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Les moines de Tibéhrine assassinés


Claudine Castelnau

 

 

29 janvier 2018

Le souvenir des moines de Tibéhrine assassinés en Algérie en 1996 ressurgit avec l’annonce faite par le Vatican de leur reconnaissance comme martyrs en vue de leur béatification.

On se souvient toujours des sept moines de l’ordre cistercien, installés à Tibéhrine, à 80 km d’Alger dans une région musulmane intégriste où déjà 11 religieux catholiques ont été tués entre 1994 et 1995 pendant la guerre civile en Algérie, dont le 1er août 1996, l’assassinat de Mgr Claverie, évêque d’Oran.

Les sept moines cisterciens seront enlevés dans leur couvent de Tibéhrine, dans la nuit du 26 mars 1996, par un commando d’une vingtaine d’hommes armés et seront assassinés dans des conditions encore mystérieuses. On soupçonne le Groupe armé islamique (le GIA), une organisation dont le but est de renverser le gouvernement algérien, pour le remplacer par un État islamique. D’ailleurs, une revendication du chef de ce groupe, un mois plus tard, propose d’échanger les moines contre des prisonniers du GIA.

Mais le 23 mai, le GIA annonce avoir égorgé les moines devant le refus du gouvernement français de négocier et leurs têtes sont retrouvées par les militaires algériens, mais pas les corps, sur une route dans la région.

Les autorités algériennes dénoncent un crime des islamistes, d’autres accusent l’armée, le gouvernement algérien ou une opération visant à discréditer les islamistes. L’enquête est relancée en 2009 en France à la demande des familles, sur la foi d’un témoignage d’un général français, puis en 2011, un livre d’un journaliste français fait état de témoignages sur le rôle supposé des services secrets algériens qui auraient joué un rôle moteur dans l’enlèvement et l’exécution des moines...
Des experts datent aussi la mort du 24-25 avril, soit plus de trois semaines avant la revendication du GIA.

Enfin, un film « Des hommes et des dieux » sorti en 2010, et qui reçut le Grand Pris du Festival de Cannes, était venu nous rappeler leur destin tragique. Ce 27 janvier, Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, les 7 moines de Tibéhrine et onze autres religieux et religieuses tués dans les années 90 en Algérie, ces années de violence d’une décennie noire ont été proclamés martyrs et sont sur la voie de la béatification.

Dans un communiqué commun, les évêques catholiques d’Algérie rappellent que : « Chacun est mort parce qu’il avait choisi, par grâce, de rester fidèle à ceux et celles que la vie de quartier, les services partagés, avaient fait leur prochain.  Leur mort a révélé que leur vie était au service de tous : des pauvres, des femmes en difficultés, des handicapés, des jeunes, tous musulmans. Une idéologie meurtrière, défiguration de l’islam, ne supportait pas ces autres différents par la nationalité, par la foi. »

Le quotidien La Croix relève que maintes fois la question s’est posée à la petite Eglise catholique en Algérie « de savoir comment mettre en lumière la discrétion d’une présence sans que celle-ci perde sa discrétion », selon les mots de l’archevêque d’Alger, dans un entretien au journal algérien Reporters. Et en direction du Sud, qu’il n’est bien sûr pas question pour eux, pas plus que pour l’Église universelle, de nier le témoignage des 200 000 Algériens, imams, écrivains, journalistes, enseignants ou médecins, qui ont eux aussi  “donné leur vie en fidélité à leur foi en Dieu et à leur conscience” pendant la décennie noire. Et en particulier ces “99 imams qui ont perdu la vie pour avoir refusé de justifier la violence”. »

Le 23 janvier, Le Monde des Religions a publié une longue interview du père Jean-Marie Lassausse, prêtre de la Mission de France, qui a repris en charge le monastère de Tibéhrine et l’exploitation agricole (il est ingénieur agronome), cinq ans après l’assassinat des 7 moines. Celui qui se décrit comme un « prêtre-paysan » et les religieux du monastère sont enregistrés auprès des autorités comme « religieux–agriculteurs », raconte dans N’oublions pas Tibéhrine Quinze ans avec les martyrs de l’Atlas, qui vient de paraître aux éditions Bayard. comment il a été appelé en renfort.
Et comment il a accepté « frappé par l’empreinte que cinquante-huit années de présence cistercienne avaient laissée sur la région. Au gré de mes rencontres avec les quelques habitants du monastère et la population locale, j’ai rapidement constaté que le bilan était extrêmement positif [...] les moines trappistes à Tibéhrine, [...] ont développé une harmonie fraternelle et une profonde amitié avec la population locale musulmane. Un tel héritage ne devait pas être perdu par la faute d’un acte déraisonné de violence. »

Quant à l’annonce des prochaines béatifications, il dit : « C’est pour moi une grande joie, principalement parce que cela montre que l’Église honore, sanctifie, béatifie, non seulement des papes ou des évêques, mais aussi des gens ordinaires. La plupart des dix-neuf religieux et religieuses qui vont être béatifiés étaient des gens simples, du peuple, comme vous et moi. Ça, c’est extraordinaire. Que doit nous inspirer le martyre des moines de Tibéhrine ? L’ouverture à l’Autre. Il faut engager le dialogue avec les autres croyants !
Avec la mondialisation, nos sociétés sont appelées à devenir de plus en plus multiculturelles et les religions à se côtoyer. Il est donc fondamental d’apprendre à se connaître, à dialoguer, pour vivre en harmonie plutôt que de s’inscrire dans une confrontation des cultures et des religions. Les moines nous ont donné un exemple qui est parlant aujourd’hui : ils étaient une minorité chrétienne vivant en harmonie fraternelle avec une population à grande majorité musulmane. »

 

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Curieusement, il n’est pas fait mention dans les médias de l’abbaye cistercienne d’Aiguebelle fondée au XIIe siècle, à 18 km de Montélimar, 11 km de Grignan, dans la Drôme, avec son « Mémorial de Tibéhrine ».

Un bâtiment de pierres sèches, à côté de l’abbaye, inauguré en novembre 2009, en souvenir des 19 religieux et religieuses assassinés en Algérie entre le 8 mai 1994 et le 1er août 1996 date à laquelle se clôt cette litanie par l’assassinat de Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran.

Et parmi ces 19 morts, les noms des 7 moines de Tibéhrine. Inauguré en novembre 2009, le Mémorial est paisible et émouvant. Un chemin de croix, des lettres de moines, des lignes du carnet d’un jeune musulman assassiné en même temps que l’évêque d’Oran dont il était le chauffeur occasionnel et auquel le liait une profonde amitié ou encore du testament d’un frère d’Aiguebelle mort avec les autres frères d’Aiguebelle « Notre mémorial, proclame la communauté, veut être un monument élevé à la gloire de l’amitié entre chrétiens et musulmans, et qui plus est, entre tous les hommes quelle que soit leur religion. Que Dieu nous exauce ! »


 

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