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Les évangéliques au Brésil

 

 

Claudine Castelnau

 

29 octobre 2018

L’hebdomadaire Le Point avait publié le 6 octobre dernier un article sur « L’influence des évangéliques dans la politique en Amérique latine » dans une région traditionnellement très catholique. « A l’image des temples évangéliques de plus en plus visibles dans les capitales d’Amérique latine, l’influence de ces mouvements évangéliques dans la politique de la région progresse d’élection en élection relevait Le Point. Le développement de ces églises, opposées à l'avortement, au mariage gay, à la légalisation de la marijuana et à l'idéologie du genre, se traduit par une poussée du vote conservateur latino-américain, selon les experts. »

On l’a constaté au Brésil, par exemple où « le soutien des mouvements évangéliques, très puissants dans ce pays, pourrait faire pencher la balance en faveur du candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro ». prédisait comme la plupart des observateurs politiques, l’hebdomadaire. Et c’est ce qui est arrivé. Selon cet article, « l'Amérique latine compte 40 % des catholiques du monde, mais les Eglises évangéliques, qui s'inscrivent dans le courant du protestantisme, attirent toujours plus de fidèles. »

C’est déjà ce que le Pew Research Center, un think tank américain indépendant qui fournit des statistiques sociales et religieuses estimait en 2014 : un latino-américain sur 5 était évangélique et ce pourcentage atteignait 41 % au Guatemala et au Honduras. Et un universitaire américain, cité par Le Point, affirmait que : « La poussée des pentecôtistes (un des courants de l'évangélisme) a été si forte au Brésil que le géant sud-américain abrite la plus grande population pentecôtiste au monde avec plus de croyants qu'aux Etats-Unis ! »

Comment expliquait ce succès ? Un professeur spécialiste des religions de l’université nationale de Colombie cité par Le Point répond que « Les Eglises évangéliques ont su mieux répondre aux besoins des nouvelles générations de Latino-américains, particulièrement dans un contexte de changements sociaux accélérés, tels que l'urbanisation et la globalisation (...) Tous ces processus ont laissé de côté d'importants secteurs de la population [...] et les scandales de pédophilie au sein de l’Eglise catholique, comme au Chili, devrait pousser encore plus de personnes à se tourner vers les mouvements évangéliques [...] Enfin, les thématiques chères aux évangéliques sont de plus en plus présentes dans le débat public. »

Comme le transfert de l’ambassade du Guatemala à Jérusalem en mai (on remarquera que le Président Trump a fait de même pour satisfaire aussi son électorat évangélique qui soutient Israël avec ferveur, assuré que c’est sur la terre d’Israël qu’aura lieu le retour du Christ au dernier jour). Un spécialiste de l’Amérique latine à Sciences Po Paris souligne aussi que « les pasteurs évangéliques interviennent beaucoup plus dans le quotidien des fidèles » et qu’ils influent sur le vote de ceux-ci.

Au Brésil, par exemple, des Eglises comme l’Eglise universelle du Royaume de Dieu, une puissante organisation évangélique née au Brésil où elle compterait 6 à 8 millions de fidèles. Son fondateur l’évêque autoproclamé  Edir Macedo poursuivi à plusieurs reprises par la justice brésilienne, a apporté son soutien, comme nombre d’autres pasteurs évangéliques, à Bolsonaro, et à son apologie de la dictature.

Alors virage à droite toute de l’électorat, que ce soit au Chili, au Costa Rica, en Colombie, au Guatemala et même au Mexique (où le président élu est de gauche mais a fait alliance avec un parti conservateur fondé par un pasteur évangélique) ? Ou victoire de l’alternance politique, comme le pense ce professeur de Sciences Po ? Pour lui, « cette affirmation du vote évangélique et conservateur est une réaction à la progression du vote féministe et de la société civile. » Une réaction conservatrice en Amérique latine avec laquelle il va falloir compter comme nouvelle force politique à chaque élection

 

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Le 22 octobre, Libération a consacré à son tour un long article : « Au Brésil, l’extrême-droite portée par un souffle évangélique ». La correspondante du quotidien à Sao Paulo raconte le matraquage des gens sur leur messagerie mais aussi dans les lieux de culte et les médias évangéliques où les pasteurs se déchaînent contre Fernando Haddad le candidat du Parti des travailleurs, le parti de Lula, qui était arrivé second au premier tour des élections.

Les accusations lancées par ses opposants ont fleuri pendant la campagne : vouloir éveiller précocement la sexualité des enfants, encourager la pédophilie et l’inceste... Libération écrivait : « En rapide essor dans le plus grand pays catholique au monde ce nouveau protestantisme ralliait 22,2 % des Brésiliens lors du dernier recensement, en 2010. L’adhésion avoisinerait aujourd’hui 30 %. Selon une enquête Datafolha réalisée l’an passé, 16 % des évangéliques disent avoir déjà suivi la consigne de vote des pasteurs et un bon quart serait susceptible de le faire. »

Ainsi le député et pasteur, président du lobby évangélique au Parlement brésilien n’a pas hésité à appuyer le candidat Bolsonaro, qui vante le bienfaits de la dictature militaire au Brésil, comme « le plus indiqué pour préserver la moralité ». Ou encore cette Eglise de l’Assemblée de Dieu (pentecôtiste) qui projetait la photo de Bolsonaro sur grand écran durant un culte ! Ou encore l’Eglise universelle du royaume de Dieu de l’évêque Edir Macedo, qui a mis au service du candidat sa chaîne de télévision, la troisième du pays. Minoritaires, les évangéliques de gauche, ont dénoncé « une candidature Bolsonaro alimentée par la haine et contraire aux enseignements de l’Evangile », mais ils ne font manifestement pas le poids.

 

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Le site BBC news a publié le 23 octobre un article : « Les femmes évangéliques qui rejettent Trump. » Quatre femmes, qui votèrent Trump aux élections présidentielles et qui aujourd’hui n’hésitent pas à déclarer qu’elles ne voteront sûrement pas pour les candidats républicains aux élections du 6 novembre. L’une, baptiste, est choquée par la manière dont il a traité les femmes depuis son élection et elle n’hésite pas affirmer que le sujet des femmes est devenu d’une importance capitale pour elle et d’autres aux Etats-Unis.

Le mouvement MeToo et un mouvement similaire ChurchToo qui s’est développé dans la communauté baptiste du Sud (Southern Baptist Church), enfin la nomination à la Cour suprême du juge Kavanaugh, bien qu’accusé de tentative de viol et méprisant dans sa défense contre la femme qui témoignait, et la façon de Trump de parler des femmes, lui a fait prendre conscience de sa déception.

Pas facile à vivre lorsqu’on étudie à l’Université Liberty, crée par l’un des plus fameux évangéliques Jerry Falwell et dirigée par son fils, un  fervent  de Trump ! Une amie « évangélique blanche » rejette aussi Trump et elle constate que l’adhésion au Président chute dans le groupe des jeunes femmes (de 73 % à 67 % entre 2017 et 2018 selon une enquête du Pew Research Center).

De même, l’adhésion des hommes évangéliques blancs est passée de 84 % à 79 %. Même si ces chiffres sont faibles, nombre de ces femmes évangéliques sont déterminées à faire entendre leur voix dans les urnes. Le phénomène atteint la Virginie, la Géorgie et le Texas, des Etats conservateurs. Et certaines disent vouloir choisir un candidat démocrate plutôt qu’un ultraconservateur baptiste du Texas, pro-life, opposé au mariage gay comme Ted Cruz, par exemple.

Des médias en ligne comme Five Thirty Eight, spécialisé dans les études d’opinions, ont déjà relevé que les femmes votaient pour des candidats démocrates et les hommes pour des Républicains. Mais le facteur évangélique intervenait peu jusqu’ici sur cet électorat qui votait massivement pour Trump. Est-ce que les femmes évangéliques entrant en rébellion auront un impact notable sur ces élections ?



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