Protestants dans la ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 


États-Unis


Enfants séparés de leurs parents



Claudine Castelnau

 

2 juillet 2018

Le Ministère de l’Intérieur américain avait recensé, du 19 avril au 31 mai, 1995 mineurs séparés de 1940 adultes, la séparation résultant de cette loi qui exige que tout enfant traversant la frontière mexicaine avec des adultes soit séparé d’eux jusqu’à ce que ces parents soient jugés.

Cette loi a donné lieu à des situations insoutenables, où de très petits enfants étaient séparés de leur mère ou de leur père et parqués dans des villages de tentes ou d’anciens entrepôts désaffectés, derrière des grillages.

Les critiques contre cette politique cruelle ont déferlé, dans le camp démocrate mais aussi chez certains républicains et Yvanka la fille et conseillère de Trump, elle-même mère de jeunes enfants, la femme du Président Melania, les évêques catholiques américains, Franklin Graham, le fils du télévangéliste récemment décédé Billy Graham et fervent soutien de Trump, entre autres, avaient publiquement critiqué la séparation des familles.

Ce qui a finalement obligé le Président américain a faire marche arrière. Depuis, on tente de réunir parents et enfants d’immigrants clandestins qui avaient tenté de passer aux Etats-Unis depuis la frontière. Mais depuis mai, il y a eu 2053 enfants séparés de leurs parents et seulement 522 ont été rendus à leur famille, selon les chiffres officiels.

 

.

 


Le magazine culturel américain The NewYorker a publié le 28 juin un long article sous le titre « The courageous woman who is organising separated mothers inside an ICE Detention Center » (La courageuse femme qui organise les mères séparées de leurs enfants dans un centre de rétention fédéral.)
Le journaliste Jonathan Blitzer raconte l’histoire de cette femme, Mabel Gonzales, et de ses deux fils adolescents de 13 et 15 ans. Ils avaient fui le Honduras, un pays d’Amérique centrale, en septembre 2017 et étaient entrés aux Etats-Unis par le désert du Nouveau Mexique :
« Personne ne nous avait vus lorsque nous avons traversé la frontière j’ai fait signe à une patrouille à la frontière, je demandais l’asile. »

Légalement, les immigrants le pouvaient après être entrés aux Etats-Unis, mais durant l’été 2017, dans cette région le gouvernement américain mettait en place la politique « zéro-tolérance » et avant qu’ils puissent réclamer l’asile, les immigrants étaient coupables du crime d’entrée illégale, poursuivis devant la justice et séparés de leurs enfants.
Et depuis septembre, Mabel Gonzales est détenue dans un centre, à El Paso, dans le sud-ouest du Texas.

La veille de la rencontre du journaliste avec Mabel, un juge fédéral de Californie avait émis une forte injonction demandant au gouvernement américain de stopper la séparation des famille à la frontière mexicaine et de réunir parents et enfants dans les 30 jours et pour les enfants de moins de 5 ans, dans les deux semaines.
« Il est douteux que l’administration Trump soit capable de remplir cette obligation », écrit Jonathan Blister. Sur les 2053 enfants séparés de leur famille à la frontière, depuis mai, seuls 522 ont retrouvé leurs parents, nombre de parents ne savent toujours pas où sont leurs enfants dont ils n’ont plus de nouvelles depuis des semaines ou des mois.

La réunion est d’autant plus difficile que par exemple une centaine d’enfants avaient moins de 4 ans lorsqu’ils ont été retirés à leurs parents. Ainsi que le remarque une juge : « Il y a probablement plus d’enfants que ce chiffre officiel, qui sont égarés dans le système ».

Depuis neuf mois, Mabel Gonzalves a été le témoin de la douleur de ces femmes qui ne savent pas où sont leurs enfants. Et depuis avril, elle a vu 20 femmes dans son centre qui ont été expulsées des Etats-Unis sans leurs enfants.

Mabel Gonzales était pasteur au Honduras. Et son attitude tranquille, digne, aide ces femmes. « La pastora » comme on l’appelle, vient de commencer à recenser les cas de ces femmes en détention, leur nom, leur pays d’origine et l’âge de leurs enfants :
« Quand je suis arrivée ici, on m’a dit que je verrais mes enfants. C’est ce qu’on m’a dit, et autres mères aussi. J’ai finalement réalisé qu’on nous mentait, que personne ne nous aiderait à retrouver nos enfants. Nous devons nous débrouiller nous-mêmes », dit-elle.
Le 20 mai dernier, « la pastora » a donné la liste qu’elle avait établie à une sœur franciscaine qui travaille pour le Centre juridique d’aide aux immigrés d’Amérique latine, une petite organisation et cette religieuse a commencé à visiter ces femmes en vue de leur procurer une aide juridique et de les aider à retrouver leurs enfants.
Mais certaines femmes sont si traumatisées qu’elles refusent de lui faire confiance, persuadées qu’on a enlevé leurs enfants et qu’on veut les garder.

Lorsqu’on a séparé les enfants de leurs parents, deux organismes distincts, celui de la Santé en charge des enfants et celui de l’Intérieur les ont recueillis selon des procédures différentes : le premier réclamant des papiers d’identité prouvant que l’enfant est bien celui des adultes qui le réclament et le ministère de l’Intérieur exigeant de produire un document prouvant leur relation.
Et les parents qui ont déposé une demande d’asile devant la justice font face un cruel dilemme : soit attendre plusieurs mois pendant lesquels ils seront encore séparés de leurs enfants ou renoncer à leur demande d’asile et être expulsés avec leurs enfants – si on les retrouve !

 

.

 


Pour « la pastora » Mabel Gonzales, il y a si longtemps qu’elle est détenue dans ce camp de rétention qu’elle n’en peut plus. Et comme ses enfants sont en sécurité, recueillis par de la famille vivant aux Etats-Unis, elle a décidé, la mort dans l’âme, de repartir au Honduras. Mais elle est terrifiée par ce qui l’attend : des tueurs à gages d’un syndicat du crime ont déjà exécuté six personnes dont deux de ses frères et le reste de sa famille a fui le Honduras.
Ces sept dernières années, Mabel, son mari, sa mère et ses enfants ont fui et se sont cachés durant deux ans mais les tueurs les ont retrouvés et Mabel et ses enfants ont fuit encore et passé la frontière du Nouveau Mexique et les tueurs l’ont encore retrouvée et elle a dû fuir à nouveau.
Sa demande d’asile a été refusée par un juge, malgré la situation au Honduras. « Le juge m’a regardée droit dans les yeux, raconte-t-elle, et il m’a dit que la loi ne lui laissait aucune possibilité de m’aider. »

Le nombre de rejets de demandes d’asile aux Etats-Unis de migrants d’Amérique centrale a considérablement augmenté depuis une dizaine d’années et la loi a rendu bien plus difficile la protection que ces migrants demandent. Le Centre juridique a tenté un dernier appel en faveur de Mabel, la courageuse, qui a aidé nombre de ses codétenues a retrouver le contact avec leurs enfants.

 

magazine The New Yorker


Le magazine The New Yorker récidive ce 2 juillet sur la question des migrants aux Etats-Unis, avec un dessin satirique en Une : on y voit dessinée la Statue de la Liberté et sous sa robe de jeunes enfants apeurés qui tentent de s’y cacher. Et quelques vers du poème de l’américaine Emma Lazarus gravé sur le piédestal du monument depuis 1903, symbole de l’idéal américain :

« Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres,
Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres,
Les rebuts de vos rivages surpeuplés
Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte... »

Des images choc aussi comme celle de cette enfant sud-américaine dont la photo parue le 19 juin dans le Huffingtonpost a fait le tour du monde.

 


photo : John Moore/Getty Images

12 juin 2018, à McAllen, Texas, près de la frontière américano-mexicaine, cette petite demandeuse d'asile de 2 ans, originaire du Honduras, voit sa mère fouillée et arrêtée sous ses yeux. L'image a fait le tour du monde.



La petite fille de 2 ans est en larmes devant sa mère qui a dû la poser par terre le temps que les garde-frontière la fouillent avant qu’elles soient enfermées avec d’autres dans un fourgon avec d’autres clandestins, destination un centre de rétention probablement.
Le photographe John Moore, père de jeunes enfants, raconte son émotion et rapporte ce que cette femme lui a raconté : « Venues du Honduras, sa fille et elle voyageaient depuis un mois entier, et étaient épuisées. »
Et le Huffingtonpost ajoute que : « du fait de la violence des gangs et de l'instabilité politique qui continuent de gangrener leur pays - déjà le deuxième plus pauvre d'Amérique centrale -, le nombre de migrants honduriens appréhendés par la police à la frontière américaine est en nette hausse depuis plusieurs mois. »

En page une du prestigieux magazine Time, un dessin sur fond rouge reprend la photo mais la petite fille fait face à Donald Trump qui la toise, avec ce titre : « Welcome in America ».
« Quel genre de pays sommes-nous ? » s'interroge Time qui rappelle « qu'au cours de ces 240 dernières années, l'histoire des États-Unis s'est construite autour de trois valeurs : la démocratie, l'humanité et l'égalité. Trois mots qui ont presque aujourd'hui disparu du discours présidentiel. »

Conclusion d’une éditorialiste du NewYorker : « La politique de séparation des enfants de leurs parents à la frontière sud et l’exemple le plus pur de ce que signifie être gouverné par un Président sans morale. »

Autre conclusion, celle de la Lettre politique de Laurent Joffrin parue le 20 juin dans Libération qu’il dirige : « Telle est la traduction humaine et concrète des discours sur “l’identité menacée” et la “submersion migratoire” qu’on lit à longueur de colonnes dans les journaux de droite : les réfugiés à la mer, les Roms en fiches, les enfants en cage. Quand on fait passer l’obsession identitaire avant les droits humains (le “droit-de-l’hommisme” des “bien-pensants”, en novlangue nationaliste), il faut se prémunir avec courage contre toute sensiblerie. »

_______________

Religion au Honduras en 2013
  Catholiques (48.7 %)
  Protestants (41%)


Retour en page d'accueil
Retour vers Claudine Castelnau
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

cron  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.