dans les pays catholiques] Cette vision de la souffrance et de la persécution porte l’accent sur le rôle des humains par rapport au salut, ce qui est absolument contraire à la grâce seule et la foi seule Clairement, on est sauvé qu’on soit persécuté ou pas. »

 

.


Sur la question de la persécution des chrétiens, l’hebdomadaire anglican Church Times a publié un article le 10 janvier titré « Attention à la propagande qui utilise la persécution » et en sous-titre  « La défense des chrétiens maltraités peut avoir d’autres motifs.»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait cherché lors de son message de Noël a assurer les chrétiens du monde entier de la solidarité de son gouvernement et à « défendre leur droit à pratiquer leur religion. » L’éditorialiste de Church Times commente cette déclaration : « Les chrétiens devraient cependant se méfier du danger : la persécution de nos frères et sœurs est sujette à la manipulation recouvrant des intérêts politiques sans scrupules. Une juste cause peut être transformée en machine de guerre. »

C’est déjà le cas en Hongrie où le Fidesz, un parti d’extrême-droite, qui gouverne entretient de chaudes relations avec l’administration de M. Johnson. Dans un article publié en décembre, la revue conservatrice catholique hongroise Crisis félicitait Viktor Orbàn d’être « un chrétien sans honte » et louait la Hongrie « seule nation au monde à avoir un ministère gouvernemental dévolu spécifiquement aux chrétiens persécutés. »
Et lors d’une conférence internationale sur la persécution des chrétiens accueillie par le gouvernement hongrois, Viktor Orbàn a accusé la culture laïque d’être responsable de la persécution à mort des chrétiens en Afrique ou au Moyen-Orient. « La Hongrie, a-t-il dit encore, se situe sur la route de l’invasion musulmane immigrée et elle doit se défendre. »
Quant à l’aide financière aux chrétiens persécutés dont se vantait le ministre des affaires étrangères hongrois en juin, elle se révèle très modeste et a été distribuée directement on ne sait à qui, sans passer par les organisations qui travaillent sur le terrain.
Et d’où venaient les fonds ? Alors que le gouvernement de M. Orbàn a le record d’Europe de détournements de fonds publics et devrait rendre 371 millions d’euros après une enquête de l’Office européen anti-corruption. « Evidemment, conclut l’éditorialiste de Church Times, que l’aide de la Hongrie ne peut être isolée de ces affaires de corruption systémique. » En attendant d’en savoir plus ?

 

.

Les musulmans

Enfin, on ne peut refermer, provisoirement hélas, la page des persécutions contre les chrétiens dans le monde sans parler aussi du silence qui enveloppe les persécutions contre les musulmans. C’était le sujet de l’éditorial du Monde
le 17 janvier :

« Qui se soucie vraiment des Ouïgours de Chine ? Des musulmans d’Inde ? Des Rohingya de Birmanie ? écrivait l’éditorialiste. Ces trois populations minoritaires de pays asiatiques ont en commun d’être musulmanes, persécutées et quasi oubliées. Dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, le régime de Xi Jinping entretient un vaste réseau de centres de détention secrets où sont retenues au moins 1 million de personnes appartenant à la minorité musulmane ouïgoure. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme a été mise en place une politique d’internement de masse.
En Inde, pays à majorité hindoue, le gouvernement nationaliste de Narendra Modi a fait voter, le 11 décembre 2019, une réforme de la loi sur la nationalité qui empêche les seuls réfugiés musulmans d’obtenir des papiers.
Quant aux Rohingya, installés depuis des générations en Birmanie, pays à majorité bouddhiste, privés de citoyenneté depuis des décennies, 750 000 d’entre eux ont été expulsés vers le Bangladesh avec une violence inouïe en 2016 et 2017 par des “forces de sécurité” massivement accusées de meurtres, de viols et de destruction de maisons [...]
Globalement, le silence des puissances occidentales est assourdissant, en particulier vis-à-vis des deux pays les plus peuplés de la planète, qui se trouvent mis en accusation : l’Inde et la Chine.
Pas question pour les Européens, en particulier, de risquer de s’aliéner Pékin et le marché chinois. Pas question non plus de bousculer l’Inde, grande puissance en devenir.
L’indifférence des pays musulmans à l’égard de ces drames est encore plus problématique. Ni l’Arabie saoudite, ni les Emirats, ni l’Egypte, ni les pays du Maghreb ne semblent s’émouvoir du sort des Ouïgours, des musulmans d’Inde ou des Rohingya, pourtant parties prenantes comme eux de l’islam sunnite [...] Et en se solidarisant avec les musulmans persécutés dans ces pays, les pays arabes s’exposeraient enfin à des critiques sur le sort qu’ils réservent à leurs propres minorités.
Ni les indignations sélectives des Occidentaux ni l’indifférence des pays arabes ne peuvent se justifier. Les droits humains sont indivisibles et les minorités musulmanes doivent pouvoir compter sur la protection non seulement de leurs coreligionnaires, mais de tous les Etats qui disent défendre ces valeurs, et des institutions internationales qui se prétendent garantes de leur respect. »

 

 


Retour

Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.