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L’Église en Macédoine

 

 

Claudine Castelnau

 

28 janvier 2019

Le Parlement grec a entériné par 153 voix sur 300 vendredi dernier 25 janvier l’accord de Prespa. Cet accord signé en 2018 entre la Grèce et l’ancienne République yougoslave de Macédoine prévoyait que cette dernière pourrait prendre le nom de Macédoine du Nord si le Parlement grec donnait son accord.

Après 30 ans d’affrontements entre Grecs et entre Grecs et Macédoniens, les Grecs ayant peur que les Macédoniens ne revendiquent la Macédoine grecque, et des débats particulièrement houleux au Parlement grec pendant trois jours la semaine passée avant le vote, une normalisation des relations entre les deux pays est attendue. Et la possibilité pour la nouvelle « Macédoine du Nord » de faire acte de candidature à l’Union européenne, bloquée jusqu’ici par la Grèce à cause de cette affaire de nom.

Dans cette longue dispute qui durait depuis l’indépendance de la Macédoine, séparée de la Yougoslavie en 1991, l’Eglise orthodoxe grecque s’opposait aussi à ce que ce pays des Balkans s’approprie le nom de Macédoine, au prétexte qu’elle -l’Eglise orthodoxe grecque - était garante de l’histoire nationale et de l’identité grecques menacées.

Comme l’expliquait une sociologue grecque interrogée par le quotidien suisse Le Temps : « Quand tout s’écroule, le seul élément stable auquel les Grecs pensent pouvoir se raccrocher est leur identité. Mais la Grèce est un petit pays avec une grande et lourde histoire. La Grèce a un problème énorme d’identité, avec d’un côté une Grèce antique perçue comme glorieuse et une Grèce moderne considérée comme misérable. »

 

.

 


Le père Nicolas Kazarian, historien et enseignant à l’Institut orthodoxe Saint-Serge à Paris expliquait dans une interview en 2018 parue sur un blog russe, pourquoi la Macédoine est un test pour l’Eglise orthodoxe grecque :  
« Au XIXe siècle, la Grèce a mis l’Église au cœur de la machine symbolique qui va forger l’identité grecque. C’est un pays où l’identité est une question sacrée. Ainsi l’appellation de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine est vue comme une réappropriation culturelle par Skopje de l’histoire grecque. Pour l’Église orthodoxe grecque, l’usage de ce nom de Macédoine est perçu comme une forme de révisionnisme historique. »

L’historien orthodoxe explique encore que « L’Eglise orthodoxe grecque reproche au premier ministre Alexis Tsipras de négocier avec le pouvoir macédonien. Ces dernières années, rappelle-t-il, le Premier ministre et l’Eglise orthodoxe grecque se sont opposés sur des questions économiques et sociétales. »

Une séparation de l’Eglise et de l’Etat a été envisagée. Mais aussi le combat perdu de l’Eglise contre l’Union européenne qui a exigé le retrait de la mention de religion des cartes d’identité grecques ou encore la remise en question du financement par l’Etat de cette Eglise qui par ailleurs échappe à l’impôt alors qu’elle a un très important patrimoine foncier et immobilier (deuxième propriétaire après l’Etat).

« La position du pouvoir religieux grec sur la Macédoine serait en somme un prolongement du conflit larvé entre Alexis Tsipras et l’Église orthodoxe grecque », pense l’historien. Quant à l’Eglise orthodoxe de Macédoine qui regroupe représente 65 % de la population, contre 33 % de musulmans et 0,37 % d’autres Eglises chrétiennes, elle est autocéphale depuis 1967 (séparée sans sa bénédiction de son Eglise-mère le patriarcat de Serbie) et elle est en communion avec d’autres Eglises dissidentes et autocéphales, comme l’Eglise orthodoxes d’Ukraine qui vient de voir reconnue son indépendance de l’Eglise orthodoxe russe, par le patriarche de Constantinople malgré l’opposition des Russes soutenus par Poutine.

Une raison de plus de nourrir la colère du reste de l’orthodoxie grecque et autres, à commencer par les bons moines du Mont Athos, leur « sainte montagne », qui en sont descendus pour manifester l’an dernier à Athènes contre la reconnaissance de la République de Macédoine...



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