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Claudine Castelnau

 

4 juin 2017

The Irish Times, quotidien irlandais de tendance socio-libérale, titre le 23 mai : « Une révolution religieuse se met en place en Irlande. Plus de sécularisation permet un environnement où de nouvelles églises apparaissent. »

Le quotidien publie ce jour-là un article du pasteur Nick Park qui préside l’Alliance évangélique d’Irlande. Il parle d’une église de Dublin où ce jour-là quelque 700 adultes et quelque 200 enfants plus un chœur de 50 choristes sont massées dans l’un des plus jolies églises anciennes dans le centre de Dublin.

« Une scène typique de la sécularisation post-chrétienne de notre vieille capitale, aux yeux du pasteur. Vous êtes tombés dans l’une des nombreuses manifestations d’une révolution religieuse dont les touristes et la plupart des Irlandais ignorent alors qu’elle se passe sous leurs yeux. Car cette assemblée n’est que l’une des douzaines d’assemblées évangéliques et penntecôtistes qui se réunissent en Irlande. Certaines petites, d’autres qui augmentent très rapidement. Et l’une d’elles, une église roumaine, a obtenu un permis de construire dans l’ouest de Dublin un bâtiment où quelque 1000 personnes pourront célébrer leur culte chaque semaine. »

D’autres églises, comme celle du Christ Sauveur fondée au Nigeria, a plus de 100 paroisses en République d’Irlande comme de nombreuses églises philippines, indiennes, brésiliennes ou de langue russe et d’autres encore, qui s’adressent en priorité au « nouvel Irlandais ». Même si ce nouvel Irlandais est minoritaire, noyé dans une assemblée de fidèles d’autres nations. Il reste que dans la plupart des grandes villes de la République d’Irlande on trouve ces assemblées de plusieurs centaines de fidèles, certaines organisant deux ou trois services religieux chaque dimanche, leur bâtiment étant trop exigü.

« Alors, se demande le journaliste de l’Irich Times, sommes-nous en train d’assister à la naissance de "mégachurches", à l’américaine ? Un terme qui aux Etats-Unis s’applique à des communautés de plus de 1000 fidèles réunis pour le culte du dimanche. Aujourd’hui, depuis que de telles églises se sont multipliées, une megachurch est une communauté de plus de 2000 fidèles. Mais je doute que nous voyions en Irlande des églises de 10 000 fidèles comme dans certaines grandes villes américaines ou en rassemblant des centaines de milliers comme en Asie. »

Mais la diversité religieuse augmente et l’érosion du quasi monopole des institutions religieuses [comme l’Eglise catholique ou même l’Eglise anglicane d’Irlande ou les Eglises presbytériennes] laisse une grande place au choix personnel. Ces nouvelles communautés du fait de leur éloignement des structures de pouvoir n’ont pas été affectées par les scandales qui ont frappé l’Eglise catholique entre autres.

« Et même si c’est déroutant pour les chrétiens historiques, la progression de ces communautés encore minoritaires a du sens. Elles contrbuent au futur de notre nation », conclut le paster Park dont la congrégation à Drogheda, au nord de Dublin, compte plus de 40 nationalités.

 

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La revue Etudes irlandaises, édité par les Presses universitaires de Rennes, a consacré en 2014 un numéro à la question religieuse en Irlande depuis 1990. Je cite un passage d’un article : « Le pouvoir d’un clergé catholique désillusionné est loin d’être une source de réconfort en Irlande à l’heure actuelle car les églises dans lesquelles les prêtres exercent leur métier se vident à une vitesse effrayante. Personne ne sait ce que réserve l’avenir, mais il est clair que, comme dans le reste du monde occidental, les puissantes Eglises d’antan ne renaîtront pas de leurs cendres dans un avenir proche [...]
L’Église catholique [est] confrontée à une crise d’autorité sans précédent, tout en mettant en évidence la montée en puissance de nouvelles formes religieuses très variées.
Quant aux protestantismes, ils sont passés de 10 % de la population en 1911 à 3,5 % en 2011.
L’Église catholique a fait de l’Irlande, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, un laboratoire où ont été appliquées les directives morales et sociales de papes anti-modernes [...]. La théorisation de la doctrine de l’Immaculée Conception et le renforcement du dogme du péché originel ont eu un impact indiscutable sur la position des femmes dans la société, leur effacement progressif de l’histoire et sur le rapport de la population dans son ensemble à la sexualité.
À la même époque, le rôle social légitimé et prescrit de l’Église s’est institué en norme et a permis à l’institution de prendre progressivement le contrôle de ces rouages essentiels que sont les secteurs de l’éducation, de la santé et de la charité.
La collusion de plus en plus évidente entre nation et catholicisme allait assurer à l’Église de la République d’Irlande un quasi monopole de la foi en même temps qu’un contrôle social, moral et politique [interdiction du divorce, de l’avortement, contrôle strict sur la délivrance de contraceptifs, aux femmes mariées seulement, et avec l’autorisation du prêtre pour pouvoir se les faire délivrer dans une pharmacie, etc... »

Après la partition et la création de la République au Sud, la religion devait demeurer un marqueur politico-identitaire essentiel et définir pour l’Irlande du Nord, toujours rattachée au Royaume Uni, une histoire radicalement différente.

 


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