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Morts d’autrefois

 

Claudine Castelnau

 

21 janvier 2019

L’histoire d’une nonne du Moyen-Age dont les restes ont été retrouvés en Allemagne s’est répandue de manière incroyable. Le squelette a été découvert sur le site d’un ancien complexe religieux qui associait un monastère, une église et un cimetière que des sources historiques situent entre le Xe et le XIVe siècle lorsqu’il fut détruit. On sait aussi qu’une communauté de 14 femmes y vécut.

L’étude des restes, enregistrés sous le matricule B78 révèle que cette religieuse est morte au XIe ou XIIe siècle, qu’elle avait entre 45 et 60 ans et qu’il n’y a pas trace d’une quelconque maladie ou choc qui aurait provoqué sa mort. Jusqu’ici rien d’extraordinaire, des os on en trouve souvent, surtout sur l’ancien emplacement d’un cimetière !

Mais en examinant les dents de cette religieuse, et plus précisément le tartre qui les recouvrait, lors d’analyses plus poussées, on a découvert avec surprise la présence de centaines de particules d’un pigment extrêmement rare et extrêmement cher à l’époque sur ses dents. Un pigment bleu, que la presse nomme parfois « ultramarine », du nom anglais pour bleu d’outre-mer, obtenu à partir de lapis-lazuli broyé, plus cher que l’or à l’époque.

On sait aussi que ce pigment, que l’on trouvait à l’époque exclusivement dans un lieu précis de l’actuel Afghanistan, était utilisé au Moyen-Age par les religieux pour orner des manuscrits et des textes sacrés à cause de son éclat et que seuls les plus habiles des enlumineurs l’utilisaient du fait de sa rareté.

Alors comment ces petits éclats de lapis-lazuli ont-ils pu se retrouver dans la plaque dentaire d’une religieuse allemande vivant au Moyen Age et de manière suffisamment importante pour que ne soit pas simplement une anomalie. L’une des scientifiques cosignataire de l’analyse citée par Le Monde explique :

« En nous basant sur la distribution du pigment dans la bouche, nous avons conclu que le scénario le plus probable était que cette femme utilisait le pigment pour peindre et qu’en peignant, elle léchait le bout du pinceau pour le rendre plus fin. »

Ce que confirme une autre archéologue, spécialiste du Moyen Age : « Mettre le pinceau dans sa bouche est comme un réflexe. Pour que le pigment soit figé dans le tartre, cela implique un geste régulier et répétitif. »
Et elle ajoute :
« Contrairement à ce que montre “Le Nom de la rose” d’Umberto Eco, la production des manuscrits au Moyen Age n’était pas réservée aux moines. C’est le premier témoin matériel de cette idée de la femme copiste, qu’on ne connaissait jusque-là qu’à travers les textes [...] C’est la force de l’archéologie que de donner des traces concrètes, une matérialité à une histoire. » 

La chercheuse souligne qu’une petite découverte ponctuelle, un pigment bleu dans du tartre vieux de près de mille ans, « permet aussi d’ouvrir des perspectives sur le commerce avec l’Afghanistan ou la place des femmes dans la société du Moyen Age. »

L’hebdomadaire américain Newsweek dans un long article sur son site le 9 janvier insiste sur le fait qu’enluminer les manuscrits de copistes  étaient croyait-on réservé aux moines. Et là on découvre une femme.

Si la plupart des textes religieux ne sont pas signés au Moyen Age, cette nonne allemande donne à voir que les femmes peignaient aussi et utilisaient des pigments très rares et chers. « L’histoire des femmes serait restée cachée à jamais si l’on n’avait pas utilisé ces techniques scientifiques. Je me demande combien d’autres artistes femmes on pourrait découvrir dans ces cimetières du Moyen Age si seulement on cherchait », dit une spécialiste d’histoire du Moyen Age de l’Université de St Andrews en Ecosse.

Autre perspective étonnante due à cette découverte : le monde médiéval était interconnecté avec ce lieu lointain d’Afghanistan et ce produit rare a pu arriver jusqu’à un couvent de femmes sans grande importance dans l’ouest de l’Allemagne, où l’on produisait des manuscrits enluminés. Voilà qui incite à aller au delà de la vision d’une Europe médiévale coupée du reste du monde. Et des textes sources, la plupart écrits par des hommes, sur des hommes et pour des hommes, spécialement les riches et les puissants. 

 

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Et puisqu’on parle os et Moyen-Age, j’ai retrouvé un texte paru dans l’hebdomadaire anglican Church Times
en avril 2017. On y raconte que des villageois au Moyen Age en Angleterre mutilaient les corps de certains de leurs morts, malfaisants durant leur vie, pour éviter qu’ils ne menacent à nouveau les vivants.

On a ainsi retrouvé des restes humains lors de fouilles archéologiques dans une tourbière du Yorkshire abandonnée au 16e siècle. On croyait ferme que certains pouvaient revenir d’entre les morts, en angalis les « undead » répandant des maladies et attaquant ceux qui les rencontraient et certains textes expliquent comment se préserver de ceux qui n’étaient pas définitivement morts en les enterrant profondément, en les décapitant ou en les démembrant et en brûlant encore leurs restes.

137 os ont été ainsi découverts, correspondant à 11 personnes ayant vécu entre le 11e et le 14e siècle. Certains on d’abord pensé avoir trouvé là une sorte de cannibalisme de villageois affamés puis on a découvert que c’étaient des habitants du village et qu’on avait voulu en les brûlant ou en les démembrant les empêcher de sortir de leur tombe. « Sauf erreur, nous avons trouvé la preuve archéologique de cette pratique qui nous montre un côté sombre des croyances médiévales  et de la manière si différente de concevoir le monde au Moyen Age », commente The Journal of Archaeological Science Reports, une revue scientifique américaine.



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