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Tunisie, Arabie saoudite

 

 

Claudine Castelnau

 

 

30 septembre 2017

Tunisie : mariages

La présidence de la République tunisienne abroge les circulaires administratives interdisant le mariage de Tunisiennes avec des non-musulmans. « C’est aussi une victoire pour la liberté de conscience en Tunisie », se réjouit la présidente de l’Association tunisiennes des femmes démocrates. Une première victoire donc pour les femmes, pour les hommes aussi, obligés jusqu'ici de se convertir à l’islam pour épouser une musulmane !

Et voilà que le site de nouvelles religieuses Religion News Service vient de raconter cette semaine l’histoire d’Amina El Mahdhi, illustration parfaite de cette situation d’avant que la loi soit changée. Amina a dû partir à l’étranger il y a quelques mois, pour épouser le chrétien qu’elle aimait. « J’ai refusé de forcer mon mari à se convertir à l’islam pour se marier avec moi. Sa foi n’avait jamais fait problème dans ma famille, pourquoi l’Etat s’en occupait-il ? ».
Mais le 14 septembre, l’interdiction faite aux femmes tunisiennes d’épouser un non-musulman a été supprimée par décret présidentiel et après être allés en Suède pour se marier les deux amoureux sont en train d’organiser un nouveau mariage en Tunisie. « Je peux faire enregistrer mon mariage maintenant et me marier paisiblement dans mon pays », explique Amina.

Religion News Service précise que « du Liban à la Malaisie, la plupart des pays majoritairement musulmans interdisent le mariage d’une musulmane avec un non-musulman [et les enfants issus de ces unions sont considérés comme “illégitimes”]. Enfin, dans certains pays comme le Soudan, un tel mariage est puni de mort. Alors qu’un musulman peut épouser une juive ou une chrétienne. En Tunisie, l’un des pays les plus séculiers et les plus progressistes de la région, les mariages inter-religieux était assez courants bien qu’on n’en parle pas. »

« En 2011, rappelle encore Religion News Service, c’est de Tunisie qu’est parti le printemps arabe, chassant le dictateur Ben Ali et inspirant Egyptiens et autres à se révolter contre leurs dirigeants depuis longtemps au pouvoir. En fait ces politiques progressistes en Tunisie remontent à 1956, lorsque sous la présidence de Bourguiba le pays a adopté des lois sur le mariage, le divorce, l’héritage. La polygamie a été abolie »

Et le président tunisien actuel a déclaré en entrant en fonctions en 2014 que « l’Etat avait l’obligation de réaliser la pleine égalité entre hommes et femmes. »

Et en septembre dernier le Président s’est attaqué à la question de l’héritage, les femmes recevant une part infiniment moindre que les hommes selon la loi islamique. Le monde arabe s’est choqué de cette décision et les conservateurs espèrent bien revenir à des lois islamiques… Mais nombre de femmes sont heureuses de cette libération.

 

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Arabie saoudite : conduite auto

Les femmes pourront conduire en Arabie Saoudite à partir de juin 2018. L’Arabie Saoudite était le dernier pays au monde à interdire aux femmes de prendre le volant, malgré un combat de longue date de diverses associations féministes et de défense des droits de l’Homme depuis presque 20 ans. On se souvient de ces femmes qui pour provoquer s’étaient filmées en train de conduire... et systématiquement arrêtées. Pauvre provocation à nos yeux, comme ces Iraniennes qui se filment en train de danser, sans voile. Mais provocation surtout d’un pays champion de l’obscurantisme et invoquant encore pour certains la loi islamique ou je ne sais quelle explication stupide d’un religieux fustigeant naguère celles qui voulaient monter à vélo ou faire de l’équitation, ou cet ouléma qui vient d’affirmer que les femmes ne pouvaient conduire car  elles n’ont que « le quart » du cerveau d’un homme. Il a été suspendu de prédication, tant mieux !

Plutôt que de dire que les femmes au volant sont une petite révolution, il faudrait dénoncer ce statut de mineure dans lequel on les maintient. Dans ce pays les femmes ne sont pas autorisées à se déplacer dans l'espace public sans la présence d'un tuteur, (sera-t-il obligatoirement assis à côté de la conductrice ?), les Saoudiennes sont également soumises à la tutelle d'un homme de leur famille - généralement le père, le mari ou le frère - pour faire des études, se soigner, travailler ou voyager.

Autre mini victoire : des centaines de Saoudiennes avaient pris place pour la première fois dans un stade de Riyad, à l'occasion de la fête nationale qui a donné lieu à des concerts et des feux d'artifice. Jusque-là, les femmes n'étaient pas admises dans des arènes en application de la règle de séparation entre les sexes dans les espaces publics.

Les commentateurs invoquent aussi des questions économiques dans la décision du roi : le cours du pétrole à chuté, et le coût économique de ces femmes qui avaient besoin d’un chauffeur pour se déplacer a joué sûrement de même qu’un éventuel second salaire dans le foyer.

Enfin cette mesure masque aussi les critiques contre une récente campagne de répression : une vingtaine de personnalités ont été arrêtées, prédicateurs influents ou intellectuels réformateurs et selon l’Express « nombre de ces dissidents critiquaient la politique étrangère musclée du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane (32 ans), comme le boycott du Qatar, ainsi que certaines réformes comme la privatisation d'entreprises publiques et la réduction des subventions de l'Etat. »

Enfin, le site de l’ONG Human Rights Watch qui milite pour la défense des droits de l’Homme, fait état de discours haineux contre des minorités religieuses :
« L'Arabie saoudite promeut sans relâche depuis plusieurs années l'idée qu'elle s'est engagée sur la voie de la réforme, mais elle permet à des religieux affiliés au gouvernement et aux auteurs de manuels scolaires de diaboliser ouvertement les minorités religieuses comme les chiites », déclare la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

« Ces discours de haine s'inscrivent dans le prolongement de la discrimination systématique exercée à l'encontre des membres de la minorité chiite [...] Les religieux nommés par le gouvernement qui sont tous sunnites font souvent allusion aux chiites come étant des rafidha ou rawafidh (« apostats ») et stigmatisent leurs croyances et leurs pratiques. Ils ont également condamné les rapports personnels et les mariages entre membres des deux branches de l'islam. Un membre du Conseil supérieur des oulémas d'Arabie saoudite, le plus haut organe religieux du pays, a répondu, lors d'une réunion publique, à une question concernant les musulmans chiites en déclarant : « Ce ne sont pas nos frères... ce sont plutôt des frères de Satan. »

 

 

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