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Indonésie

Islamistes, chrétiens et homosexuels


Claudine Castelnau

 

 

20 mai 2018

Le 13 mai au matin, des attaques-suicide menées par une famille de six personnes liées à l’Etat islamique ont fait 13 morts et une quarantaine de blessées à Surabaya, la deuxième plus grande ville d’Indonésie. Les attaques-suicide étaient dirigées contre trois églises de la ville et les autorités annoncent que c’est le plus lourd bilan en Indonésie depuis des attaques contre des hôtels de luxe à Jakarta en 2009 qui avaient fait 9 morts.

Quelques heures plus tard, une autre bombe explosait toujours à Surabaya, dans un immeuble faisant 3 morts et deux blessés. Ces attaques déjà horribles en soi ont horrifié plus encore lorsqu’on a appris que ce matin du 13 mai les deux fils âgés de 16 et 18 ans du couple djihadiste à l’origine des attaques s’étaient fait exploser dans l’église catholique Sainte Marie et avaient tué du même coup deux paroissiens et en avaient blessés six autres.

Peu de temps après, le père faisait exploser une camionnette bourrée d’explosifs dans l’enceinte d’une église pentecôtiste, tuant un piéton et un gardien. Et quelques minutes plus tard, Puji Kuswati, sa femme, entrait dans l’Eglise chrétienne indonésienne (Kristen Indonesia Diponegoro) avec ses deux filles de 9 et 12 ans. Elle portait des bombes autour de la taille et s’est fait exploser, tuant un garde et ses filles.

On a appris que la famille était liée à un mouvement radical Jamaah Ansharut Daulah qui soutient l’Etat islamique. Douze heures plus tard, le 14 mai, une autre attaque-suicide en famille, si l’on peut dire, avait aussi lieu à Surabya : cinq personnes – les deux parents et trois enfants – entraient à moto dans l’enceinte du commissariat central de la ville et faisaient exploser les bombes qu’ils portaient sur eux et celles sur leurs motos. L’explosion a tué les parents et deux des trois enfants et blessé six civils et quatre policiers. Une petite fille de 8 ans a survécu.

Le 13 mai déjà, une famille d’un faubourg de Surabaya avait préparé un attentat à la bombe, on ne sait où, dont l’explosion prématurée a tué le couple et leur fils de 17 ans et sérieusement blessés deux de leurs trois autres enfants. Le président Joko Widodo s’est rendu sur place et a dénoncé ces attaques comme des « actes de barbarie. »

Nombre d’Eglises chrétiennes ont supprimé leurs services religieux le 13 mai dans les grandes villes comme Jakarta et la police a renforcé la surveillance des bâtiments religieux. Et les chrétiens se souviennent d’une veille de Noël 2000, quand plus de 30 églises, dans huit villes d’Indonésie, avaient été victimes d’attaques simultanées.

L’Indonésie, un pays de quelque 250 millions d’habitants, est le plus grand pays musulman au monde - 90 % des Indonésiens sont musulmans - mais le pays compte aussi des minorités religieuses : chrétiens, bouddhistes, hindous mais aussi chiites et Ahmadiyah. Plusieurs groupes de chrétiens et de musulmans non sunnites ont été victimes ces dernières années de persécution, de harassement, de menaces et de violence.

Longtemps connu pour sa tolérance religieuse et son islam paisible, on relève depuis quelques années que sous l’influence de l’islam radical, l’intolérance religieuse augmente en Indonésie et s’exprime en particulier sur le plan politique. D’autres attaques d’églises ont eu lieu ces dernières années à travers l’archipel, l’Institut Setara, une ONG basée en Indonésie, observatoire de la liberté religieuse et de la démocratie, a relevé plusieurs centaines d’attaques contre les minorités religieuses ces dix dernières années.

Et l’ONG Human Rights Watch, militant pour le respect des droits de l’homme en appelle aux autorités indonésiennes pour assurer une assistance aux victimes des attaques et à leurs familles et qu’elles prennent en charge les enfants survivants des attaques djihadistes. Ces incidents ont choqué l’opinion indonésienne et internationale : pour la première fois en Indonésie, les kamikazes ont utilisé des enfants dans leur attentat. « C’est indéfendable et impardonnable », a réagit Human Rights Watch.

 


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Autre mauvaise nouvelle venue d’Indonésie : la Cour de la sharia de Banda Aceh, une province indonésienne au nord de Sumatra, avait condamné deux hommes homosexuels à 82 coups de fouet en mai 2017. Cette année, en mars quatre autres hommes ont été arrêtés à Aceh, parce qu’ils étaient homosexuels. Selon le code criminel islamique d’Aceh, ils risquent jusqu’à 100 coups de fouet en public, une condamnation considérée comme un acte de torture selon les droits de l’homme.

En fait on assiste à une véritable chasse à l’homme de la part de gardiens qui les arrêtent et les remettent entre les mains de la police islamique. Ainsi un homme, et une femme transgenre, accusés d’être homosexuels ont été arrêtés dans le salon de coiffure où ils étaient employés. De même d’autres gardiens sont entrés dans une maison privée où deux étudiants supposés gays vivaient et ont appelés la police islamique.

Tous comparaîtront devant une cour islamique et risquent les coups de cane et l’humiliation publiques, l’opprobre lancée contre eux et parallèlement, la dégradation de l’image de l’Indonésie, et d’Aceh en particulier, sur le plan international.


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