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Marie à Fatima


Claudine Castelnau

 

15 mai 2017

Le 11 mai dernier le pape François était à Fatima, une petite ville au centre du Portugal et l’un des plus importants sanctuaires catholiques du monde. Le pèlerinage papal, cent ans après les apparitions supposées de la Vierge à trois bergers se voulait une célébration de cent ans de ferveur populaire en même temps que la canonisation de deux des trois petits bergers, des figures très populaires de cette piété mariale catholique, témoins en 1917 des apparitions.

Les autorités ont évalué à 500 000, d’autres à un million les pélerins présents le samedi à la canonisation de Francisco et de sa sœur Jacinta, lors d’une messe sur l’esplanade du sanctuaire.

L’Express rappelle que « dans le contexte tragique de la Première Guerre mondiale et d'un gouvernement portugais anticlérical, ces deux enfants de 9 ans et 7 ans et leur cousine de 10 ans ans, bergers pieux et illettrés d'un village isolé, affirmèrent que Marie leur était apparue à six reprises tous les 13 du mois, à partir de mai 1917. Les enfants furent considérés par les autorités locales comme des perturbateurs de l'ordre public, au point d'être mis brièvement au cachot, avant d'être libérés sous la pression populaire. »

Et l’Eglise catholique n’a autorisé qu’en 1930 le culte à Notre-Dame de Fatima. Quant à la canonisation de Francisco et Jacinta, elle vient d’en faire les plus jeunes saints de l’Eglise catholique. Mais plus importants que ces histoires de « danse du soleil » au sanctuaire ou de « trois secrets » délivrés par la Vierge et qui ont alimenté des années durant les fantasmes apocalyptiques, il faut replacer les apparitions et messages dans leur contexte.

Dans les mois où ont lieu les apparitions, la révolution russe communiste en est à ses débuts. La Russie est l’un des pays les plus arriérés d’Europe, la famine règne et de mai à octobre 1917 (les mois des apparitions) des manifestations de masse ont lieu contre le gouvernement du Tsar qui répond en faisant tirer sur la foule. La misère et le désespoir sont présents et c’est à ce moment là que ces trois petits paysans appellent la Russie à la « conversion ». A la conversion aux forces politiques qui écrasent le peuple russe ? Alors que Lénine réclame le partage des terres au profit des paysans.

Au Portugal, la situation est mauvaise pour les paysans affamés et les petits voyants prétendent que la Vierge demande des « sacrifices » pour les « pécheurs car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »
Et pour la paix du monde et pour la fin de la guerre, il faut, demande-t-elle, réciter le chapelet tous les jours...

Alors qu’il faudrait un message de courage et de dynamisme pour un monde plus humain au lieu de prêcher la passivité et la soumission et dépendre d’interventions surnaturelles et providentielles.

 

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The Tablet, un hebdomadaire catholique britannique de tendance libérale, a retenu du voyage à Fatima l’appel du pape François à ne pas voir dans la vierge Marie « une statue de plâtre lointaine modérant un Dieu vengeur mais quelqu’un qui montre l’essence révolutionnaire de l’amour et de la tendresse. C’est une grande injustice faite à la grâce de Dieu quand nous disons qu’il juge nos péchés et puni sans d’abord dire, comme le fait clairement la Bible, que nos péchés sont pardonnés par sa grâce. La grâce doit être posée avant le jugement et dans chaque cas , le jugement de Dieu sera rendu à la lumière de sa grâce. »

Un discours qui semble atténuer le peu d’amour manifesté par cette vierge de Fatima, qui menace, comme par celle de Lourdes ou de La Salette d’ailleurs. Enfin, les catholiques définissent souvent les protestants comme ces chrétiens qui n’ont pas de pape et ne croient pas à Marie. Mais, comme l’écrit un pasteur :
« Les protestants aiment et respectent Marie comme tous les personnages bibliques qui sont des témoins, des modèles, des exemples de vie avec Dieu, collaborateurs au grand dessein de création par Dieu d'un monde plus humain, tissé de foi, d'espérance et d'amour [...] Les protestants ne disent pas "sainte Marie" car nous avons une notion de la sainteté qui fait que nous n'appelons personne "saint". Tous les amis de Dieu sont saints. Marie est bienheureuse, d'être, comme nous le sommes tous pour notre bonheur, sauvée par grâce, par le moyen de la foi ; ce n'est pas par ses œuvres, (ni nous par les nôtres) afin que personne ne soit glorifié. Nous ne croyons donc pas qu'aucun personnage biblique, ni aucun personnage de l'Église, ni de ce monde, soit plus aimé, accepté, pardonné, glorifié qu'un autre. Ainsi, du dogme de l’Immaculée conception de Marie, promulgué en 1854, qui affirme que Marie elle-même a été conçue immaculée, née sans péché. Une tentative d'élever Marie au-dessus du monde humain qui fait perdre du coup de l'humanité à Jésus, et fait rechercher des intermédiaires, comme Marie ou les saints, pour accéder à un Christ devenu hors d'atteinte. »


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