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Asia Bibi, les chrétiens


 

Claudine Castelnau

 

16 décembre 2018

L’hebdomadaire anglican Church Times, a publié tout récemment un appel de M. Saïf Ul Malook, l’avocat d’Asia Bibi cette chrétienne pakistanaise finalement acquittée après avoir passé près de 10 ans en prison et avoir été condamnée à mort sous la fausse accusation de blasphème. Le 31 octobre dernier, la Cour suprême du Pakistan avait annoncé son acquittement faute de doutes sur les témoignages concernant son blasphème, mais le lendemain 1er novembre se sont succédées des manifestations violentes contre le verdict de la Cour suprême.

Des milliers d’islamistes fanatiques, soutenant à grands cris les lois sur le blasphème, prenaient les rues d’assaut, dans les grandes villes du Pakistan, exigeant encore et encore la pendaison d’Asia Bibi.  Depuis elle a été mise en « sûreté » par les autorités pakistanaises et interdite de quitter le Pakistan son avocat, Saïf ul Maloook a pris le premier avion au lendemain de l’acquittement, craignant pour sa vie.

C’est depuis Frankfort qu’il a lancé lors d’une conférence de presse un appel pour que le gouvernement allemand accorde la citoyenneté à Asia Bibi et sa famille afin qu’elles aient des passeports et puissent sortir du Pakistan. L’évêque anglican de Coventry demande lui que le Royaume-Uni les accueillent. Et l’avocat pakistanais a redit que si « l’ambassadeur d’Allemagne lui donnait un passeport ainsi qu’à son mari et ses deux filles, le fait d’avoir la nationalité allemande leur permettrait de sortir tout de suite du pays parce qu’ils ne seraient plus Pakistanais. Aucun gouvernement n’a fait le geste », déplore-t-il.

On a appris aussi que le mari et une fille d’Asia Bibi se sont rendus en Angleterre en octobre pour tenter de rencontrer ministres ou officiels et que seul Rehman Ghisthi un député et vice-président du parti conservateur, d’origine pakistanaise et qui soutient depuis longtemps la cause d’Asia Bibi les a reçus, les autres ont refusé.

Quant à l’ancienne ministre du gouvernement Cameron, la baronesse Syeeda Warsi, musulmane, qui avait dénoncé récemment l’islamophobie qui régnait dans son parti conservateur, elle a déclaré à la Chambre des Lords du Parlement de Londres que « les communautés musulmanes du pays soutenaient qu’Asia Bibi devait obtenir l’asile et que les autres communautés du pays soutenaient aussi cette proposition. »

Quant au gouvernement allemand, il a déclaré que l’Allemagne était parmi les pays occidentaux qui œuvrent à fournir un refuge à Asia Bibi et à sa famille, comme le Canada et l’Italie ou l’Australie. Mais pourquoi est-ce si long ? Est-ce par couardise que l’Angleterre laisse la situation s’enliser ? Ou malgré les protestations de l’intérêt porté au sort d’Asia Bibi est-ce l’inquiétude, comme l’a déclaré une source gouvernementale, que « si Asia Bibi est accueillie en Angleterre, des musulmans radicaux de la communauté anglo-pakistanaise pourraient être incités à la violence contre elle par les extrémistes du Pakistan ? »

 

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La Commission de l’Alliance évangélique d’Inde pour la liberté religieuse observe, dans un rapport au gouvernement indien, une augmentation des attaques contre les chrétiens, en particulier dans l’Etat d’Uttar Pradesh, un Etat au nord de l’Inde, l’un des Etats les plus affectés par la violence. Au total, 195 incidents ont été recensés dans cet Etat entre janvier et octobre. Les chrétiens représentent 0,18 % de la population, soit près de 400 000 croyants dans cet Etat.

Le rapport dénonce « la police et des groupes des partis nationalistes [hindous] qui perturbent les services religieux et harcèlent les fidèles » et les pasteurs systématiquement accusés de prosélytisme et contre lesquels s’exercent parfois des attaques d’une violence inouïe.

On se souvient de ce pasteur brûlé vif par des fanatiques hindous avec ses petits garçons dans sa voiture, il y a quelques années. Une violence, dénoncée par une ministre indienne devant le Parlement indien.

Fin novembre, le site infochrétienne citant le Morning Star News du 26 novembre, un quotidien britannique, a raconté comment « John Lakra, un pasteur indien, a été victime devant sa famille de cette persécution alors qu’il accompagnait son bébé de 18 mois à l’hôpital. Au milieu de la nuit, une foule de plusieurs centaines d’hindous ont encerclé sa voiture. Ils insultaient le pasteur, lançaient des cailloux et frappaient la voiture avec des tringles. En cause, l’envoi, via son téléphone et par un compte frauduleux, d’une photo insultant la déesse hindoue Durga ou Kali [puissante déesse de la guerre et de la force]. Les hindous l’ont alors sorti de la voiture, battu et ont déchiré ses vêtements, avant de le forcer à monter sur une moto pour le conduire vers une statue de la déesse. Au pied de la déesse, le lynchage continuait. Ils voulaient l’offrir en sacrifice. »

Enfin la police l’a délivré et emmené à l’hôpital où se trouvaient sa femme et ses enfants. Mais il a été condamné pour des « actes délibérés et malveillants visant à scandaliser des sentiments religieux » et autres accusations tirées de son téléphone et emprisonné 10 jours. Finalement il s’est révélé qu’il avait été victime d’un piratage informatique et a été libéré le 1er novembre.

 

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Il semble aussi que le RSS, groupe paramilitaire d’extrémistes hindous [du BJP, le parti du premier ministre indien] aurait le projet de ramener de force à l’hindouisme 4000 convertis chrétiens en Uttar Pradesh, le 25 décembre, jour de Noël. Cette tentative de reconversion de chrétiens serait alors la 4e en trois mois dans cet Etat. Des personnalités du BJP sont annoncées comme devant assister à ces « reconversions ».

Quant au Premier ministre Narendra Modi, un nationaliste hindou à la tête du BJP, il vient de subir des défaites lors de votes pour élire les Assemblées régionales de cinq Etats à quelques mois d’un grand scrutin législatif, en avril. Les résultats de ce scrutin étaient attendus comme un référendum sur la popularité du BJP. Pour la première fois depuis son arrivée triomphale au pouvoir en 2014, le puissant parti du Premier ministre Narendra Modi a perdu le contrôle de trois Etats dans son bastion au nord de l’Inde et il enregistre des pertes dans les zones rurales, urbaines et périurbaines où le BJP est d’ordinaire populaire.

Les discours enflammés d’extrémistes hindous et les milices extrémistes hindoues qui ont semé la terreur au nom de la protection de la vache sacrée ont balayé le BJP. C’est un bon signe pour la démocratie indienne. Un bon signe aussi pour desserrer l’emprise d’un nationalisme religieux intolérant et qui a crée de forts clivages dont Modi est l’instigateur et qui pèse sur trop d’Indiens, à commencer par ceux qui ne sont pas hindous, musulmans, chrétiens et autres.

Mais il faudrait que le parti du Congrès, présidé par Raul Gandhi arrière-petit-fils de Nehru, qui se tenait à équidistance de toutes les religions ne veuille pas à son tour abandonner son sécularisme pour devenir le parti des hindous. Il a durant la campagne électorale effectué des visites très médiatisées dans les temples hindous, et le parti a promis de construire des abris pour les vaches dans chaque village du Madhya Pradesh.


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