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Laïcité vestimentaire


Claudine Castelnau

 

 

5 février 2018

La mesure décidée par le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy a provoqué et provoque encore quelques remous. Le bureau de l’Assemblée a adopté une nouvelle instruction qui fixe les règles du comportement et entre autres l’article 9 qui a trait à « la tenue vestimentaire qui doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville. »
Outre le port de signes religieux réglementé « par prévention » alors que le problème n’existe pas, sont interdits « les uniforme, logo, messages commerciaux ou slogans de nature politique. » Ce qui a provoqué la colère de certains élus dont un député socialiste qui s’insurge contre le fait qu’on interdise aux élus du peuple ce que l’on autorise aux citoyens. Et il s’inquiète de ce que dans toutes les communes de France il y a des élus locaux qui portent une croix, une kippa ou un voile. 
« On piétine les fondamentaux de la République », critique l’élu. Le Monde du 25 janvier rappelle que de 1945 à 1951, l’Abbé Pierre député apparenté MRP siégeait en soutane. « Une telle situation ne pourra plus se reproduire, commente le quotidien, le bureau de l’Assemblée nationale a adopté une mesure interdisant le port de signes religieux “ostensibles” et contraignant les députés à avoir une tenue vestimentaire “neutre”. »

Le Monde remarque que le président de l’Assemblée a fait d’une pierre deux coups avec cette décision de neutralité : « Il règle d’abord une querelle qui est allée crescendo depuis le début de la session parlementaire avec les députés de La France insoumise (LFI). Ceux-ci avaient plusieurs fois brandi des objets en séance, notamment un paquet de pâtes. Dernier incident en date : François Ruffin, député de la Somme, était monté à la tribune portant un maillot de football pour évoquer la situation des clubs amateurs. [Désormais] dans l’hémicycle, l’expression est exclusivement orale”, ce qui interdit de brandir des objets. Et le président de l’Assemblée nationale se place du côté des partisans d’une moindre tolérance à l’égard du religieux dans la société, selon Le Monde. La tenue vestimentaire, précise le texte, « ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression de quelconque opinion [religieuse, politique, commerciale]. »

Le Monde rappelle que « lors du 90e anniversaire de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), le 14 novembre 2017, François de Rugy avait déjà eu l’occasion de dire qu’à ses yeux "la foi est une affaire privée qui n’a de valeur que si elle le demeure" ».  Son entourage, précise qu’il juge notamment que « l’islam doit aussi faire sa transition laïque. »

Le 25 janvier, à l’Assemblée nationale « rares ont été les voix à critiquer la mesure sur le port de signes religieux “ostensibles”. » Parmi les opposants, des députés communistes qui dans un communiqué ont jugé que la décision était « contraire à la liberté d’expression ».

L’Observatoire de la laïcité a aussi réagit en rappelant que les députés ne sont « par définition pas neutres. Ils ne peuvent donc pas astreints, à l’extérieur de l’Assemblée, à un principe de neutralité qui s’impose aux seuls fonctionnaires et assimilés. L’Observatoire de la laïcité soulève surtout le point juridique du règlement intérieur de l’Assemblée, dont la constitutionnalité doit être vérifiée par le Conseil constitutionnel dès qu’il y a modification, surtout lorsqu’il s’agit de la liberté d’expression des élus.  « Une manière polie de dire qu’à ses yeux la réforme pourrait écorner ce principe de libre expression », commente Le Monde.

Réaction peu favorable aussi du côté de l’Eglise catholique, par la voix du secrétaire général de la Conférence des évêques : « S’il y a bien un lieu où l’on doit pouvoir discuter de tout, c’est bien l’Assemblée nationale. Les députés représentent le peuple, et le peuple n’est pas laïque. » a-t-il déclaré.

 


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Encore un autre coup de projecteur sur la laïcité : Le Monde note que « Lorsqu’il s’agit d’évoquer la laïcité, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, invoque régulièrement celui qui lui sert de référence en la matière : Aristide Briand socialiste libéral [qui fut rapporteur de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat].

« Je reprendrai la laïcité telle que défendue par Aristide Briand dans la loi de 1905 », déclarait Gérard Collomb lors de son discours de passation de pouvoir, place Beauvau, en mai 2017. « Il disait que cette loi est une liberté. La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté pour celles et ceux qui croient de pratiquer librement leur religion tant qu’elle ne fait pas obstacle à la loi de la République. C'est ainsi que nous concevrons la liberté des cultes [...] »

C’est bien de cette idée de liberté que se réclame Gérard Collomb lorsqu’il se réfère, à plusieurs reprises, au discours d’Aristide Briand devant la Chambre des députés, affirmant qu’il « fallait que la loi se montrât respectueuse de toutes les croyances et leur laissât la faculté de s’exprimer librement. »

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