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Ravenne, Italie, asilique Saint-Apollinaire-le-Neuf, 6e siècle

Les rois-mages

 

 

13 janvier 2020

On fête habituellement les Rois-mages le jour de l'Épiphanie (mot grec signifiant la « manifestation » de Dieu que les Rois-mages symbolisent).
Le site protestant suisse Protestinter racontait le 7 janvier, le vol de deux des trois rois mages dans des crèches de Noël de plusieurs églises allemandes, la veille de la fête de l’Epiphanie. Un collectif d’artistes qui se nomme « Ausgegrentz » (« exclu », en français) voulait ainsi par ce geste protester contre la politique de l’Union européenne envers les réfugiés. Et attirer l’attention sur la situation humanitaire critique dans les camps de réfugiés aux frontières de l’Europe (comme en Grèce par exemple).

Ce collectif dénonce aussi « l’hébergement inhumain » des réfugiés dans les centres où on les place en attendant que leur situation soit réglée. Dans la ville de Münster seulement, une ville importante du nord de l’Allemagne, les rois mages ont été volés dans huit églises.
A Cologne, une ville sur le Rhin, ce sont deux crèches et un centre pastoral qui ont perdu deux de leurs rois mages et à Berlin des rois mages ont disparu de la chapelle de la Réconciliation, sur l’ancien tracé du Mur. Le collectif militant explique dans un texte que « la politique isolationniste de l’Union européenne a empêché les rois d’accueillir le nouveau-né réfugié, Jésus de Nazareth » Et que l’un des deux rois enlevés est retenu dans le camp de Maria sur l’île grecque de Lesbos où la situation est qualifiée de catastrophe humanitaire, les gens y mourant de faim et à peine protégés du froid et de la pluie, tandis qu’un autre roi mage est détenu dans un centre de rétention en Bavière.
Sa demande de saluer le Messie Jésus et de lui offrir ses cadeaux a été « rejetée car manifestement infondée », relève le collectif en reprenant ironiquement une réponse administrative banale. Afin de mieux procéder à son expulsion, le roi mage n’est pas autorisé à quitter ce centre.

Le site protestant suisse protestinfo relève aussi le soutien de la paroisse de la Réconciliation à Berlin, qui a perdu deux rois mages. Leur absence a été découverte le 4 janvier, justement lors d’un service de prière à la mémoire de migrants morts aux frontières de l’Europe. Le pasteur de cette paroisse de Berlin est aussi directeur exécutif de l’Association Asile dans l’Eglise Berlin-Brandebourg et dénonce l’isolement et l’hébergement en camp comme contraires à la foi chrétienne. Il dit aussi « compter sur la solidarité au quotidien, au soutien pratique et à l’asile d’église lorsque cela est nécessaire ».
Quant aux « rois mages », captifs pour une bonne cause en Allemagne, ils n’ont de rois qu’un titre récupéré on ne sait trop comment au cours des siècles.

Mais « mages », ils le sont bien, conformément au récit de la naissance de Jésus à Bethléem, dont l’évangéliste Matthieu fait le récit. Des « mages venus d’Orient » qui curieusement iront voir le « roi Hérode » pour lui dire qu’ils veulent aller se prosterner devant le véritable « roi des Juifs » ! D’où colère de celui-ci et sa décision de passer au fil de l’épée tous les enfants mâles de deux ans ou moins de Bethléem parmi lesquels devrait se trouver celui qui doit être le roi des Juifs, Jésus, à qui Matthieu reconnaît donc le titre de roi.

La mention de l’Orient d’où viennent ces mages est significative de l’universalité de cette royauté de Jésus. L’étoile qui brille en Orient est un signe de cette universalité déjà reconnue par Joseph et Marie qui acceptent sans difficulté les cadeaux des mages qui s’adonnent entre autres à la divination, une « pratique horrible » dénoncée dans l’Ancien Testament... Pourquoi trois mages ?

Est-ce parce que Matthieu parle de trois offrandes : Or, encens, myrrhe. Quant au titre de « rois » est-ce en référence à  « Tous les rois qui se prosterneront devant lui », Jésus le Messie, comme le proclame le Psaume 72  de nos Bibles ?

D’ailleurs Matthieu s’est peut-être laissé inspirer par un événement qui venait de se produire quelques années auparavant et que rapporte l’historien romain Cassius Dion :
Le roi d’Arménie, un homme nommé Tiridate, vint en Italie avec les fils de trois chefs Parthes qualifiés par le texte de mages. Ils venaient d’Orient, dans une procession triomphale. Rome fut décorée pour leur souhaiter la bienvenue. Les gens se pressaient dans les rues et sur les toits pour apercevoir le visiteur royal alors que Tiridate avançait pour rendre hommage à Néron.
Ce roi ne repartit pas non plus par le chemin qu’il avait pris en venant, mais s’en alla par une autre route, comme les mages de Matthieu que Dieu, dans un rêve, avait avertis de ne pas retourner auprès du roi Hérode !

C’est au VIIIe siècle qu’un moine du nord de l’Angleterre, Bède le Vénérable, donna un nom aux trois mages de l'Évangile : Melchior, un vieillard, offre à Jésus l’or, signe de la royauté, Gaspard, un jeune homme, l’encens, reconnaissance de sa royauté et Balthazar au visage noir, la myrrhe avec laquelle on embaume les morts, signe que Jésus est aussi pleinement humain.

 


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