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Mémorial de Franco


Exhumation de Franco



Claudine Castelnau

 

24 septembre 2018

Les députés espagnols ont approuvé le 13 septembre, après des années de débat, le décret du gouvernement socialiste autorisant l’exhumation des restes du dictateur Francisco Franco de « son » mausolée à 50 km de Madrid. Le premier ministre Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin, avait fait de l’exhumation de Franco du mausolée l’un de ses objectifs.

Le mausolée gigantesque, construit en 1940, durant la dictature fasciste par des milliers prisonniers politiques réduits en esclavage républicains astreints au travail obligatoire, se voulait un lieu de « réconciliation » entre les deux camps qui se sont affrontés durant la sanglante guerre civile de 1936 à 1939 « mais n’avait en fait d’autre ambition que marquer la victoire du national-catholicisme sur la République espagnole », soulignait le quotidien La Croix en avril dernier, lorsque commençaient les tests ADN sur les restes de corps, alors qu’un juge et même l’archevêque de Madrid avaient accepté les exhumations.

Et le Huffington Post écrit : « Au nom d'une prétendue "réconciliation" nationale, Franco y avait par ailleurs transféré les restes de plus de 33 000 victimes - nationalistes et républicaines - de la guerre civile. Généralement sans même en avertir les familles et alors qu'entre 1941 et 1959, ce complexe fut en partie construit par des prisonniers républicains, contraints au travail forcé et parfois morts sur le chantier. »

Alors, comment se réconcilier autour de la tombe d’un dictateur exalté par un mausolée d’Etat toujours fleuri, inhumé près de l’autel de la basilique surmontée d’une croix de pierre de 150 mètres de haut, sans honorer aussi les victimes dont certaines enterrées dans cette Valle de los Caldos (« la Vallée de ceux qui sont tombés ») ?

Haut lieu du fascisme, la tombe de Franco voisine avec celle de Primo de Rivera, fondateur du parti fascisant de La Phalange. « L'Espagne ne peut pas se permettre des symboles qui divisent les Espagnols », a estimé le premier ministre Pedro Sanchez cité par Le Figaro. Il veut remplacer le mausolée de Franco par un “mémorial des victimes du fascisme”, un lieu de réconciliation. Il serait inimaginable en Allemagne ou en Italie qui ont connu aussi des dictatures fascistes [d’avoir un tel mémorial] qui fait l’apologie de la dictature [...]
Et The Huffington Post relève que « Quarante-trois ans après la mort du dictateur, les plaies sont loin d'être refermées et la question du travail de mémoire divise toujours en Espagne. »

Et la gauche radicale Podemos, qui fait partie de la coalition au pouvoir, a salué l’initiative. L’un des cadres du parti a ainsi dénoncé la présence d’un « dictateur génocidaire dans un mausolée gigantesque, à qui on rend les honneurs alors qu'il y a des dizaines de milliers de morts (républicains) dans les fosses communes. Et The Huffington Post signale que dans « "The Spanish Holocaust", l'historien britannique Paul Preston évalue à 200 000 les morts au combat, lors de la guerre civile et avance le même chiffre pour les assassinats et les exécutions, dont 150 000 victimes des franquistes. »

 

.

 

Mais l’affaire du Mémorial n’est pas terminée : plusieurs familles ont bataillé avec le Patrimoine national et le prieur de l’abbaye bénédictine du lieu pour recueillir les restes de membres de leurs parents, refusant qu’ils reposent plus longtemps dans le Mémorial construit à la gloire de Franco et des franquistes.

L’une de ces familles, raconte La Croix, réclamait depuis six ans les corps de leurs frères, deux militants anarchistes, fusillés jetés dans une fosse commune puis enterrés en secret en 1959, dans le mausolée, au nom d’une prétendue « réconciliation nationale », comme 33 000 victimes du conflit, nationalistes et républicains, et sans avertir les familles la plupart du temps.

Autre point de discorde, la béatification controversée de « martyrs » de la guerre civile espagnole en octobre 2013 - 522 religieux, la plupart tués par des miliciens républicains - a provoqué la colère des victimes du franquisme. « Alors que le pays peine à faire la lumière sur les exactions commises entre 1936 et 1939, les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco ont dénoncé cette béatification comme un “acte politique d'affirmation franquiste”, rapporte Le Monde. Les mémoires à vif, la douleur sans fin pour certains... »


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