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Des manifestants traditionalistes devant l'entrée du temple d'Ayyappa
à Sabarimala, dans l'État du Kerala, le 17 octobre 2018, ARUN SANKAR/AFP

Inde


Les femmes dans les temples


 

Claudine Castelnau

 

11 décembre 2018

Sur son site lemonde.fr, sous la rubrique international le quotidien Le Monde raconte l’interdit d’entrer dans un temple en Inde qui frappe les femmes ayant leurs règles. Un jeu vidéo indien sorti en 2016 explique mieux que tout commentaire cette interdiction.

Ce jeu, Darshan Diversion montre des prêtres hindous tentant d’empêcher les femmes ayant leurs règles d’entrer dans le sanctuaire sans réussir toujours... Un interdit ancestral que la Cour suprême indienne a révoqué en septembre. Depuis, la loi protège le droit des femmes de 10 à 50 ans à pénétrer dans l’enceinte du temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala, dans le sud-ouest du pays.

Mais cette décision de justice a provoqué la colère et les protestations des traditionalistes, qui ont tenté d’empêcher physiquement des femmes d’entrer dans le temple lorsqu’il a ouvert ses portes, pour la première fois depuis le jugement, le 17 octobre. Au petit matin, la police avait dispersé des manifestations sur la route d’où part un chemin de sept kilomètres pour gagner le temple situé au sommet d’une colline. Des groupes bloquaient des bus de pèlerins, transportant aussi bien des hommes que des femmes. 
« Quiconque veut aller au temple pourra le faire sans obstacle », avait déclaré le chef de la police.
« La fermeté sera de mise contre toute personne qui empêche des croyants d’aller à Sabarimala », avait prévenu mardi le chef du gouvernement du Kerala.

Les « croyants » sont en fait des « croyantes », comme pour ce temple de Sabarimala où elles sont interdites entre 10 et 50 ans, l’âge où une femme est considérée comme impure au moment de es règles. Et en ce mois de décembre, malgré la décision de la Cour suprême, aucune femme n’a pu pénétrer dans ce temple du Kerala.

Les femmes peuvent accéder à la plupart des temples hindous, mais certains leur sont encore fermés, malgré une intensification des campagnes pour obtenir la levée de telles restrictions ces dernières années.

En 2016, des centaines de femmes avaient obtenu la révocation d’une interdiction dans un temple au Maharashtra. La même année, un tribunal avait également autorisé les femmes musulmanes, cette fois, à accéder à un mausolée et à une mosquée à Bombay. La Cour suprême doit entendre les défenseurs de la tradition qui résistent au début de 2019.

 

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Dans son récit ethnologique « Le chemin des humbles »
, paru aux éditions Pocket, dans la fameuse collection Terre humaine, l’auteur, Rémi Bordes, propose une réflexion sur la condition féminine après de longs mois passés au Népal, un pays de religion dominante hindoue.

Il écrit :

« Peut-être nulle part ailleurs dans le monde un “idéal féminin” n’est-il autant valorisé que dans la société hindoue. La déesse, la mère, l’amante, triple face de la perfection. A côté de cela, et c’est là l’immense, l’éternel paradoxe, il règne une exécration des femmes réelles qui confine parfois à l’horreur. La naissance d’une fille est considérée comme un fardeau, en raison du prix exagéré de la dot dont on devra s’acquitter ; une fois mariée, l’épouse qui dans le système patrilinéaire s’installe à la demeure de son époux devient l’entière propriété du lignage marital et perd tout droit sur le patrimoine de sa famille biologique ; presque partout les petites filles sont moins scolarisées que les garçons car on n’attend d’elles que le mariage et la maternité.
Dans la vie quotidienne ce sont les femmes qui dès leur plus jeune âge accomplissent la plupart des corvées domestiques et ont la charge des enfants ; enfin, dès qu’elles se retrouvent veuves, elles ne sont plus rien aux yeux de la société qui les abandonne dans un état de dépendance et de dénuement absolus.
Et l’on passera sur les brus brûlées vives, sur les suicidées au fond des puits, sur les viols classés sans suite... [...] Cependant le contraste entre la condition empirique des femmes et leur mise en valeur sur le plan symbolique ne laisse pas d’interroger [...] Les cultures hindoues ont une manière singulièrement appuyée de mettre le physique des femmes en valeur : les effets de drapé, les fichus de toutes formes et de toutes dimensions, les justaucorps qui serrent la poitrine et laissent le ventre libre, les bracelets brillants et sonores aux mains et aux chevilles, les colliers et les parures nasales, les marques du visage et des mains, les dorures, l’omniprésence des couleurs vives et des effets de brillance, en fait tout le code de l’apparence témoigne d’une sensibilité sophistiquée et d’une haute idée de la femme [...]
Les bijoux et les ornements omniprésents témoignent d’un respect quasi dévotionnel envers le corps féminin qui se doit d’être paré. Même dans la vie de tous les jours il est impensable qu’une femme ne porte pas de bijoux. La plupart des femmes se considèreraient de bien peu de valeur si au moins l’un de ces bracelets n’était pas en or.
Ce n’est pas que les femmes mettent des bijoux pour “ressembler à des déesses” mais bien que femmes et déesses ont en commun le port nécessaire des parures. »



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