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Jacques Chirac

 

30 septembre 2019

Dans le déferlement médiatique autour de la mort du président Chirac, deux nouvelles trouvées dans l’hebdomadaire protestant Réforme. D’abord un petit texte du pasteur de Bourqueney, en forme de témoignage :

« Jacques Chirac était un homme d’énergie communicative qui aimait l’humain, écrit-il. Ma rencontre avec le président d’alors, en 2004, à Marseille, fut d’une rare intensité.  Je crois qu’il en est ainsi avec chacune des personnes qu’il aimait rencontrer. À une époque difficile de ma vie de pasteur, il fut celui qui m’a (re)donné de l’énergie [...] Il a été ma force dans une bonne décision, celle de rester pasteur. Il m’a dit les mots justes qui ont reboosté ma vocation et ma manière de comprendre ce que je devais faire. Si aujourd’hui je suis encore pasteur, et avec enthousiasme, c’est notamment grâce à cet homme qui incarnait la France. D’autres, comme Simone Veil ou Jean-François Mattéï, ont aussi été ces carrefours de vie qui m’ont aidé à choisir mes orientations, avec gratitude de ma part pour eux. Mais le regard de Jacques Chirac, les yeux dans les yeux, me marquera à jamais. Et je comprends bien que je fais partie d’une grande fraternité au bénéfice de l’énergie de cet homme. Et, pour tout vous dire je n’ai voté qu’une fois pour cet homme, lorsque la France était en danger. Même en désaccord, Jacques Chirac était pour moi la France, pour nous tous. »

 

.

 

Enfin, Réforme publie le point de vue que deux protestants, Jean-Arnold de Clermont, pasteur et ancien président de la Fédération protestante de France et le sociologue Jean Baubérot qui occupa la chaire de la laïcité à l’Ecole pratique des Hautes Etudes.

« C’était un homme toujours très chaleureux, sachant nouer des relations cordiales de manière immédiate », se rappelle Jean-Arnold de Clermont.

Un point de vue partagé par le sociologue Jean Baubérot : « Quelques secondes lui suffisaient à vous faire croire que vous comptiez parmi ses vieux copains. Bien sûr, on pouvait y voir une rouerie professionnelle, et beaucoup l’ont dit. Mais en réalité, je pense qu’il y avait chez lui une véritable sincérité. C’est une homme qui aimait la sociabilité. »

Réforme note que François Mitterrand connaissait la Bible de manière approfondie. A partir d’une culture catholique plutôt conservatrice, il s’était ouvert, au fil des années, au judaïsme et demeurait attentif à ce qu’était le protestantisme. Jacques Chirac, lui,  paraissait éloigné de la vie spirituelle. Mais il percevait vite la justesse d’un élan.

« Lorsqu’à l’issue des travaux de la commission Stasi, je me suis abstenu sur la question de l’interdiction du voile, il est venu me trouver. Il voulait connaître mes arguments, se souvient Jean Baubérot. Je lui ai répondu que je m’étais déterminé en fonction de mes analyses universitaires. Mais aussi en tant que protestant, membre d’une confession minoritaire. Chirac a bien réagi, me déclarant qu’il était sain que la décision ne soit pas prise à l’unanimité. »

A ces souvenirs positifs, on pourrait déposer le bémol de la politique africaine, souligne Réforme. Dans ce domaine, le président Chirac a fait montre d’une forme de complaisance, ou de paresse, préférant prolonger la tradition gaullienne instituée par Jacques Foccart plutôt que d’explorer de nouveaux chemins.

« En dépit de nos efforts, nous ne sommes jamais parvenus à le faire bouger, se désole Jean-Arnold de Clermont. Cet homme si attaché à la démocratie soutenait des tyrans sanguinaires quand il traversait la Méditerranée. »

Mais l’ancien président de la Fédération protestante de France estime essentiel de retenir le rôle de Jacques Chirac à l’endroit des français juifs : « En reconnaissant la responsabilité de la France, il a rendu la mémoire collective plus sereine, tout en instituant la cérémonie du Chambon-sur-Lignon ce qui me semble remarquable. Sans se donner de grands air, Jacques Chirac a toujours su reconnaître la place de la République. »

Pourquoi parler du Chambon-sur-Lignon et qu’est-ce que cette cérémonie qu’évoque Réforme ? C’était en juillet 2004. Jacques Chirac était venu au Chambon-sur-Lignon, en Vivarais, qui a été une terre d’accueil et de sauvetage pour un grand nombre de victimes de la guerre et qui est le symbole de l’opposition des protestants vis-à-vis du nazisme et de l’antisémitisme. Ce sont surtout des juifs, d’origine étrangère, puis français, qui seront sauvés, réalisant « le plus important sauvetage collectif de Juifs en France pendant l’Occupation. Le nombre exact de réfugiés sur la Plateau est impossible à affirmer, probablement entre 3500 et 5000 : si d’autres régions protestantes, Cévennes, Tarn (Vabre), Drôme (Dieulefit, surnommé « oasis de paix ») ont eu une action identique, l’importance de ce chiffre fait du Chambon-sur-Lignon le symbole de l’attitude du protestantisme français vis-à-vis des victimes du nazisme, tout spécialement des juifs. L’ensemble des habitants du Chambon-sur-Lignon a reçu la distinction « Justes parmi les Nations », seul exemple d’attribution collective.

Le 26 octobre, le quotidien, L’éveil de la Haute-Loire, rappelle cette cérémonie et le discours de Jacques Chirac en 2004 au Chambon : « Il appelle "chaque Française et chaque Français à la vigilance, au sursaut devant la montée  des intolérances, du racisme, de l'antisémitisme, du refus des différences". Dans ce lieu "chargé d'histoire et d'émotion" où "dans l'épreuve s'est affirmée l'âme de la nation, s'est incarnée la conscience de notre pays", le Président de la République "leur demande de se souvenir d'un passé encore proche, de reste fidèles aux leçons de l'histoire (...) Je les invite à toujours rappeler à leurs enfants le danger mortel du fanatisme, de l'exclusion, de la lâcheté et de la démission devant l'extrémisme. Je leur demande de manifester avec force de notre résolution, notre capacité commune à vivre dans la concorde et le respect".
Pour ce déplacement "sur cette terre d'asile" du Haut-Lignon-Vivarais, "où souffle l'esprit de la Résistance", le chef de l'Etat est accompagné de Simone Veil. L'ancienne ministre de la santé, rescapée de la Shoah, ne parvient pas à contenir ses larmes, quand Joseph Atias, ancien réfugié au Chambon-sur-Lignon, témoigne : « nous avons survécu grâce à eux (...). Ici la population parle peu, ce sont des gens de labeur qui ne m'ont jamais questionné sur mes origines et mes croyances. »


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