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Une société patriarcale

 

 

Claudine Castelnau

 

14 janvier 2019

Elles sont devant le Parlement croate, ces femmes, déterminées à lire des témoignages de femmes témoignant de la brutalité des traitements subis dans certains hôpitaux de la part du personnel hospitalier et médecins après une grossesse ou un accouchement. Un mouvement qui fait écho à #Me Too.

Ces femmes, porte-parole de 400 femmes croates, protestent contre la « violence obstétrique », la brutalité des traitements qui leur ont été infligés et qu’on subi des femmes depuis des décennies. Il aura fallu qu’une députée de l’opposition ose témoigner au Parlement sur son cas pour qu’un débat « #Break the silence » commence dans les médias.

Cette députée avait décrit le traitement qu’elle qualifiait de « médiéval » qu’elle avait subi après une fausse couche. « Ils m’ont attachés bras et jambes pour un curetage sans anesthésie. Ce furent les 30 minutes les plus douloureuses de ma vie », a-t-elle raconté, devant des députés choqués. Le ministre de la Santé a réagit en accusant la députée de fabuler et défendant les hôpitaux croates, mais nombre de Croates, spécialement des femmes, ont pris la défense d’Ivana Nincevic-Lesandric.

BBC News qui relate l’affaire relève que la « Croatie est majoritairement catholique et que beaucoup de Croates sont réticents à aborder la question de la santé des femmes dans cette société patriarcale. » Et pourtant, en un week-end, les militants ont reçu des témoignages de 400 femmes qui ont été remis au ministre. Des témoignages qui racontent des biopsies, ou des réparations après une épisiotomie faites sans anesthésie ou encore des exemples d’abus de langage durant l’accouchement lorsque la femme se plaint et qu’on lui rétorque qu’elle doit payer maintenant.

L’une des femmes se souvient de l’humiliation endurée lorsqu’on a extrait le placenta après l’accouchement : « Ils ont procédé sans m’expliquer, l’infirmière me maintenait, je ne peux dire la souffrance. Je suppliais qu’on s’arrête mais le médecin a continué, il était comme un boucher avec du bétail. »

Le ministre de la Santé croate et l’hôpital mentionné ont rejeté ces témoignages, de vagues explications sur le manque d’anesthésiste ou le manque de formation ont été évoquées...

Il y a aussi la vieille idée que les femmes peuvent supporter la douleur mieux que les hommes. La lutte va donc continuer, espèrent les militantes, depuis que le silence a été brisé...


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En mai 1996, le site de l’Express avait publié une réflexion sur « La souffrance est-elle rédemptrice ? » : « On n'est pas moins surpris, écrivait l’hebdomadaire, de constater que cette dualité du langage religieux a souvent servi d'alibi à des médecins qui y trouvaient prétexte à justifier leur propre comportement. »

Ainsi lorsque le sénateur Lucien Neuwirth, celui-la même à l’origine de la loi Neuwirth autorisant la pilule contraceptive, en1967, organisa, en décembre 1994, une confrontation entre spécialistes et personnalités religieuses sur le thème de la douleur. Il entendit avec étonnement, rapporte L’Express un éminent gynécologue déclarer : « A travers la tradition de la Bible jusqu'aux textes fondateurs de la psychanalyse, la femme souffre. Et il doit en être ainsi pour que s'opère la distinction entre le ciel et la terre, entre le masculin et le féminin. »

« Des milliers d'accouchements sacrificiels et d'avortements expiatoires ont été exécutés sous l'emprise de ces délires à prétention spirituelle », résumait L’Express. En France, pays de mentalité catholique, contrairement aux pays de mentalité protestante comme l’Angleterre par exemple, l’idée a longtemps prévalu et prévaut trop souvent encore, ancrée dans le monde médical, de la valeur rédemptrice de la douleur même si l’Eglise catholique dénonce aujourd’hui cette idée et qu’il n’y a plus de référence religieuse explicite dans l’attitude du corps médical.

L’Express citait aussi une théologienne protestante aujourd’hui décédée, France Quéré. Ici, point de souffrance rédemptrice, inconnue du protestantisme réformé, elle affirmait que : « Le sens de la souffrance se situe toujours dans la lutte que l’homme doit mener contre elle. »



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