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L'évêque de Saint-David, la Très Rev. Joanna Penberthy (au centre en blanc)
était l'une des deux évêques qui soutenait la motion


Encore les femmes prêtres ?


7 mai 2019

Le Synode général de l’Eglise anglicane d’Angleterre avait voté en faveur de l’ordination des femmes en 1992 après des années de controverses et deux ans plus tard, en 1994, les premières ordinations de femmes avaient lieu.
En mai 2014, plusieurs centaines de femmes prêtres et leurs partisans avaient défilé dans Londres pour célébrer le 20anniversaire de ce qui apparu come une victoire pour l‘égalité hommes-femmes dans le clergé anglican d’Angleterre et surtout pour la fin d’une longue lutte entre conservateurs, traditionalistes, anglo-catholiques et ceux qui voulaient une Eglise anglicane dans l’air du temps et avaient balayé toutes les objections théologiques, ou de l’ordre de la Tradition, de l’œcuménisme etc. En tout cas c’est ce que les anglicanes avaient dit.

Donc en 2019, 25 ans plus tard, on pouvait penser que les femmes ayant fait leurs preuves dans les paroisses où elles sont appréciées et leur ordination n’ayant pas provoqué les catastrophes attendues, au contraire, la question serait réglée et les armes se seraient tues.
Eh bien non ! Comme les Gaulois d’Astérix, la question n’est toujours pas réglée et les évêques anglicans peuvent toujours invoquer une clause de conscience qui leur permet de refuser d’ordonner des femmes. Et l’on a vu le 2 mai dernier, dans l’Eglise anglicane du pays de Galles, que la question faisait toujours débat.

En cause une motion présentée au vote par l’archidiacre de Llandaff (près de Cardiff au Pays de Galles), la révérende Peggy Jackson, qui trouvait, en résumé, que 25 ans après les premières ordinations de femmes, le temps était venu de supprimer cette clause de conscience pour les évêques et proposait que les traditionnalistes qui refusent l’ordination des femmes soient eux-mêmes interdits d’ordination.
Hélas, sa motion a été rejetée par 63 voix contre 20 abstentions et 19 voix pour dont trois évêques gallois. Un échec : la révérende a essuyé des critiques pour avoir « sans nécessité » soulevé à nouveau « une question qui divise et ravive des plaies dans l’Eglise anglicane du pays de Galles sur la voie de la guérison », a déclaré un membre laïc du synode. « Il est temps de tourner la page. »

Et une femme prêtre : « Je sais la douleur d’avoir ma vocation niée [par certains évêques qui refusent l’ordination aux femmes] mais je me refuse à infliger pareille douleur à d’autres » a-t-elle expliqué pour justifier son rejet de la motion. Et un aspirant à l’ordination a affirmé que les blessures de la première génération de femmes prêtres étaient refermées et qu’il y avait une atmosphère de respect mutuel entre les diverses traditions dans l’Eglise.
A ces paroles qui se voulaient apaisantes, (trop ?) la révérende Jackson à l’origine de la motion a rappelé sa demande : que les traditionnalistes qui veulent devenir prêtres ou évêques acceptent l’existence de prêtres femmes dans l’Eglise anglicane du pays de Galles ou alors que l’Eglise leur refuse l’ordination.

« Cela ne veux pas dire qu’il n’y a pas de place pour les traditionnalistes mais l’Eglise ne devra plus instaurer [comme elle l’avait fait en 2014] une juridiction et une doctrine parallèles ou alternatives pour les garder. » Et les évêques ne devront plus présider des cérémonies d’ordination séparées pour les candidats traditionnalistes.

On a aussi entendu l’archidiacre de Cardigan, William Strange, l’un des leaders d’un mouvement conservateur gallois anglican expliquait benoîtement que « si l’Eglise avait une bonne chose à faire c’était de montrer à la société comment on pouvait vivre une diversité douloureuse avec charité. » Ce saint homme parle avec légèreté de la « douleur », des femmes, bien sûr, mais on peut y remédier tout de suite en étant inclusif et cela il n’en est pas question ! Il préfère se complaire dans la « diversité douloureuse » !

 

Cathédrale de Wakefield.
Le doyen a supprimé la notice indiquant des noms des célébrants
credit:istock


En mars déjà, l’hebdomadaire anglican Church Times avait consacré une nouvelle à propos d’un paroissien anglican régulier de la cathédrale de Wakefield (une ville du Royaume-Uni voisine de Leeds).
L’homme en question avait écrit au doyen et à l’évêque du lieu pour se plaindre que le doyen de la cathédrale ait supprimé l’annonce à l’avance du nom du célébrant sur le panneau de la cathédrale. Il faisait valoir qu’il était la 3génération de paroissiens de cette cathédrale, en fait son église paroissiale, et qu’il refusait d’assister à un service et communier lorsque c’était une femme-prêtre qui présidait.

Réponse du doyen de la cathédrale :
« Ne pas annoncer à l’avance qui est le célébrant permet de se centrer sur la communion qui est centrale et non sur l’individu qui la préside. L’ensemble du clergé de la cathédrale, homme et femme, continuera à vous accueillir chaleureusement et que votre présence au service sera précieuse, que vous communiez ou pas. »

Quant à l’évêque, président d’un groupe traditionaliste, il a répondu qu’il partageait le point de vue de ce paroissien mais que « malheureusement [unfortunately], le doyen et le chapitre [les prêtres attachés au service de la cathédrale] étaient déterminés à maintenir cette nouvelle pratique. »

Le paroissien a fait appel à un juge ecclésiastique anglican pour trancher le litige mais celui-ci a répondu qu’accepter « que quelqu’un insiste pour connaître le nom du célébrant afin d’éviter de venir au service si c’est une femme-prêtre c’est encourager la discrimination et une option théologique que la majorité de l’Eglise anglicane d’Angleterre ne partage pas. Même si une minorité dans l’Eglise refuse de recevoir les sacrements de femmes-prêtres. [...]  Et que si certains choisissent de s’exclure eux-mêmes, je n’y peux pas grand chose. » Mais que l’ouverture et la transparence sont toujours préférable entre chrétiens...

 


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