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Églises orthodoxes

 

 

Claudine Castelnau

 

 

11 février 2019

La reconnaissance d'une Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante du patriarcat de Moscou par le patriarche de Constantinople, qui est l'autorité spirituelle et symbolique des chrétiens orthodoxes, a fait beaucoup de bruit dans le monde orthodoxe.

Une centaine de paroisses d'Ukraine auraient déjà, fin janvier, quitté l'Eglise orthodoxe russe et  rejoint la nouvelle Eglise d'Ukraine sous la houlette du métropolite Epiphane dont le nom remplace désormais celui du patriarche russe Kiril dans les prières de la liturgie.

Une révolution pour une Eglise conservatrice et un événement historique. Car c'est à Kiev, la capitale ukrainienne, que selon la tradition, le monde slave oriental est devenu chrétien avec un acte fondateur, le baptême du prince Vladimir de Kiev puis de son peuple, à la fin du Xe siècle.

Et les orthodoxes ukrainiens étaient rattachés à l'Eglise russe depuis 1686. « L'unité religieuse était devenue l'un des attributs de l'union politique des deux peuples. Un symbole mis à mal depuis la chute de l'URSS. Dans le contexte actuel de guerre hybride entre l'Ukraine et la Russie, la prédominance de l'Église russe a été de plus en plus contestée », relève un journaliste cité par le site Religiscope qui souligne la part importante prise par le président ukrainien Petro Porochenko dans les négociations avec le patriarche de Constantinople. 

« Si nous avons rejoint [la nouvelle Eglise ukrainienne] c'est parce que nous sommes des patriotes de notre propre pays », dit une paroissienne de l'une de ces nouvelles paroisses et « de fait, Petro Porochenko présente l'indépendance de l'Église ukrainienne comme l'un des aspects déterminants de "l'identité nationale" », alors même que l'Ukraine est un pays aux confessions multiples. 

 

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Alors promouvoir  une sorte de « nationalisme religieux » est sûrement dangereux mais l'indépendance de l'Eglise orthodoxe ukrainienne et le geste de séparation territoriale entre Kiev et Moscou qu'il représente est très « populaire. »

D'autant, relève encore Religiscope, que cette indépendance nouvelle de l'Ukraine « s'accompagne de mesures linguistiques, culturelles, politiques et économiques qui visent à rompre les liens entre deux républiques postsoviétiques [Russie et Ukraine] autrefois très liées. »

De plus, l'Eglise orthodoxe russe en Ukraine [qui est rattachée au patriarcat orthodoxe de Moscou], est accusée d'avoir soutenu en sous-main l'intervention militaire du Kremlin dans l'est de l'Ukraine dans ses prières comme dans ses actions, que Kiril, le patriarche de Moscou et fervent soutien de Poutine, a ouvertement approuvé en 2014 l'annexion par Moscou de la Crimée, territoire ukrainien et que « plusieurs prêtres orthodoxes russes ont épaulé les forces pro-russes et russes dans la guerre du Donbass qui a déjà causé plus de 1000 morts. »

L'article note tout de même que le mouvement pour quitter l'Eglise russe qui compte quelque 30 millions de fidèles en Ukraine et pour se rattacher à l'Eglise d'Ukraine est lent : plus de 100 paroisses dans le pays ont déclaré vouloir faire le pas mais plus de 11 000 paroisses dépendent encore du patriarcat de Moscou... et les heurts violents parfois n'ont pas manqués entre paroissiens pour prendre le contrôle de paroisses et du riche patrimoine foncier de l'Eglise russe et il a fallu lancer un inventaire et que le parlement ukrainien légifère sur ces biens fonciers et objets précieux des uns et des autres.

L'instrumentalisation politique du religieux est évidente en ce moment avec les élections présidentielles annoncées pour mars où le président Petro Porochenkoqui se présente à nouveau, souligne l'article. Et l'activisme du Président inquiète certains, comme cet archimandrite qui dit : « Nous voyons que la notion de séparation de l'Eglise et de l'Etat est malmenée. Il ne faudrait pa2s que la nouvelle institution [l'Eglise orthodoxe ukrainienne] ne soit qu'une version ukrainienne de l'Eglise russe [très politisée et liée au pouvoir]. »

Et le magazine en ligne Slate  écrivait récemment : « Comment oublier que l'orthodoxie est un pilier de l'identité nationale russe, qu'en Russie, même si la pratique religieuse n'est pas plus élevée qu'en France, l'appartenance nationale et l'appartenance religieuse ne font qu'un ? L'écrivain Soljenitsyne disait déjà : « Si nous les Russes, nous en venions à tout perdre – territoires, populations, gouvernement –, il nous resterait encore et toujours l'orthodoxie. »

Et encore : « Vladimir Poutine et l'actuel patriarche Kiril de Moscou se rejoignent dans cette même vision d'une orthodoxie comme ferment de la civilisation russe face à la décadence européenne et occidentale. »



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