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Antisionisme, antisémitisme

 

 

16 décembre 2019

En septembre 2012, Manuel Valls alors au gouvernement
avait dénoncé, lors d’un discours à la Grande synagogue de la Victoire à Paris où l’on fêtait le nouvel an juif, « un nouvel antisémitisme qui se cache derrière un antisionisme de façade qui aurait pris racine en France. » Le politologue Pascal Boniface lui avait répondu dans un article publié le 23 septembre 2012 par le Nouvel Obs :

« On peut être sioniste et favorable à la reconnaissance des droits du peuple palestinien. On peut également être favorable à la reconnaissance de ces droits, estimer que les Palestiniens subissent depuis trop longtemps des injustices, mais reconnaître à l'État d'Israël le droit d'exister dans des frontières sûres et reconnues. Au final ceux qui sont favorables à la solution des deux États ne peuvent pas être antisionistes. Il y a une confusion malsaine entre sionisme et hostilité à la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Or ils ne sont pas incompatibles. Cette confusion doit cesser [...] 
Car de nombreux responsables institutionnels et intellectuels juifs français qui exhortent tous les juifs à être inconditionnellement solidaires du gouvernement d’Israël ont une grande part de responsabilité dans cette confusion. L'accusation récurrente d'antisémitisme opposée à ceux qui ne font qu'émettre une critique politique du gouvernement israélien crée un amalgame tout aussi funeste et contribue à l’importation du conflit israélo-palestinien en France. De même qu'il est légitime de condamner les appels à la haine anti-juif, il ne serait pas malvenu de cesser d'ignorer les messages haineux qui sont émis par les plus inconditionnels supporters de l'actuel gouvernement israélien sur les réseaux sociaux et parfois même les radios communautaires.
Comment par exemple justifier l’inexplicable impunité de la Ligue de Défense juive, régulièrement mise en cause pour des actes de violences à l’égard de personnes qui n’ont pour seul défaut que de se déclarer solidaires de la cause palestinienne et dont beaucoup sont par ailleurs juifs ? »


 

.

 


Antisionisme-antisémitisme... La polémique est depuis longtemps latente et ne demandait qu’à resurgir lors d’une proposition de loi déposée par plusieurs députés macronistes à l’Assemblée nationale et qui sème le trouble depuis. En fait c’est le Président de la République qui avait affirmé en février dernier vouloir élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme. Les appels à s’opposer à cette proposition de loi se sont multipliés depuis : d’un collectif de 127 intellectuels juifs à l’ensemble de la gauche et de députés macronistes. Certains font remarquer que la France dispose déjà de toutes les lois qu’il faut, un arsenal juridique suffisant pour punir les actes et déclarations antisémites. Les 127 intellectuels juifs, réunit en collectif ont lancé un appel aux députés français. Le texte a été publié dans plusieurs médias dont Le Monde

« Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup de spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et de l’Holocauste, élevons notre voix contre cette proposition de résolution.
Premièrement, l’exposé des motifs de la proposition de résolution associe l’antisionisme à l’antisémitisme. Il assimile même l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble. “Pour les nombreux juifs se considérant antisionistes, cet amalgame est profondément injurieux nous déplorons que l’exposé des motifs désigne Israël comme “une collectivité composée de citoyens juifs “.
Environ 20 % de la population d’Israël sont des citoyens palestiniens, dont la plupart sont musulmans ou chrétiens. La désignation choisie occulte et nie leur existence [...] L’antisionisme est un point de vue légitime dans l’histoire juive, et il a une longue tradition, y compris en Israël. Certains juifs s’opposent au sionisme pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons politiques ou culturelles.
De nombreuses victimes de l’Holocauste étaient antisionistes. Le projet de résolution les déshonore et offense leur mémoire, Pour les Palestiniens, le sionisme représente la dépossession, le déplacement, l’occupation et les inégalités structurelles. Il est cynique de les stigmatiser comme antisémites parce qu’ils s’opposent au sionisme. Ils s’opposent au sionisme non par haine des juifs, mais parce qu’ils vivent le sionisme comme un mouvement politique oppressif. Agir ainsi témoigne d’une grande insensibilité et d’une politique de deux poids, deux mesures, sachant qu’Israël nie le droit de la Palestine à exister et mine son existence même en les considérant rétroactivement comme antisémites.
Il n’y a aucun doute qu’il existe des antisémites parmi les gens qui s’opposent au sionisme. Mais il y a également beaucoup d’antisémites qui soutiennent le sionisme.
Il est donc inapproprié et totalement inexact d’identifier de manière générale antisémitisme et antisionisme. En confondant ces deux phénomènes, l’Assemblée nationale compromettrait les efforts vitaux de lutte contre le véritable antisémitisme, qui est multidimensionnel et provient de différents secteurs de la société française. »

Ces 127 intellectuels juifs critiquant aussi le fait que la proposition de loi proposée à l’Assemblée nationale française repose sur la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste « qui associe intentionnellement la critique ou l’opposition aux politiques de l’Etat d’Israël à l’antisémitisme [...] Il suffit d’être en faveur d’une solution binationale ou démocratique au conflit israélo-palestinien, pour être considéré comme antisémite. Il en va de même, quand on blâme Israël pour son racisme institutionnalisé. On peut certainement ne pas être d’accord avec ces énoncés. Mais ces opinions sont considérées comme légitimes et protégées par la liberté d’expression dans tout autre contexte politique. Ainsi, la résolution crée un double standard injustifiable en faveur d’Israël et contre les Palestiniens. »



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