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Claudine Castelnau

 

19 juin 2017

Royaume Uni

Le 16 juin, Le Monde a publié une analyse d’Olivier Roy, politologue et spécialiste de l’Islam, sur les derniers attentats terroristes en Grande-Bretagne
« Chaque nouvel attentat relance le débat sur les causes du terrorisme islamique et donc sur les mesures à prendre, écrit-il [...] Qui sont les terroristes ? Qu’apportent donc les trois derniers attentats en Grande-Bretagne à notre connaissance sur la radicalité ? Au-delà d’une confirmation de tendances lourdes, il y a un fait nouveau : l’implication d’une organisation islamiste qui existait déjà. »

Olivier Roy relève que si le profil des terroristes est divers, les cinq de Manchester et de Londres « sont morts dans l’action alors qu’ils auraient pu trouver d’autres modalités tout aussi meurtrières mais qui leur auraient permis de fuir et de recommencer. Les attentats sont peu sophistiqués (comme foncer en voiture dans la foule et sortir les couteaux) parce qu’il est inutile de former un professionnel qui ne servirait qu’une fois. La mort volontaire est bien l’horizon du terroriste. Les attentats confirment aussi l’absence d’incubation religieuse des terroristes dans un milieu salafiste [...] tous se sont radicalisés immédiatement dans le choix d’une version djihadiste de l’islam, après avoir vécu une vie normale de jeune occidentalisé. Par ailleurs, leur radicalisation s’est faite en dehors de toute communauté musulmane présente en Grande-Bretagne. Deux sont venus d’un autre pays européen (Irlande et Italie) et les trois Britanniques ont été à un moment ou à un autre expulsés des mosquées de quartier, voire dénoncés par les imams. Quatre sur cinq sont issus de la seconde génération, dont un est un converti. »

Olivier Roy relève aussi « un autre trait curieux mais fréquent : deux des terroristes sont devenus pères dans les mois qui précèdent [...]  cette paternité sans filiation (puisqu’on sait qu’on n’élèvera pas son enfant) est systématique chez les volontaires pour la mort qui opèrent avec Daech en Syrie. »

Olivier Roy dit encore que le dernier attentat de Londres par d’un groupe (Islam4UK) avatar d’autres organisations mais dont la branche londonienne est devenue autonome, promoteur d’un califat universel qui permettrait de regrouper tous les musulmans du monde : « Il suffirait de déclarer sur place leur allégeance au califat [...] Le parti se situe d’emblée dans l’islam globalisé, il refuse toute culture musulmane et donc tout communautarisme ethnique ou racial. Sa langue est l’anglais, du moins en Grande-Bretagne. Il recrute donc parmi les jeunes déculturés, étudiants de seconde génération et convertis. »

Oliver Roy réfute l’idée que le multiculturalisme à la britannique serait à l’origine des actions de ces jeunes terroristes : [les organisations auxquelles ils se rattachent] « ne se situent [pas] dans cette perspective et ils ne prétendent pas représenter une population d’origine musulmane qui pour eux a cessé d’être authentiquement musulmane. Ce sont des activistes et non des salafistes (la question de comment vivre la charia dans la vie quotidienne ne les intéresse guère). Le problème de la Grande-Bretagne ici a plutôt été l’extrême tolérance face à des discours d’une extraordinaire violence. C’est au nom de la liberté de parole et pas du multiculturalisme que la police a toléré une propagande radicale, jusqu’au moment où celle-ci a basculé en crime. »

En France ce mouvement qui a frappé la Grande-Bretagne et le Danemark semble absent, remarque le politologue. Et il conclut son analyse : « Quant au bilan des attentats, tant outre-Manche qu’en France, on a pu voir qu’ils n’ont en rien pesé sur les élections, malgré l’énorme battage médiatique. Les opinions publiques ici semblent plus mûres que les médias. Mais y avait-il une stratégie de Daech dans ces attentats, au-delà de tout faire pour obliger les Occidentaux à quitter la guerre contre l’émirat ? Rien ne permet de le dire : il n’y a aucun texte de Daech souhaitant la victoire du Front national en France ; et de toute façon, la stratégie de la terreur en Grande-Bretagne n’aurait pas profité à l’extrême droite, fort mal en point, mais au Parti travailliste, le plus “multiculturaliste” d’Europe, qui a vu sa cote remonter face à toutes les insuffisances du gouvernement conservateur [...] »

 

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Tunisie

Aucune loi n'interdit de manger ou de boire en public pendant le ramadan avant la rupture du jeûne au coucher du soleil. Et pourtant : chaque année la question revient chaque année en Tunisie. La Constitution tunisienne garantit bien « la liberté de croyance et de conscience » mais l’Etat tunisien est décrit comme « le gardien de la religion ».

Le site du Monde Afrique raconte que des dizaines de manifestants ont réclamé le 11 juin à Tunis le droit de manger et de boire en public et la libération des quatre non-jeûneurs emprisonnés un mois pour « outrage public à la pudeur » pour avoir mangé dans un jardin pendant le ramadan. Des slogans et pancartes : « Atteinte à la liberté individuelle garantie par la Constitution » ou plus direct : « En quoi ça te dérange si tu jeûnes et que je mange ? » ou encore appels à la « liberté de croyance et de conscience » étaient portées par les manifestants. C’est la première fois qu’une telle manifestation publique a lieu en Tunisie, alors que depuis le printemps arabe, des voix s’élèvent pour revendiquer le droit de ne pas jeûner. Durant les premiers jours du ramadan, cette année, un prédicateur très médiatique s’était rendu dans des cafés ouverts pendant la journée pour filmer les clients et jeter l’opprobre sur eux, une intervention qui a été très critiquée sur les réseaux sociaux.

 

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Allemagne

Et une bonne nouvelle venue d’Allemagne : une mosquée « libérale » à Berlin ou hommes et femmes, homosexuels, transgenres, sunnites et chiites peuvent prier ensemble, côte à côte. La burqa, ou le niqab  y sont interdits : « Il y a des raisons de sécurité à cette interdiction mais aussi la conviction que le visage entièrement caché n’a rien à faire avec notre religion mais qu’il est une affirmation politique », explique Sevran Ates, une juriste germano-turque qui lisait la prière à l’ouverture du premier service.

Seyran Ates explique aussi, citée par l’AFP, que la nouvelle mosquée a été organisée pour donner aux musulmans l’occasion « de montrer leur visage en public. » Elle prône le respect de la démocratie et s'insurge contre la charia. Elle explique qu'en tant que femme musulmane progressiste, elle refuse de se livrer à des organisations islamiques conservatrices plutôt que de lancer son lieu de prière.

Bien sûr elle a reçu des menaces d’opposants au projet, mais  l’accueil a été « merveilleux et positif », dit-elle. Des dizains de gens sont venus pour la prière du vendredi, conduite par une femme imam américaine à l’ouverture de la mosquée Ibn-Rushd-Goethe le vendredi 16 juin.

Seyran Ates a déjà été victime, en 1984, d’une tentative d’assassinat par un mari furieux, alors qu’elle était conseillère juridique pour les droits des femmes turques en Allemagne. Elle va commencer des études de théologie musulmane en fin d’année et espère devenir imam.

Quant au nom de la mosquée, Ibn-Rushd-Goethe, il rappelle Ibn Rushd ou Averroes, un penseur musulman d’Andalousie du 12e siècle et Goethe, un écrivain allemand. Et la mosquée occupe le 3e étage de l’église luthérienne St Johannis construite dans la 1ere moitié du 19e siècle dans un faubourg de Berlin où une importante population d’immigrés habite.

Les musulmans vivant en Allemagne sont plus de 4 millions, la majorité d’origine turque. D’autres viennent de pays majoritairement musulmans comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan, arrivés depuis 2015, lorsque la chancelière allemande a permis l’entrée d’un million de réfugiés.


 


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