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Mossoul

la mosquée Al-Nouri et son minaret



Claudine Castelnau

 

3 juillet 2017

La mosquée Al-Nouri et son minaret L’Etat islamique a dynamité, le 21 juin, la mosquée Al-Nouri et son célèbre minaret penché al-Hadba à Mossoul en Irak. On se souvient de photos montrant, le 4 juillet 2014, Abou Bakr al-Baghadi, le leader de Daesh, se proclamant calife du monde sunnite à la face du monde et réclamant l’allégeance à sa personne et au califat sur les terres conquises par ses combattants en Irak et en Syrie. En détruisant ces monuments emblématiques Daesh « a officiellement reconnu sa défaite », a estimé le Premier ministre irakien, mais la bataille de Mossoul n’est pas terminée a précisé la coalition.

La mosquée du prophète Jonas, au cœur de la vieille ville datait du 12e siècle et les photos prises par un drone de la coalition montrent un tas de pierres et de poussière et « à peine 50 % des briques sont encore quasi intactes. Mais nous pourrons reconstruire le minaret parce que nous avons nombre de documents », dit un archéologue.

Les responsables de la coalition anti-Daesh accusés de la destruction par les djihadistes ont dû multiplier les démentis afin de désamorcer la colère à venir des millions de musulmans sunnites qui célébraient à ce moment-là la nuit du destin où selon la tradition, Mahomet aurait reçu la révélation du Coran de l’ange Gabriel. « La mosquée Al Nouri faisait partie des sites désignés par le premier ministre irakien comme ne pouvant pas être ciblés » a déclaré au Monde une source proche de la coalition mais les djihadistes Et le minaret penché, de 45 m de haut, que les habitants de Mossoul appelaient « maman » était le symbole de la ville, dernier vestige d’une mosquée construite en 1172 par l’unificateur de la Syrie et une figure de la résistance aux croisades contre lesquelles ils fut le premier à déclarer le djihad.

Quand les gens de Daesh sont entrés dans Mossoul, en juin 2014, ils avaient le projet de détruire le minaret, comme de nombreux édifices religieux jugés « idolâtres », raconte l’envoyée spéciale du Monde, mais les habitants les en avaient empêchés et le drapeau noir de l’organistation flottait au sommet du minaret. Début juin, les djihadistes avaient fait évacuer le site et ses environs et les archéologues craignaient le pire, « Daesh n’ayant jamais hésité à utiliser les mosquées à des fins militaires lors de précédentes batailles urbaines en Irak ou en Syrie, en y aménageant des positions de tir ou en y entreposant des munitions », relève Le Monde.

« L’Etat islamique l’a détruite par fierté. Abou Bkr Al-Baghadi [donné pour mort depuis la fin de mai] a été le premier chef djihadiste à faire un discours public et médiatisé dans un lieu aussi symbolique. Daesh ne voulait pas voir les forces irakiennes reconquérir la mosquée et y parader » analyse un colonel cité par Le Monde.

« En détruisant cette mosquée, Daech prive ses adversaires d’une victoire matérielle, militaire et symbolique. Mais surtout, les djihadistes signifient que le califat peut exister sans avoir de territoire propre », estime un anthropologue et chercheur au CNRS, spécialiste de l’Irak, cité par La Croix.

 

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« Pourquoi Daesh a détruit l’une des plus grandes mosquées irakiennes ? » La question est posée par plusieurs médias, dont le quotidien La Croix, au lendemain du dynamitage. « Un acte de destruction symbolique qui revêt une dimension hautement politique, écrit le quotidien. Son histoire et son architecture hors du commun en faisait le symbole de la vieille ville de Mossoul [...] Bâtie entre 1171 et 1173, sous l’ordre de Nur ad-Din, l’une des figures principales de la contre-croisade, la mosquée Al-Nouri était célèbre pour l’inclinaison de son minaret de 45m [...] une particularité architecturale [qui] s’est muée au fil du temps en véritable symbolique, la tradition affirmant que l’inclinaison était un signe de vénération à l’isra, le voyage nocturne du prophète Mohammed, raconté dans la 17e sourate du Coran. En 1942, lors de la reconstruction de la mosquée, Al-Hadba figurait parmi les rares éléments d’origine encore intacts d’Al-Nouri [la mosquée].

Après la prise de Mossoul – la deuxième ville d’Irak – en août 2014, Daech nourrissait le projet de détruire la mosquée Al-Nouri ainsi que d’autres édifices religieux ou historiques, qualifiés « d’idolâtres », dans une démarche de « purification ». Les Mossouliotes avaient formé une chaîne humaine devant le monument en signe de protestation. Le groupe djihadiste, alors aux prémices de sa conquête territoriale, avait finalement cédé, animé par la volonté de rallier les habitants de la première ville sunnite du pays à sa cause. Fierté de Mossoul, le monument en briques rouges, emblème de l’architecture médiévale arabe, rejoint ainsi la longue liste des édifices religieux détruits par Daech depuis le début de son expansion territoriale en Syrie et en Irak, à l’été 2014.

« En tant que figure du nihilisme culturel et civilisationnel, Daech opère une destruction hémorragique du patrimoine historique et religieux en Syrie et en Irak, indique l’anthropologue Hosham Dawod à La Croix. L’organisation procède à une défiguration des lieux saints chrétiens, yézidis et sunnites ». En anéantissant cet emblème de Mossoul, Daech prive son adversaire, à savoir les armées irakiennes, d’une victoire matérielle. Ce monument religieux devait être un symbole de la reprise totale de la ville. Par cet anéantissement et surtout par la destruction du minaret, la victoire des armées irakiennes devient amère et pas complètement totale. » La destruction de cette figure emblématique du patrimoine irakien a permis aussi à Daesh de « semer le doute » et la confusion parmi la population, en accusant la coalition de la destruction.


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