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Les musulmans du Xinjiang

 

 

Claudine Castelnau

 

15 octobre 2018

La Chine reconnaît enfin l'existence de camps de détention pour musulmans au Xinjiang, malgré l’accumulation de preuves récoltées par des ONG et des médias étrangers, écrit Libération. Mais le Parti communiste chinois a brusquement changé de discours et tenté de justifier l’enfermement d’environ un million de citoyens, majoritairement issus de l’ethnie ouïghoure, en proposant des amendements à la loi « anti-extrémisme ». Ces nouveaux textes cherchent à donner un cadre légal à l’utilisation de « centres de formation professionnelle »pour « éduquer et transformer » les personnes influencées par une idéologie extrémiste et leur offrir des « opportunités d’emploi ».

Le Xinjiang, ou Turkestan oriental, une région grande comme trois fois la France, parsemée d’oasis et bordée de montagnes majestueuses, a longtemps été un monde à part, exempté de la politique de l’enfant unique, où se pratiquait un islam ancien et modéré à 3 000 kilomètres de Pékin. Le ouïghour, langue apparentée au turc et qui s’écrit en caractères arabes, était pratiqué partout, le mandarin ne s’apprenait qu’au collège deux heures semaine. Les fonctionnaires chinois d’ethnie han étaient rares et discrets.

« Mais après la révolte de 1989 et la chute de l’URSS, le Parti communiste chinois a craint que le Turkestan oriental ne fasse sécession. Il a entamé une politique dite d’assimilation, qui est en fait une destruction de notre culture, de notre langue, de notre identité religieuse», explique le cofondateur de l’association Congrès mondial ouïghour. Une colonisation intérieure massive par l’ethnie des Hans a été menée, le patrimoine architectural détruit au bulldozer et des lois discriminatoires instaurées contre les musulmans ouïghours ou issus des minorités hui et kazakhes.

Les émeutes de 2009 et une série d’attentats qui ont fait plus d’une centaine de victimes, et l’enrôlement de dizaines de Ouïghours dans les rangs de l’Etat islamique en Syrie ont renforcé la répression [...]
« Avant, la revendication ouïghoure était séculière. Aujourd’hui, les islamistes ont pris le dessus. Cyniquement, ça arrange Pékin car qui soutient les islamistes ? Mais à long terme, cette politique est dangereuse et contre-productive car elle radicalise encore plus », analyse le chercheur Jean-Pierre Cabestan.

Avec l’arrivée, en août 2016, du nouveau secrétaire régional du Parti communiste, Chen Quanguo, un nouveau tour d’écrou a été donné. Celui qui avait instauré le quadrillage policier au Tibet a déployé un arsenal sécuritaire high-tech sous prétexte de « lutte antiterroriste ». La peur s’est enracinée dans les foyers.

Selon des statistiques officielles, en 2017, une arrestation policière sur cinq en Chine a eu lieu au Xinjiang, qui ne représente pourtant que 1,5 % de la population du pays – et ces chiffres ne prennent pas en compte les envois en « rééducation ». Aux détentions s’ajoutent les campagnes « Visiter le peuple » ou « Devenir famille » pendant lesquelles un million de fonctionnaires du Parti s’installent pendant plusieurs jours dans des familles musulmanes. [...]

Lors de son dernier séjour au Xinjiang, en 2016, un joaillier parisien d’origine ouïghoure, a été choqué par la transformation imposée à la société. Harcelé par la police malgré sa citoyenneté française, il a dû se soumettre à une prise de sang pour qu’on lui prélève son ADN : « J’avais connu le paradis, c’est devenu l’enfer. Aujourd’hui, il faut boire, être joueur, faire tout ce que les musulmans détestent [...] il y a partout des bordels et des salons de massage chinois où l’on attrape le sida. La cocaïne, l’héroïne, le crack, l’ice sont en vente libre, même pour les lycéens. »

Selon les chiffres du Comité gouvernemental pour la santé, la prévalence du VIH a explosé depuis 2009 dans la région. Les Ouïghours de l’étranger n’ont plus de nouvelles de leur famille depuis des mois. Les appels venant de l’étranger sont bloqués ou tracés grâce à la reconnaissance vocale. Leurs proches, harcelés par les autorités, les supplient de ne plus chercher à les joindre. Le harcèlement du Parti communiste chinois s’étend jusqu’en France. 

Et ceux qui sont invités à retourner en Chine pour régulariser leur situation risquent bien de ne plus pouvoir revenir. Selon une journaliste du Financial Times qui revient d’un reportage au Xinjiang, « dans un seul canton de Kashgar, 18 nouveaux centres pour enfants ont été construits en 2017 ».

Si l’on en croit les appels d’offres lancés pour la construction ou l’agrandissement des camps, la « campagne antiterroriste » est loin d’être finie. Les travaux effectués pour la construction de crématoriums, alors que la tradition musulmane s’oppose à l’incinération des morts, fait craindre aux familles que les corps de leurs proches morts en détention ne leur soient jamais rendus, empêchant d’effectuer les rites funéraires. Et de constater d’éventuelles preuves de torture.



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