Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Nouvelles


Robinson Crusoe lisant la Bible à Vendredi
gravure de 1836
Church Times / British Museum

Robinson Crusoé


17 mai 2019

Le 25 avril 1719, il y a tout juste 300 ans, paraissait  « La vie et les étranges et surprenantes aventures de Robinson Crusoé de York, matelot qui vécu 28 ans sur une île déserte sur la côte d’Amérique, près de l’embouchure du grand fleuve Orénoque, après avoir été jeté sur le rivage par un naufrage où tout l’équipage périt sauf lui, avec un récit de la façon dont il fut enfin étrangement délivré par les pirates, écrit par lui-même. » 

Alors,  pourquoi 300 ans plus tard, nous vibrons encore aux aventures de Robinson Crusoé ? Un mythe littéraire, rare par sa constance, qui résonne encore en nous. Comme ces aventures avait déjà touché Jean-Jacques Rousseau, par exemple qui, en 1762, signale Robinson Crusoé comme un livre important, « le plus heureux traité d’éducation naturelle... plus utile à un enfant qu’Aristote, Pline ou Buffon » et se proposait de le donner à lire et à méditer à son Emile. Et puis, il y a ce « écrit par lui-même » en couverture, qui scelle l’authenticité, l’histoire vécue. Tout est forcément vrai, on nous précise même que ce matelot a vécu 28 ans  et le lieu où il a fait naufrage.

Et pourtant rien n’est vrai dans cette aventure, Robinson Crusoé n’a jamais existé. Mais son auteur, Daniel de Defoe a lui bien existé. Né à Londres, il n’a jamais été un homme de mer mais un homme de plume. Et il a la maestria de s’emparer d’un fait divers paru dans la presse de l’époque et d’en faire la véritable aventure spirituelle d’un homme somme toute ordinaire.

Un puritain parti à la conquête du monde, Bible et fusil à la main comme les Pilgrim Fathers, ces puritains anglais qui débarquèrent en 1620 sur les côtes américaines, histoire encore vivante pour Daniel Defoe, né en 1660 et sa famille, des presbytériens puritains modérés.
Mais être presbytérien à l’époque de Charles II, cela signifie que l’on est contre le pouvoir de l’Eglise établie, officielle, l’Eglise anglicane à qui l’on reproche, chez les Defoe et d’autres, d’être encore trop proche de l’Eglise catholique et compromise avec le pouvoir royal.  

Cela signifie aussi que l’on scrute les textes bibliques et que l’on s’administre en petites communauté sous la conduite d’« anciens », ceux qu’on appelle aujourd’hui encore des « non conformistes », des dissidents, c’est-à-dire qui ceux s’opposent à l’Eglise anglicane et qui sont interdits par exemple, des universités réservées aux anglicans.

Il lui faudra attendre l’arrivée de Guillaume d’Orange, hollandais et calviniste qui devient Guillaume III, roi d’Angleterre, pour que les non conformistes dissidents reçoivent la liberté de culte.

Daniel Defoe restera marqué par cette éducation non conformiste et la figure d'une mère muette et impérieuse comme les Tables de la Loi, surtout lorsqu’il flattera les goûts du public pour le scandale en racontant des histoires de hors-la-loi et de femmes de mauvaise vie.

Mais avec Robinson Crusoé, Defoe a un public de gens simples, dont la culture vient tout droit de la lecture assidue  du Voyage du Pèlerin de John Bunyan et de la Bible un public de tradition protestante, pétri de culture biblique acquise dès l’enfance.  
Crusoé croit au salut pour ceux qui croient en Jésus Christ et tous les événements qu’il vit, du naufrage à sa vie sur son île, sa rencontre avec Vendredi ont une signification et que la vie prépare à la vie future. Y compris sa désobéissance en s’embarquant contre la volonté paternelle, désobéissance assimilée au péché originel (d’Adam et Eve).

S’éveillant après son naufrage, désespéré, « il ne sait s’il faut finalement louer le Seigneur pour sa délivrance et il repense à sa désobéissance. Mais, ouvrant la Bible qu’il a sauvé du naufrage, les premiers mots qu’il lit, dit-il sont : « Appelle-moi au jour de la détresse je te délivrerai et tu me glorifiera. »

Révélation pour Crusoé : il priera désormais  avec l’assurance que lui procure les « mots de Dieu ». Le pardon de ses péchés le soucie plus que la délivrance de sa captivité sur l’île. De la peur il passe à l’espérance, il est « converti ».
Il continuera à progresser dans sa vie spirituelle tout en étant, durant 27 ans, un parfait colonisateur qui met en valeur les terres défrichées. Et Vendredi sera pour lui « une joie secrète d’avoir la chance de sauver l’âme d’un pauvre sauvage et de l’amener à la connaissance de la véritable doctrine chrétienne. »

Crusoé est d’une certaine manière un missionnaire né pour sauver les athées.  Témoin cette gravure de 1836 qui orne une édition de Robinson Crusoé : on y voit Robinson Crusoé dans sa caverne, en position d’enseignant dominant Vendredi assis sur le sol et lui lisant la Bible.

 


Retour

Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

•••••••••••••••••  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.