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Indépendance

de l’Église orthodoxe ukrainienne

 

 

Claudine Castelnau

 

15 octobre 2018

Au mois d’avril dernier, lors d’un voyage officiel en Turquie où réside le patriarche œcuménique orthodoxe Bartholomé, primus inter pares (« premier parmi ses égaux » que sont les autres patriarches du monde orthodoxe), le président ukrainien Petro Porochenko avait lancé l’initiative d’une Eglise orthodoxe ukrainienne, c’est-à-dire autocéphale comme par exemple celle de Roumanie.
Cela signifiait que l’Eglise orthodoxe ukrainienne serait indépendante du patriarche de Moscou et surtout de l’Etat russe, auquel celui-ci est intimement lié.

Une Eglise orthodoxe ukrainienne signifierait aussi que ce n’est plus le patriarcat de Moscou qui pourrait revendiquer la naissance historique de l’Eglise orthodoxe à Kiev avec le baptême du prince Vladimir et de son peuple, il y a 1030 ans. Et le patriarcat de Moscou perdrait nombre d’églises et de monastères et son influence en Ukraine, un coup sérieux pour son statut dans le monde orthodoxe où déjà existent de luttes d’influence entre Constantinople et Moscou.

L’épiscopat de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine rattachée au patriarcat de Moscou avait publié en juillet, au moment de cette commémoration un message rappelant que « depuis les rives du Dniepr, la foi chrétienne s’est répandue dans les terres voisines ce dont il résultat que Kiev, capitale de l’Ukraine, est devenue la deuxième Jérusalem et le Dniepr le nouveau Jourdain pour tout le monde slave oriental. »

Et ces évêques exhortaient les Ukrainiens à ne pas demander leur indépendance. De son côté 65 000 fidèles de l’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev (qui et considérée comme hérétique par le patriarche de Moscou, faisaient procession en présence du président ukrainien Porochenko qui déclarait que « l’Eglise orthodoxe russe était une menace pour l’Ukraine » et qu’il fallait « couper les tentacules avec lesquelles le pays agresseur [la Russie] opère à l’intérieur de Etat. »

Le président ukrainien a aussi affirmé que l’Eglise [orthodoxe] en Russie « n’était séparée de l’Etat que sur le papier » mais qu’en réalité « elle soutient pleinement et inconditionnellement la politique impériale du Kremlin. »

Le président ukrainien considère que cette situation est « une menace pour la sécurité nationale de l’Ukraine », ce qui « nous oblige, dit-il, à agir ». Et il a affirmé que des millions d’Ukrainiens attendent la naissance d’une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine, en en faisant une affaire de sécurité nationale. « L’autocéphalie achèvera l’établissement de l’indépendance et de l’autonomie de l’Ukraine, renforcera la liberté religieuse et la paix interconfessionnelle. Il renforcera les droits et les libertés de la population ».

L’affrontement entre les deux Eglises orthodoxes, celle de Moscou et de celle de Kiev a des racines anciennes mais l’actualité récente avec la révolution de 2014 qui a chassé le président pro-russe d’Ukraine, puis l’annexion de la Crimée et le conflit dans l’Est de l’Ukraine où les séparatistes pro-russes sont encouragés par Moscou à faire sécession et le patriarche de Moscou accusé d’être à la solde de Poutine et de soutenir les séparatistes, l’éloignement des deux Eglises n’a fait que s’accentuer. Le pouvoir ukrainien, qui accuse le clergé orthodoxe loyal à Moscou d’avoir aidé la Russie à s’emparer de la Crimée en 2014 et d’encourager les séparatistes pro-russes à l’est de l’Ukraine peut donc présenter l’indépendance de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine comme un enjeu de sécurité et favorisant l’union nationale.

 

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On attendait donc avec intérêt et curiosité, la réponse du patriarche Bartholomée de Constantinople à la demande d’indépendance du patriarcat orthodoxe de Kiev et des députés ukrainiens. C’est chose faite ! Et c’est oui ! Le Patriarche œcuménique Bartholomée, leader de l’ensemble de l’orthodoxie, a reconnu la semaine passée l’indépendance de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine.
Un séisme dans le monde orthodoxe, mais qui va surtout à l’encontre des souhaits de la puissante Eglise orthodoxe russe qui n’a cessé de contester, par tous les moyens, ce droit des orthodoxes ukrainiens à gouverner leurs propres affaires.

L’agence américaine Eurasia News y voit des effets à venir dans les Balkans où les orthodoxes vont devoir choisir entre Constantinople et Moscou, entre les pro et les anti Moscou. Cela poussera un peu plus à l’indépendance trois Eglises orthodoxes de la région qui en ont déjà émis le vœu : la Macédoine, le Monténégro et la Moldavie.
Le Patriarche Irinej de Serbie, très lié à la Russie a condamné fortement la volonté d’indépendance de l’Ukraine et affirme que la plupart des pays qui veulent une Eglise indépendante sont « dirigées par des athées » !

Enfin, il y a la question de l’appui dans cette affrontement Moscou/Constantinople de deux Eglises orthodoxes importantes : celle de Grèce qui fourni depuis toujours les patriarches œcuméniques (Bartholomée est grec) et celle, puissante, de Roumanie. Et le patriarche de Moscou qui règne sur plus de la moitié des croyants orthodoxes et peut compter sur d’immenses ressources politiques et financières alors que Bartholomée vit sur le territoire hostile de la Turquie qui voudrait un Patriarche turc et n’a jamais renoncé à vraiment expulser ce représentant de l’ancien Empire byzantin chrétien, dont Constantinople fut la capitale.

Alors Bartholomée dernier Patriarche de Constantinople ? Peut-être... Il a 78 ans. « Mais le décret d’autocéphalie proclamé pour l’Eglise d’Ukraine ne peut être aboli et Bartholomée, dernier patriarche de Constantinople ou pas, il aura de manière certaine laissé sa marque », conclut Eurasia News.



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