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Photo Church Times

« Sorcières »

 

 

Claudine Castelnau

 

 

11 mars 2019

L’hebdomadaire anglican Church Times a récemment publié un long article sur la résurgence de « sorcières » modernes et la tentative de l’Eglise de suivre ce phénomène.

Sur internet on trouve désormais des horoscopes pour accompagner leurs milliers de disciples dans un monde en recherche et misogyne.

On se souvient qu’en octobre dernier une librairie spécialisée dans l’occultisme à New York avait lancé sur Facebook un appel à s’unir pour jeter un mauvais sort contre le candidat Kavanaugh très conservateur (maintenant juge à la Cour suprême) et soutenu par le Président Trump et qui avait été accusé par trois femmes d’agression sexuelle.

Au Royaume-Uni, les éditeurs notent que les ventes de livres traitant de mythologie ou d’occultisme ont doublé ces cinq dernières années tandis que celles concernant des « croyances alternatives », comme la « sorcellerie », l’occultisme, ont augmenté de 13 % en cinq ans.

Un magazine britannique Sabat, qui mêle « sorcellerie » et féminisme recrute depuis son lancement en 2016 la moitié de ses lecteurs en Grande-Bretagne, l’autre moitié étant américaine.

Une librairie dans Londres organise trois ou quatre événements par semaine dont un programme pour les « Jeunes sorcières urbaines ». Et le Musée de la sorcellerie et de la magie en Cornouailles, a attiré 3000 visiteurs, lors d’une exposition en 2017.

La propriétaire d’une librairie ésotérique dans Londres, qui se présente comme la « troisième génération de sorcières », juge que les sorcières américaines sont « un peu trop hystériques » à son goût comparées à celles du Royaume-Uni. Et elle relève que dans sa clientèle plus jeune, on recherche du côté de l’ésotérisme mais aussi du bouddhisme, de la mystique, de la méditation pour aider à vivre et elle relie cette recherche à l’influence d’Harry Potter et au manque de foi dans les figures d’autorité. « Naguère, les parents interdisaient à leurs enfants de venir dans ma boutique. Maintenant ils sont contents », dit-elle.

Nombre de femmes qui se disent sorcières dont celles qui appartiennent au mouvement Wicca pratiquent de manière solitaire ne se réunissant que pour des cérémonies rituelles.

Et Jean Fowler, la chapelaine païenne de l’Université d’Edimbourg décrit ce que sont ces pratiques individuelles : « méditer, avoir un petit autel avec un objet sacré pour elles, des bougies, de l’encens, parfois de la musique... D’autres se retrouvent ensemble pour délimiter un espace sacré, généralement un cercle et invoquer la protection des quatre éléments et des esprits de ces éléments afin qu’ils protègent l’espace sacré dans lequel elles prient. »

D’ailleurs l’une des définitions du mouvement Wicca dit bien cette recherche de communion avec la nature : « La Wicca n'est pas un pouvoir, c'est un art de vivre en conscience avec la terre, l'univers, les êtres vivants sous toutes leurs formes... » 

Le révérend Cudby, conseiller de l’évêque anglican de Birmingham, une ville du centre de l’Angleterre, pour les « nouveaux mouvements religieux » explique que « les adolescentes et les jeunes femmes qui s’intéressent à la Wicca préfèrent chercher elles-mêmes plutôt que d’être initiées par un prêtre Wiccan, au grand désarroi des vieux païens. » Ce que déplore la libraire de Londres : « Ces jeunes n’ont pas compris que la sorcellerie est une religion, avec un Dieu et une déesse à vénérer et non pas un  fournisseur de services » et une sociologue de Boston estime que moins de 20 % de celles qui sont en recherche restent dans le mouvement.

En Angleterre, une prêtre anglicane est en charge de Glastonbury, un haut lieu d’ésotérisme, mais aussi des chapelains païens existent dans certaines universités, comme à Edimbourg, dans des hôpitaux et des prisons.

Et depuis 2009, il existe une Police Pagan Association qui réunit des officiers de police et la Fédération Païenne a été admise comme membre du réseau interreligieux en 2014 après avoir rejoint le Conseil pour l’éducation religieuse d’Angleterre et du pays de Galles.

Une universitaire relève que « les jeunes sont actuellement fascinés par ce mélange de pouvoir et de souci de l’environnement de la sorcellerie : ne pas faire de mal à autrui et une approche libérale des questions d’homosexualité, de transgenre. Le temps des sorcières du Moyen-Age est fini depuis longtemps mais une sorcellerie qui célèbre le corps des femmes et leurs expériences de grossesse, de naissance, de ménopause attirent toujours les femmes parce qu’elles leur offrent plus d’accompagnement. »

Et le conseiller de l’évêque de Birmingham et de l’Elise anglicane d’Angleterre s’interroge : « Il y a un nombre important de gens qui se revendiquent comme ”sorciers chrétiens”, qui ont une foi plus ou moins orthodoxe mais sont certains d’avoir des dons spéciaux qu’une partie de l’Eglise pourrait considérer comme des dons prophétiques. Pourquoi certains quittent le christianisme pour la sorcellerie ? Certains parce qu’on ne leur permet pas de poser des questions, d’autres parce qu’ils trouvent l’Eglise très froide et sans spiritualité [...] Cette génération n’aime pas les grandes institutions. Les gens ne veulent pas qu’on leur dise ce qu’il faut croire, ils veulent l’explorer eux-mêmes. »
Et ce prêtre anglican, conseiller de l’évêque, a fondé avec d’autres « l’Eglise de la Forêt, pour permettre à ceux qui préfèrent prier Dieu dans un lieu ouvert, qui préfèrent prier Dieu à travers sa création », en Angleterre, au pays de Galles, en Ecosse.
« Nous nous réunissons une fois par mois quelque soit le temps, nous prions, je fais une méditation puis les gens parlent entre eux, puis nous discutons et enfin nous allons au pub du coin pendant une heure. Ce n’est pas dogmatique, il n’y a pas de credo mais c’est absolument centré sur le Christ. »

Il reste que la sorcellerie pose un vrai problème avec certains de ses adeptes et leurs pratiques potentiellement dangereuses. Et la confusion que le terme « sorcellerie » porte en lui : référence aux sacrifices rituels d’enfants, au satanisme, la magie noire... Et du côté païen, on se souvient des persécutions anciennes des Eglises.

Il reste que « les jeunes chrétiens sont de plus en plus nombreux à trouver sympathiques ces jeunes païens qui dénoncent le sexisme des Eglises et leur manque d’engagement envers la création. »

 


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