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Végan

 

 

6 janvier 2020

Le véganisme est-il une religion ?

 

En Angleterre, Jordi Casamitjana était employé dans une association qui milite contre les sports cruels (The League Against Cruel Sports). Il est aussi végan. Et il a été licencié pour « inconduite » prétend l’association. Jordi lui clame que c’est parce qu’il est végan et que de plus il a osé dévoiler que l’association investit ses fonds de pension dans des entreprises qui testent leurs produits sur les animaux.

Ce vendredi 9 janvier, les prudhommes doivent décider si l’on peu considérer le véganisme comme une croyance philosophique où même être proche d’une religion. Alors que Jordi soit végan, il n’y a aucun doute : il se dit végan pour des raisons « éthiques » et fait campagne pour en convertir d’autres. Et ses croyances affectent sa vie entière comme le montre bbcnews :
Par exemple, il marche plutôt que de prendre un bus car celui-ci pourrait tuer accidentellement insectes ou oiseaux. Il essaye d’exclure tout vêtement issu de l’exploitation d’animaux comme la laine ou le cuir et les produits testés sur des animaux.
De même il n’ira jamais au zoo où les animaux sont exploités...

Les prudhommes de Norwich auront à juger, selon 9 critères, si le véganisme est une croyance religieuse ou philosophique selon l’Equality Act de 2010 qui interdit de traiter un employé de manière discriminante à cause de sa religion ou de sa croyance.
Si oui, le jugement fera jurisprudence pour les végans qui pourraient demander une protection contre les discriminations dans le travail, l’éducation ou la fourniture de biens et services.
L’avocat de Jordi remarque que « le véganisme éthique est une croyance philosophique à laquelle un nombre croissant de gens adhère, au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde. »

 

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Faut-il haïr les végans ?

 

Le quotidien britannique The Guardian a publié fin octobre un très long article de réflexion sur le véganisme, avec une question : faut-il haïr les végans ? Le quotidien remarque que « la guerre contre les végans a commencé, tout doucement. »

Depuis le rédacteur en chef du magazine Waitrose de la chaîne de supermarchés du même nom, qui a dû démissionner après avoir plaisanté dans un email rendu public où il écrivait : « Il faut tuer les végans un par un ».
Ou encore le client d’une banque qui venait demander un prêt et auquel un employé, sûrement exaspéré, a dit que « tous les végans mériteraient de recevoir son poing dans la gueule ».Et c’est ce qu’a fait le client d’un restaurant où des défenseurs des animaux étaient entrés en manifestant.

Mais alors que les végans se plaignent de victimisation et vivent une discrimination semblable à celle des minorités ethniques ou religieuses, des enquêtes suggèrent qu’en fait, dans la société occidentale, les végans et les végétariens « savourent » leur statut de victimes...

En novembre 2018, rapporte encore The Guardian, l’émission à succès du matin sur la chaîne ITV « Good Mornig Britain », a organisé un débat avec pour thème : « Est-ce que les gens haïssent les végans ? ». Une semaine plus tard Vox, un média politique américain sur internet pose encore plus directement la question : « Pourquoi les gens haïssent-ils tellement les végans ? » Une escalade étonnante de propos hostiles alors même qu’un certain consensus commence à s’installer sur les vertus d’une moindre consommation de viande !

En 2016, d’après une enquête Ipsos Mori le Royaume-Uni comptait quelque 500 000 végans et parallèlement les protestations de syndicats d’agriculteurs qui crient à la « démonisation » de la viande. De fait, conclut The Guardian, l’augmentation du véganisme est moins une question de goût personnel que d’élévation du niveau de vie d’une génération ; et du système qui produit et met sur notre table viande, poisson et produits laitiers en quantité excessive : les guerres des végans ne sont pas en réalité pour imposer le véganisme mais traduisent revendication de liberté individuelle face à la crise sanitaire et environnementale.
« Nous sommes végétariens parce que 1/3 de la population mondiale meurt de faim et se couche affamée chaque soir. De fait une démarche éthique. Mais alors pourquoi tant de controverse ? D’émotion profonde ? « Pourquoi les gens haïssent-ils tellement les végans ? Alors qu’il est indéniable que nous mangeons trop de viande ? 

Cet été, un rapport des Nations-Unis dénonçait les pratiques agricoles intensives comme responsables de la destruction de forêts et les émissions de gaz produites par les troupeaux comme des facteurs majeurs conduisant la crise climatique à un point de non retour. Alors la guerre contre les végans, les propositions de certains d’interdire la consommation de viande (rouge) comme naguère l’interdiction de fumer est-elle affaire d’une majorité stupide qui défend une manière de vivre dangereuse ? « Les végans peuvent vociférer, se revendiquer plus saints que vous, contents d’eux et comme ces évangéliques qui veulent convertir le monde, mais alors qu’ils sont de plus en plus nombreux, la pire chose qu’il pourrait arriver c’est que les végans aient raison. »

 

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« Million Dollar Vegan »

 

En mars dernier, les militants du mouvement « Million Dollar Vegan », une association britannique spécialisée dans les campagnes médiatiques pour promouvoir le véganisme, avait lancé un défi au pape. Pas moins ! Ils proposaient de lui offrir un million de dollars pour ses œuvres s’il s’abstenait de consommer des produis issus d’animaux durant les quarante jours du carême, une période durant laquelle les catholiques pratiquants font pénitence et abstinence.

« Million Dollar Vegan est déjà présente dans 15 pays, explique le responsable de la campagne en France cité par le quotidien Libération. Son objectif est de combattre le changement climatique par le changement d’alimentation. On sait en effet que l’élevage industriel représente l’une des principales causes de la pollution de l’air, des cours d’eau et des sols, mais aussi de la déforestation et du gaspillage des ressources. Passer au régime végan, c’est donc l’action la plus efficace pour réduire son impact environnemental. »

40 eurodéputés ont soutenu le projet dans une lettre ouverte où ils écrivaient : « S’abstenir de produits d’origine animale pendant les quarante jours du carême, ou pour toute autre occasion, a un réel impact sur la planète et l’empreinte que chacun de nous laisse sur Terre. »

L’ex Beatle Paul McCartney, le photographe Yann Artus-Bertrand, la danseuse-étoile Sylvie Gillem et d’autres personnalités ont aussi apporté leur soutien à Million Dollar Vegan. Mais le pape a refusé. Comme l’analysait un prêtre et journaliste au magazine catholique Le Pèlerin et animateur d’un blog dédié à l’écologie : « Nous n’avons pas voulu voir l’accélération des pratiques industrielles de l’élevage, ni ses dérives... Dans les églises, ou parmi nos lecteurs, les jeunes générations se révèlent plus sensibles à ces questions. »

D’autres militent pour un monde d’avantage fondé sur la compassion et la non-violence et le respect de l’animal plutôt que son exploitation et sa souffrance. Il reste à trouver, et ce ne sera pas facile, un équilibre juste et respectueux entre les ayatollah du véganisme et de l’antispécisme dévoyé qui voudrait l’extinction des races animales domestiquées et ceux qui comme Pierre-Etienne Rault, un éleveur de brebis, l’écrivait dans le journal Reporterre : « L’antispécisme que je revendique est donc fondé sur le principe d’une reconnaissance égalitaire de l’ensemble des êtres vivants [...] Il n’est pas incompatible avec le fait d’élever des animaux. Et il ne l’est pas plus avec le principe d’en manger. Le principal est de vivre en harmonie avec son territoire et de se nourrir en conscience de ce qui fait sens. » 



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