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Hijab de running

 

 

Claudine Castelnau

 

 

5 mars 2019

Levée de boucliers en France après l’annonce de l’entreprise Décathlon spécialisée dans le sport, de mettre en vente un « hijab de running », traduction : « un hijab pour courir » destiné aux femmes musulmanes voulant faire du sport et mieux encore, toujours selon Décathlon : « Rendre le sport accessible à toutes les femmes du monde ».

Annoncé dans un premier temps comme commercialisé au Maroc, l’objet en question avait traversé la Méditerranée pour être vendu dans certains magasins de la marque, puis sur commande, puis plus du tout, au bout de 24 heures... Entre temps, un tollé avait accompagné l’annonce de la mise en vente de l’accessoire en France et avait alors été dénoncée par plusieurs politiques et associations sur les réseaux sociaux.

Le quotidien Huffington Post a publié le 27 février la réaction de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes hommes et de la lutte contre les discriminations :

« [...] Je ne crois pas que porter le voile soit un signe de liberté. Je ne crois pas que porter le voile soit un signe d'émancipation des femmes. C'est ma conviction. Je conçois qu'on en ait une autre. La loi de 1905 permet à chacune de "croire ou de ne pas croire" sans être inquiétée pour cela. Dès lors que c'est leur choix, leur liberté de conscience, il ne me semble pas opportun d'interdire aux femmes de porter un hijab, ou tout autre accessoire similaire tant qu'il respecte la loi.
En revanche, il me semble nécessaire de questionner ce choix philosophiquement. Comme il me semble nécessaire de questionner – j'insiste, de questionner - toute intrusion du religieux dans les questions de société. Car, de même que chacun peut "croire" sans être inquiété pour cela, chacun peut "ne pas croire", interroger et critiquer les pratiques religieuses fussent-elles légales. C'est aussi cela, l'esprit de la loi de 1905.
Aucune question n'est interdite, il n'y a pas de délit d'opinion, y compris pour les athées et les laïques, il n'y a pas de blasphème en France. Au-delà des principes, il y a des personnes. La voix de la France est attendue par des femmes partout dans le monde. Quel message la France adresse-t-elle aux femmes courageuses qui, dans plusieurs pays du monde, retirent leur voile au péril de leur vie ?
Quel message adressé aux jeunes filles qui, en France même, n'ont pas d'autres choix que de se couvrir toujours davantage avant de sortir de chez elles ? Le choix pour ces femmes devrait-il se résumer à un dilemme tel que : rester chez soi ou sortir couvertes ? La réponse à ces questions ne se trouve pas chez un équipementier [Décathlon], c'est une réponse politique. 
La République française est une démocratie sociale indivisible. Nous ne sommes pas une addition de communautés, il n'y a qu'une seule communauté: la communauté nationale [...] La laïcité dans toutes ses composantes, l'égalité femmes-hommes dans toutes ses composantes, dessinent ce cadre commun. »

Autre réaction sur ce « hijab de course », celle de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du quotidien Libération, dans sa Lettre politique du 27 janvier titrée « Vade retro hijab » :

« Ces couvre-chefs destinés en priorité au Maroc se sont retrouvés en France. Aussitôt le débat identitaire qui empoisonne la vie publique s’est mis en branle, écrit-il. Aux habituels noms d’oiseaux d’un camp : "communautarisme", "islamisme", "soumission" répondent ceux du camp adverse : "islamophobie", "racisme", "sectarisme", "laïcard", etc.
Mais Décathlon, au cours de la journée, reçoit des centaines de messages haineux, souvent racistes, accompagnés de menaces de mort. Soucieuse de la sécurité de ses employés, la firme, après avoir maintenu sa position, décide de battre en retraite : le foulard maudit est retiré de la vente.
Rappelons que la laïcité, acquis précieux de la République, suppose la neutralité religieuse de l’Etat, mais aussi la tolérance et le traitement égal envers les cultes, qui ont le droit, sous certaines conditions d’ordre public, de se manifester dans l’espace commun.
En d’autres termes, la laïcité protège le culte musulman comme les autres et ne saurait justifier des attaques insultantes, intolérantes ou xénophobes. Mais la loi française protège aussi la liberté d’expression.
On a donc parfaitement le droit, dès lors qu’on ne s’adonne ni à l’insulte, ni à la discrimination, ni a fortiori au racisme, de critiquer la religion musulmane, comme les autres.
On a parfaitement le droit, dès lors qu’on s’exprime de manière respectueuse, civile, de remarquer que dans beaucoup de cas (pas tous mais beaucoup), le hijab est un signe de soumission pour la femme, que sa multiplication dans certains pays musulmans est concomitante avec la montée en puissance des partis intégristes, que dans les classements établis par divers organismes internationaux sur le droit des femmes, les dix nations les plus retardataires en la matière sont, pour l’essentiel, des pays musulmans.
Nombre de musulmans, au demeurant, s’inquiètent de son apparition de plus en plus fréquente, ce qui montre que le débat n’est pas strictement communautaire. Voilà ce qu’on pourrait dire, ou contester, si nous étions dans un débat rationnel. Voltaire réveille-toi... »



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