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Le pape en Égypte

 


Claudine Castelnau

 

28 avril 2017

Le pape a tenu bon et il a effectué cette visite annoncée en Egypte vendredi et samedi malgré les risques.  Le Caire s’était transformé en « forteresse » notent les médias, comme lors de la visite du président américain Barack Obama en 2009.

« Le déplacement du chef de l’Eglise catholique doit marquer un nouveau pas dans le réchauffement des relations entre le Vatican et l’institution musulmane sunnite d’Al-Azhar, après la brouille intervenue dans les dernières années du pontificat de Benoît XVI. Mais elle est aussi l’occasion pour le pape argentin de redire son soutien à la communauté copte, dans un pays endeuillé par les attentats contre deux églises lors des célébrations des Rameaux, le 9 avril [...] qui ont fait 46 morts et plongé les coptes [10 % au moins de la population égyptienne] dans un état de choc et de colère sourde mais bien réelle : contre les extrémistes musulmans mais aussi contre le pouvoir, accusé de faire trop peu pour les protéger », écrit l’envoyée spéciale du Monde.

Libération du 27 avril sur le même sujet titre : « Le vicaire du Christ en quête de concorde  pour consolider les relations entre l’islam et le christianisme. » L’article rappelle les relations tendues du pape précédent avec le monde musulman et sa dénonciation de « la violence en islam ».

Aujourd’hui, la situation internationale fait que Al-Azhar comme le Vatican et le monde chrétien en général ont besoin d’entente. Les coptes orthodoxes représentent quelque 10 % de la population, entre 8 et 10 millions de fidèles, officiellement, car certains affirment qu’en réalité ils seraient plus nombreux mais qu’il ne faut pas avoir l’air de provoquer les musulmans.
Les coptes catholiques seraient 250 000 et jouent un rôle social et éducatif important. Des religieuses, entre autres, s’activent auprès des femmes, y compris en matière de planning familial... Mais les relations entre coptes catholiques et orthodoxes ne sont pas toujours au beau fixe !
Quant aux coptes protestants, le chercheur Sébastien Fath écrit sur son blog :
« En-dehors des coptes protestants, qui seraient au moins 400 000, le protestantisme en Egypte s'exprime au travers d'une influence en profondeur... sur l'Eglise copte majoritaire. Cette dernière est pourtant aujourd'hui très méfiante vis-à-vis des protestants, au point que le défunt Chenouda III est parfois allé jusqu'à préconiser : “plutôt musulman que protestant”. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. [...] le protestantisme, timidement implanté à partir du XVIIIe siècle [avec l’aide de missions britanniques et américaines] , a d'abord souhaité “réveiller’ de l'intérieur l'Eglise copte. »

Cependant, entre coptes orthodoxes et catholiques, et protestants, les relations ne sont pas toujours aisées, d’où le signal fort envoyé par le pape François avec sa visite, relève Libération. Et on l’a constaté avec par exemple une exigence de formation biblique, propre au protestantisme. Aujourd’hui il faut que le christianisme en Egypte, fasse la preuve qu’il n’est pas une religion « étrangère ».

Il faut aussi que les autorités égyptiennes reconnaissent que les chrétiens ont droit à la citoyenneté pleine et entière comme les autres Egyptiens et non plus à « une protection spécifique » en tant que minorités et qu’elles fassent en sorte que ce soit vrai et non plus cantonnée aux discours compassionnels lorsqu’il y a un attentat.

On rappellera, pour mémoire, que le christianisme est arrivé en Egypte au 1er siècle alors que l’islam, la religion des envahisseurs, au 7e siècle.

 

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Libération a publié aussi, à la vielle de la visite du pape François un article sur ces chrétiens qui vivaient dans le Sinaï et sont devenus la première cible des djihadistes qui font allégeance à l’Etat islamique après le coup d’Etat militaire en 2013 et la chasse aux Frères musulmans qui étaient au pouvoir. Pour l’un de ces chrétiens qui a fui le Sinaï « le choix des chrétiens n’est pas fortuit dans cette escalade de la violence et constitue la première étape d’un nouvel objectif de l’EI lié à la perte progressive de ses territoires en Irak, Syrie et Libye. Le ciblage des chrétiens est une stratégie froide et calculée. L’EI espère ainsi que l’importation d’un conflit sectaire en Egypte sera la première étape dans le démantèlement du pays. La question est fondamentale pour elle, non seulement en raison de la taille et de l’importance de l’Egypte, mais aussi parce qu’elle entend voir si son projet djihadiste pourrait réussir dans des pays qui ne sont pas déjà déchirés par la guerre civile. »

En attendant, le nombre de ses victimes chrétiennes dans le pays ne cesse d’augmenter [...] Désormais, la communauté chrétienne d’Egypte, la plus importante du Moyen-Orient, vit dans la peur, relève le journaliste. Et pour beaucoup, la décision du président Abdel Fattah al-Sissi d’instaurer l’état d’urgence dans tout le pays pour trois mois [après les derniers attentats contre les chrétiens] ne changera pas grand-chose.
« Ça a changé quoi pour nous l’état d’urgence dans le Nord-Sinaï, demande un chrétien ? Rien. Pourtant, il a été mis en place fin 2014. Plus de deux ans après, on a tous été obligés de fuir. » Et il ajoute : « Notre situation actuelle est la pire qui nous soit jamais arrivée, nous les chrétiens. C’est vrai qu’il y a souvent des violences confessionnelles dans le pays, mais une telle barbarie, on n’avait jamais connu ça. »


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