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Catholiques

de la stupeur à la colère

 


2 avril 2019

« Catholiques : de la stupeur à la colère », c'est le titre l’éditorial du Monde du 26 mars. L’énumération des « affaires » concernant des scandales liés à la sexualité, que ce soit de pédophilie ou de viols de religieuses s’accumulent, apportant accablement, écœurement, honte, humiliation, stupeur, mais aussi tristesse, révolte ou sentiment d’avoir été trahi accablent les catholiques.

« Pour beaucoup de catholiques, écrivait Le Monde, c’est tout le système ecclésial qu’il faut changer afin de créer une culture de discussion et donner plus de place aux laïcs, et d’abord aux femmes [...] »

Mais quand on est femme, ce n’est pas facile d’accéder à un poste de responsabilité et de la garder... Ainsi, toute la rédaction, des femmes, de la revue mensuelle Donne, Chiesa, Mondo de L’Osservatore Romano y compris la fondatrice et directrice de la revue ont démissionné la semaine passée. Dans l’éditorial du dernier numéro, et une lettre adressée au pape François, Lucetta Scaraffia, la directrice, qui enseigne par ailleurs l’histoire contemporaine à l’université de la Sapienza à Rome a expliqué les motifs de leur démission en dénonçant le « mépris » et le « contrôle masculin » sur la revue.

Le mensuel Donna, Chiesa, Mondo créé en 2012 et dont la rédaction est exclusivement composée de femmes théologiennes, historiennes, ou encore spécialistes du droit canon, s’était consacré, ces derniers mois, aux abus sexuels subis par les religieuses à l’intérieur de l’Eglise catholique et au statut économique de ces religieuses lorsqu’elles étaient cantonnées aux travaux domestiques dans l’Eglise (entretien des habitations de prêtres, d’évêques ou de cardinaux, d’écoles ou d’hôpitaux). peu ou pas rémunérés.

D’où une dissension avec le nouveau directeur de l’Osservatore Romano (dont dépend la revue féministe) : « Nous sommes beaucoup plus critiques que lui sur la condition des femmes ou des abus sexuels » a expliqué la directrice de la revue qui écrit dans son éditorial d’avril : 

« Pour la première fois, un groupe de femmes, qui se sont organisées de manière autonome et qui ont décidé en interne les tâches et les arrivées de nouvelles rédactrices, a pu travailler au cœur du Vatican, avec intelligence et des cœurs libres, approuvées et soutenues par deux papes, Benoît XVI et François. Pour le Vatican c’était une nouvelle expérience [...] mais elle n’a pas reçu l’appui de la nouvelle direction de L’Osservatore Romano qui a plutôt cherché à nous dresser les unes contre les autres au lieu de susciter des discussions ouvertes et a ainsi démontré qu’ll ne reconnaissait pas les membres de la rédaction comme des interlocuteurs valables [...] Nous jetons l'éponge parce que nous nous sentons entourées par un climat de méfiance et de délégitimation progressive... Nous considérons le choix de démissionner comme nécessaire pour sauvegarder notre dignité [...] »

Dans la lettre au pape François, la fondatrice du mensuel, Lucetta Scaraffia rappelle que depuis les années 90, des voix dénonçaient les abus sexuels contre les religieuses par des évêques et des prêtres .En février, la revue avait publié un dossier sur les religieuses violées, forcées à avorter ou à élever seules parce que chassées de leur communauté, des enfants jamais reconnus par leur prêtre de père. Dans la foulée, le pape François a admis pour la première fois tout récemment de tels abus commis par des prêtres.  Et Lucetta Scaraffia alerte François sur la reprise en mains de leur mensuel par un « contrôle masculin » et « clérical » avec la nomination du nouveau directeur de L’Osservatore Romano.

 

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La semaine passée, Le Dauphiné libéré, un quotidien de la région Rhône Alpes, mais aussi Le Point, La Croix ou encore La Vie et d’autres médias ont publié des analyses du livre de Véronique Margron, religieuse dominicaine et présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France.

Son livre, écrit en collaboration avec le rédacteur en chef du Point a pour titre « Un moment de vérité » (Albin Michel).
« Théologienne de renom, elle a fait de la lutte contre les abus sexuels au sein de l’Eglise catholique un combat acharné qu’elle mène sans relâche [...] Religieuse engagée et accablée par la faillite morale d’une institution à la quelle elle a donné sa vie », commente Le Dauphiné libéré.

Véronique Magron est une religieuse en colère contre l’Eglise qui a trahi « la confiance des enfants et de leurs proches », qui ne s’est pas dressée « pour les protéger » et qu de surcroit, en couvrant les coupables a « piétiné ce qui la fonde ».

« Ce temps est grave et lourd, bouleversant, parce qu’il ne s’agit pas seulement de crimes individuels mais aussi de pratiques institutionnelles détestables », écrit encore Véronique Magron. « Il y a crise non pas simplement par l’accumulation d’actes isolés condamnables, mais et surtout, parce que ces agressions ont été cachées, minimisées, voire couvertes pendant des décennies par des responsables religieux. »

Et la théologienne proclame qu’il n’est pas suffisant de prendre la mesure du scandale et de toutes ces vies « fracassées », mais il faut que l’Eglise se réforme, « un effort colossal pour profondément changer ses mœurs ».

Et parmi les « douze travaux » de l’Eglise que la théologienne a listés, celui de « désacraliser la figure du prêtre », d’en finir avec le modèle de l’« autorité solitaire », « l’homme fort ». Mais aussi de repenser tout le système clérical.
Et « de faire place aux femmes trop souvent assignées à des tâches d’intendance et de gestion. Attaquer le cléricalisme ne se fera pas sans la réelle place des femmes dans toutes les responsabilités. »

La question du célibat des prêtres est aussi abordée dans ces douze travaux : il se peut, écrit-elle, que « cette voie du célibat attire des hommes avec des fragilités affectives qui risquent de s’avérer dangereuses ».

 

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Dans une tribune parue dans Le Monde le 25 septembre 2018, la théologienne Véronique Margron en appellait déjà à
« faire la vérité, toute la vérité, sur cet océan de noirceur que sont les scandales de pédophilie dans l’Eglise, quoiqu’il en coûte [...]. Oui, l’Eglise est gravement et lourdement coupable. Sa responsabilité est plus grande que les autres institutions touchées – et elles le sont toutes –, car elle prétend, au nom même de l’évangile du Christ, transmettre un art de vivre ensemble, dire le vrai, le juste et le bien, le moral et l’immoral.
« L’Eglise repose sur la confiance donnée, sur une parole partagée. Sa responsabilité est donc immense d’avoir dévoyé la première et fracassé la seconde par l’ampleur de ces crimes [...] Il est encore une exigence : examiner et changer nos mœurs [dans l’Eglise catholique]. Spécialement [...] tout ce qui fait le lit des abus de conscience, des abus de pouvoir, des abus spirituels. Car la référence à Dieu est un tragique facilitateur d’emprise et d’abus où celle-ci conduit.
«  Un Dieu dont le prédateur prétend être le médiateur, le connaisseur, l’intime même, sachant non seulement où est le bien pour l’autre, mais, pire encore, ce que Dieu attend de cet enfant, de cette personne vulnérable. Ces crimes viennent ainsi vriller jusqu’au plus intime du cœur et de l’âme, là où se tenaient la foi et la confiance en Dieu, raptées par l’agresseur. Responsabilité illimitée alors que celle de l’Eglise. »

Et La théologienne Véronique Margron ne se leurre pas sur les difficultés à changer de mœurs changement de mœurs, « un exigeant et douloureux labeur, écrivait-elle, mais qui ne le sera jamais autant que le long combat que doit mener chaque victime pour tenter de reconquérir son histoire, sa liberté, un passage vers la confiance, sa vie en fait. »

 


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