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Les malheurs du pape



Claudine Castelnau

 

3 septembre 2018

Dans le numéro du Monde daté du 26/27 août, un éditorial tente de faire le point sur le véritable tsunami qu’a vécu le pape, et par là même son Eglise catholique, lors de son voyage en Irlande.

Ainsi Le Monde, qui souvent et depuis longtemps fait la part pauvre au fait religieux non catholique, en fait depuis la retraite de son chroniqueur le cher Henri Fesquet qui avait crée la rubrique religieuse du journal et réussit à la rendre indispensable, et qui n’hésitait à émettre de sérieuses critiques sur le fonctionnement de son Eglise. Et puis cet éditorial est lancé, avec pour titre :
« Contrition pontificale : trop peu, trop tard.  Le flot des révélations sur les violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique semble ne jamais devoir se tarir. Tout l’été, juges, enquêteurs et procureurs de Pennsylvanie, du Chili ou d’Australie ont alimenté la sinistre chronique de plus de trois décennies d’agressions. En République d’Irlande, cette tragédie a encore dominé la visite du pape François, qui a demandé avec insistance, dimanche 26 août, le pardon des fidèles. Cette contrition pontificale ne suffira cependant pas à rétablir l’image dévastée de l’Eglise et de son clergé. »

Et alors que le pape était encore en Irlande, un ancien none apostolique (ambassadeur du Vatican) aux Etats-Unis accusait publiquement, dans une lettre ouverte, le pape d’avoir lui-même couvert les abus sexuels répétés et quasi publics contre des séminaristes par un ancien cardinal archevêque de Washington. Et demandait, écrivait-il, que « dans ce moment extrêmement dramatique pour l’Eglise [catholique] le pape soit le premier à démissionner en même temps que tous les cardinaux et évêques qui ont couvert les abus sexuels de l’archevêque de Washington. La lettre a suffi à empoisonner la dernière journée du pape en Irlande. »

« A force d’avoir procrastiné et faute d’avoir mesuré en temps utile l’ampleur de la déflagration de ces scandales au sein de la communauté catholique, écrit l’éditorialiste du Monde, c’est aujourd’hui le chef de l’Eglise, le pape François, qui en paie le prix. Elu en 2013, il était apparu comme l’une des dernières figures susceptibles d’avoir un discours moral de portée universelle sur les grands sujets d’actualité. Ses propos dénonçant l’inhumanité du traitement des migrants, la puissance de l’argent et les ravages du réchauffement climatique ont fait naître cet espoir.
Mais les affaires de violences sexuelles qui n’ont cessé d’éclater au sein de l’Eglise ont fini par rendre [le pape] inaudible sur les autres sujets [...] Ainsi, aucun mécanisme permettant de juger la responsabilité d’évêques ayant protégé des prêtres dont les abus étaient portés à leur connaissance n’a été mis en place [...] Enfin, les mesures prises pour prévenir les abus du clergé sont limitées à quelques pays occidentaux ; rien ne semble prévu dans les diocèses d’Afrique ou d’Asie. Tant que cette réforme ne sera pas vraiment engagée, dans un effort résolu de transparence, le pape François sera privé de son magistère moral. »

 

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Un projet de loi pour légaliser l’avortement en Argentine a été rejeté par le Sénat le 9 août dernier mais continue à alimenter les divisions dans la société argentine et les militants pro-avortement semblent ne pas vouloir désarmer. Ils accusent non sans raison, l’Eglise catholique et le pape, ancien archevêque argentin, d’avoir pesé de tout leur poids sur le débat, ce dernier n’hésitant pas à comparer avortement et eugénisme et parlant de manière choquante de « culture du déchet ».

Depuis, une « campagne d’apostasie » a été lancée par des militants pro-avortement qui proposent aux fidèles qui refusent à l’Eglise catholique le droit de peser dans un débat qui concerne leur vie privée de renvoyer leur acte de baptême avec un formulaire notifiant que le fidèle renie sa foi et son appartenance à l’Eglise catholique. « Cet acte ne permet pas d’annuler le sacrement du baptême mais entraîne de fait l’excommunication, précise La Croix. »
La démarche est inédite dans un pays très majoritairement catholique et conservateur (90 % de la population est baptisée) alors qu’on a déjà connue cette démarche en Allemagne par exemple, dans l’Eglise luthérienne ou aux Pays-Bas chez les protestants réformés. Dans son numéro du 21 août, La Croix notait que « les militants à l’origine du mouvement revendiquent plusieurs centaines d’apostats depuis le vote du Sénat [le 9 août]. [Ces militants] ont créé un site extrêmement complet mettant à disposition la lettre préremplie d’apostasie ainsi qu’un argumentaire fourni détaillant les raisons d’apostasier. L’ensemble de l’argumentation, explique La Croix, pourrait se résumer par le slogan affiché en tête du site  : “No en mi nombre”, littéralement “Pas en mon nom”.
Les militants à l’origine du mouvement dénoncent, en effet, le fait que, lorsqu’un fidèle est baptisé, il est considéré comme étant en accord avec les positions de l’Église. Chaque fois que l’Église essaye d’imposer sa morale religieuse, elle parle au nom de tous les baptisés, les utilisant pour gonfler son poids représentatif, expliquent-ils. »

 

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Enfin, pourquoi le pape a-t-il parlé de psychiatrie à propos de l’homosexualité ? A une question d’un journaliste évoquant le changement sociétal induit par l’introduction du divorce, la légalisation de l’avortement et le mariage homosexuel en République d’Irlande et demandant au Pape ce qu’il conseillerait à un parent devant l’homosexualité de son enfant, il a répondu qu’il y avait « beaucoup de choses à faire par la psychiatrie lorsque la tendance à l’homosexualité s’exprime dès l’enfance. C’est autre chose quand cela se manifeste après 20 ans. »

Le mot psychiatrie « a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux », relève La Croix qui remarque que la salle de presse du Vatican a corrigé tant bien que mal d’ailleurs, et que le pape ne voulait pas dire « "‘maladie psychiatrique" mais que cela avait peut-être quelque  chose à voir avec la psychologie. »
L’article de La Croix précise que psychiatrie et psychanalyse ont été liées en Argentine jusqu’à une date récente. Mais lier homosexualité et psychiatrie rappelle aussi que l’homosexualité a été jusqu’à récemment considérée comme une maladie mentale et n’a été retirée de la liste de l’association américaine de psychiatrie qu’en 1973 et en 1993 seulement de celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et que l’homosexualité est encore considérée par certains milieux chrétiens, évangéliques entre autres, comme une maladie à guérir par tous les moyens, sans souci de respect de la personne.

Sans parler des trente-six pays africains où l’homosexualité est considérée comme un crime passible de peine de prison. En Ouganda, la peine de mort contre les suspects d’homosexualité, avec la loi dite « Kill the Gays » avait été votée en 2013 en catimini avant d’être annulée par le Conseil constitutionnel ougandais. Derrière les politiques, des responsables évangéliques et musulmans et même des évêques anglicans d’Ouganda soutenaient le Président ougandais…

 


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