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L’islam de France sous tension

 

 

8 novembre 2019

« L’Islam de France sous tension », titrait le quotidien catholique La Croix, à la veille de la marche controversée contre l’islamophobie. Et d’une succession de polémiques dont le voile est la plus visible.

Le 28 octobre, le Président de la République a rencontré à l’Elysée, le Conseil français du culte musulman (le CFCM) et le lendemain, 29 octobre, une réunion à la Grande Mosquée de Paris, avec tous les responsables des fédérations musulmanes a débouché sur une ferme déclaration à la fois sur les signes de radicalisation sans pour autant dénier à l’autre « le droit d’avoir ses propres croyances » et pour les imams un « conseil de l’ordre des imams » qui leur délivrerait une certification mais pourrait aussi la leur retirer « en cas de discours contraires aux lois de la République. »

Lors d’une conférence de presse à l’extérieur de la Grande Mosquée, écrit La Croix, « le vice-président du CFCM a énuméré les principaux signes de radicalisation : « Tout appel à la violence, une interprétation erronée de certains textes sacrés pour légitimer cette violence, et ne pas daigner à l’autre le droit d’avoir ses propres croyances"  », c’est-à-dire la liberté de croire.  

Une manière pour le CFCM de prendre le contre-pied des « signes » relevés le 9 octobre par le ministre de l’intérieur commente La Croix : « au lendemain de l’attentat de la préfecture de police, le ministre Castaner avait invité les Français à être attentifs à d’éventuels changements de comportement dans leur entourage, comme le port de la barbe ou la pratique “ostentatoire“ de la prière rituelle. »

Le CFCM a proposé d’intégrer des femmes théologiennes au sein du conseil religieux. Il aussi abandonné la « prescription obligatoire» du port du voile affirmé en 2004 lors du vote de la loi sur les signes religieux à l’école. Le voile reste « une prescription religieuse » mais n’est plus obligatoire et reconnaît que les musulmanes qui ne le portent pas « ne sont pas moins musulmanes ».

Est-ce que cela suffira à apaiser les tensions autour de l’islam et de sa visibilité dans l’espace public (affaire de la femme voilée au conseil régional de Bourgogne – France – Comté le 11 octobre).

L’initiative du Sénat qui a voté dans la foulée sur proposition des républicains l’interdiction du voile aux mères accompagnatrices de sorties scolaires et alors que le ministre de l’éducation juge une telle loi « contre-productive » ne va pas dans le sens de l’apaisement !

Il y a aussi les maladresses de certains politiques, les polémiques autour de « listes communautaires » de musulmans aux prochaines élections municipales et des musulmans qui se ressentent comme « stigmatisés ». Un intellectuel musulman libéral parle même de « nation fracturée ».

Un sondage IFOP publié le 27 octobre par Le Journal du dimanche et cité par La Croix montre qu’une grande majorité de la population française « souhaite une interdiction de plus en plus large des signes religieux ostentatoires. » Et 78 % des sondés ressentent le modèle français laïque issu de la loi de 1905 comme « en danger ».

 

.

 


La Croix du 4 novembre raconte l’inauguration d’un centre communautaire israélite parisien auquel le Président de la République assistait, le 29 octobre dernier. A Joël Mergui, Président du Consistoire central, l’instance de représentation religieuse du judaïsme français, qui dans son discours s’inquiétait que les jeunes de sa communauté deviennent « les victimes d’une laïcité de combat contre l’islamisme radical qui n’est pas une religion mais une idéologie politique », le Président de la République a répondu que la laïcité n’était à son sens « ni la négation du fait religieux, ni un outil de lutte contre les religions. »

A cette affirmation La Croix répond : « Les faits semblent pourtant témoigner d’un raidissement de la société contre toute forme d’expression religieuse trop visible dans l’espace public. Ce que révèlent les polémiques sur le voile. » C’est aussi ce que dit le sondage IFOP qui montre que 75 % des Français sondés souhaitent l’interdiction de signes extérieurs religieux ostensibles pour les usagers des services publics.

Et Marien Le Pen se prononçait pour l’interdiction de la kippa en même temps que du voile dans l’espace public  en disant, citée par La Croix : « Nos compatriotes juifs ne posent aucun problème avec leur kippa. Je leur demande de faire ce sacrifice pour pouvoir mettre en place une véritable lutte contre le fondamentalisme islamiste dont ils sont eux-mêmes en partie les victimes. »

Ce à quoi un responsable juif a répondu : « Avec l’islam, il [le judaïsme] fait partie des religions les plus normatives  [...]  Le port de la kippa est le signe que les juifs se sentent en sécurité dans la société française. Demander aux pratiquants de l’enlever relèverait d’une atteinte à la liberté religieuse. »

Une déclaration a comparer à celle du Conseil du culte musulman sur le voile prescription religieuse mais qui, s’il n’est pas porté ne porte pas atteinte à la foi de la femme « en cheveux »...

La Croix cite aussi le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité : « Vous avez d’un côté une société qui continue de se séculariser. De moins en moins de Français se disent croyants. Et de l’autre, il y a une volonté plus forte qu’avant d’afficher des marqueurs religieux chez ceux qui se réclament encore d’une foi. Les musulmans ne sont pas les seuls concernés. Il y a le retour de la soutane chez les jeunes prêtres, une croissance du mouvement Loubavitch dans le judaïsme (courant ultraorthodoxe, NDLR), et un fort prosélytisme chez les protestants évangéliques qui construisent en ce moment un temple tous les dix jours dans le pays. »

Ce à quoi Thierry Le Gall, pasteur évangélique et aumônier des parlementaires répond : « Qu’on nous reproche d’être un peu décalés dans notre manière de partager l’Évangile, je l’entends très bien et nous avons certainement des progrès à faire, explique Mais certains radicaux de gauche, pour ne pas être accusés de stigmatiser uniquement les musulmans, allument des contre-feux sur les évangéliques. On ressort les vieilles marottes anticléricales qui alimentent un climat anxiogène à propos des religions au lieu de dire la simple vérité : il existe des dérives dans chacune d’entre elles. »

Chez les catholiques, on craint surtout que ce climat puisse faire peser une suspicion sur toutes propositions publiques de foi, des processions de rue comme les positionnements du clergé sur des sujets d’actualité. Quant à « l’espace public neutre » que certains réclament, « ce serait pour le secrétaire général de la Conférences des évêques, une perte pour toute la société, notamment au regard de l’apport des religions dans le domaine social. » Rien à voir, me semble-t-il avec des processions publiques ou les réactions conservatrices sur des sujets éthiques par exemple, de fidèles catholiques ou d’évêques conservateurs...

 


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